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Home Enseignements La grâce est trompeuse

Cette phrase combien de fois ne l’avons-nous pas dite et/ou entendue ? Généralement elle est prononcée par une personne qui vient de réaliser que celui ou celle qu’elle avait mis sur un piédestal est humaine et imparfaite. Cette petite sentence marque la fin d’une ère d’idolâtrie. Comme beaucoup de passages bibliques, elle est sortie de son contexte. Le pire c’est que les personnes qui l’utilisent n’en retiennent même pas l’essentiel. Car si elles le faisaient, cela leur permettrait de se repentir d’avoir apporté tant d’importance à l’aspect extérieur de l’objet de leur admiration. L’essentiel est précisé un peu plus loin : « la grâce est trompeuse, et la beauté vaine ; mais la femme qui craint Yahweh est celle qui sera louée. » (Proverbes 31 : 31).

Ce verset est tiré du livre des Proverbes et du fameux chapitre sur la femme vertueuse. Je ne vais pas rentrer en détail dans l’étude de ce texte qui recèle une multitude de trésors. Je vais juste m’arrêter sur les propos de ce mari, concentrés dans les versets 29, 30 et 31. On sait très peu de   choses de lui, à part qu’il était un ancien en Israël et qu’il siégeait aux portes de la ville : « son mari est reconnu aux portes, quand il est assis avec les anciens du pays. » (Proverbes 31 : 23).

Cela signifie qu’il était l’un des juges de sa ville : « Tu t’établiras des juges et des officiers dans toutes les villes que Yahweh, ton Dieu, te donne, selon tes tribus ; et ils jugeront le peuple d’un juste jugement. Tu ne te détourneras point de la justice, tu ne prêteras point attention à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présents, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes. Tu suivras la justice, la justice afin que tu vives et que tu possèdes le pays que Yahweh, ton Dieu, te donne. » (Deutéronome 16 : 18-20).

Cet homme parle de sa femme en ces termes : « beaucoup de filles agissent vertueusement, mais toi, tu les surpasses toutes. La grâce est trompeuse, et la beauté vaine ; mais la femme qui craint Yahweh est celle qui sera louée. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres la louent aux portes. ». Tout d’abord monsieur envoie un « pique », non pas à son épouse, mais à toutes celles qui agissent vertueusement. En effet, agir avec vertu n’est pas un signe de crainte de Dieu, ni même de conversion.

La vertu n’est pas la manifestation de la présence de l’Esprit de Dieu en nous, mais simplement une disposition habituelle, un comportement permanent, une force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le bien, vers son devoir, se conforme à un idéal moral, religieux, en dépit des obstacles qu’il rencontre. Si l’on considère que la vertu est une marque de conversion et de crainte de Dieu, alors les moines bouddhistes et les sadhus, ascètes hindous, craignent Yahweh.

Cet homme reconnaît en sa femme cette force de caractère et va même jusqu’à dire qu’elle en a plus que les autres, mais ce n’est pas cela qu’il loue en elle, ce n’est pas ce qu’il aime en elle. Vient ensuite cette phrase chère à nos cœurs blessés : « la grâce est trompeuse ». Mais de quelle grâce s’agit-il ? Est-ce le fait d’avoir du charme, de l’élégance, d’accorder la liberté à un condamné ou alors une faveur imméritée de Dieu ? Le mot hébreu employé ici est « chên » et renvoie effectivement à l’idée de faveur, de charme, d’élégance, d’acceptation… Étant employé dans des versets qui renvoient à l’idée de bénédiction par Yahweh, tel que Proverbes 3: 4 ou encore Proverbes 3: 34, on pourrait considérer qu’il s’agit de la grâce en tant que « don accordé sans qu’il soit dû ».

Rose-rouge-en-GPIl ne s’agit pas tout à fait de la grâce dans le sens dons spirituels (prophétie, songe ou guérison…) mais celle dans le sens de charme, élégance. Elle concerne davantage l’aspect extérieur d’une personne, ce qui nous distingue des autres et nous rend remarquable (attitude, maintien du corps, douceur, sensibilité, élégance, éloquence, éducation…). Tout comme pour la conduite vertueuse, ce type de grâce est facilement imitable et peut induire en erreur.

 « Dis à la sagesse : Tu es ma sœur ; et appelle l’intelligence, ta parente. Afin qu’elles te préservent de la femme étrangère, de l’étrangère qui emploie des paroles doucereuses. Comme je regardais de la fenêtre de ma maison à travers mon treillis, je vis parmi les stupides, et je remarquai parmi les jeunes gens un jeune homme dépourvu de sens. Il passait dans la rue, près de l’angle où se tenait une de ces femmes, et qui suivait le chemin de sa maison, sur le soir à la fin du jour, lorsque la nuit devenait noire et obscure. Et voici, il fut abordé par une femme, vêtue en tenue de prostituée, et pleine de ruse dans le cœur. Elle était bruyante et débauchée, ses pieds ne restaient pas dans sa maison ; tantôt dehors, tantôt sur les places, elle se tenait aux aguets à chaque coin de rue. Elle le saisit, et l’embrassa ; et avec un visage effronté, lui dit : J’ai chez moi des sacrifices d’offrande de paix ; j’ai aujourd’hui accompli mes vœux. C’est pourquoi je suis sortie au-devant de toi, pour te chercher soigneusement, et je t’ai trouvé. ‘ai garni mon lit de couvertures, d’étoffes de fil d’Égypte. Je l’ai parfumé de myrrhe, d’aloès et de cinnamome. Viens, enivrons-nous de plaisir jusqu’au matin, réjouissons-nous en amours. Car mon mari n’est pas à la maison, il est parti pour un voyage lointain. Il a pris avec lui un sac d’argent, il retournera en sa maison au jour assigné. Elle l’a fait détourner par beaucoup de douces paroles, et l’a attiré par la flatterie de ses lèvres. Il s’en alla aussitôt après elle, comme un bœuf qui va à la boucherie, comme le fou qu’on lie pour être châtié ; jusqu’à ce que la flèche lui ait transpercé le foie ; comme l’oiseau qui se hâte vers le filet, sans savoir que c’est au prix de sa vie » Proverbes 7 : 4-23.

Miss Univers ou la reine Élisabeth sont pleines de grâce, on ne peut cependant pas considérer qu’elles craignent Yahweh. Peut-être le connaissent-elles, ainsi que ses principaux préceptes, mais qu’elles vivent dans sa volonté et qu’elles le craignent c’est une autre chose.

Notez que cet homme considère la beauté sans intérêt. Bien plus encore que les deux autres qualités, la beauté n’est pas une marque de la présence de Dieu et n’a aucune valeur à ses yeux car « une belle femme qui se détourne de la raison est comme un anneau d’or au groin d’un pourceau. » (Proverbes 11 : 22). Il renvoie donc dos à dos la conduite vertueuse, la grâce et la beauté.

Remarquons aussi qu’il ne prend pas en considération tout le travail qu’elle accomplit, alors qu’il est remarquable. D’ailleurs, toute bonne féministe dirait « qu’elle porte la culotte ». Cet homme ne nie pas que sa femme a une conduite vertueuse, qu’elle est gracieuse et belle, mais pour lui cela ne compte pas. Ce n’est pas pour cela qu’il l’aime et qu’il la loue. Ce qui compte pour lui c’est la crainte qu’elle a de Yahweh.

Trop souvent nous nous arrêtons sur les œuvres des personnes pour émettre un jugement : convertis, pas convertis. Ce jugement lapidaire se fait en fonction de notre expérience, de notre vécu, de notre culture, et un peu de l’Esprit de Dieu. Si l’on reconsidère le travail que cette femme accomplit jour après jour, mois après mois, on se rend compte qu’un certain nombre de ces tâches devraient incomber à son mari :

 « Elle considère un champ, et l’acquiert ; et elle plante la vigne du fruit de ses mains […] Elle fait des chemises, et les vend, et elle livre des ceintures au marchand […] Elle veille sur la direction de sa maison, et ne mange pas le pain de la paresse.» (Proverbes 31 : 16,24,27).

Mais cela n’a pas l’air de gêner son mari. Bien au contraire. Mais pourquoi est-ce elle qui fait cela ? Est-ce une Jézabel en puissance qui a rendu son mari sans force, sans autorité ni conviction ? L’a-t-elle rendu tellement dépendant au point qu’il ne peut rien faire sans passer par elle? (1 Rois 21). Non, la réponse réside dans ce petit verset qui semble hors contexte : « son mari est reconnu aux portes, quand il est assis avec les anciens du pays. » (Proverbes 31 : 23). Elle exécute toutes ces tâches afin de libérer son mari pour qu’il puisse juger correctement le peuple. Elle ne fait pas cela par intérêt, pour une quelconque gloire. Tout cela lui est dicté par la crainte de Yahweh ! C’est son amour pour Dieu qui la fait œuvrer ainsi et non le contraire.

 « Le commencement de la sagesse est la crainte de Yahweh ; et la connaissance des saints, c’est l’intelligence. » Proverbes 9 : 10.

Tout ce qu’elle sait faire de ses mains, son anticipation, son intelligence, elle le tient de sa crainte de Dieu. Elle aurait pu, comme les autres, avoir une conduite vertueuse, être gracieuse et belle, mais cela n’aurait pas permis à son mari d’être un juge reconnu par le peuple. Sans cette crainte en Yahweh il n’aurait pas pu avoir cette confiance aveugle en elle pour lui confier les clefs de la maison et les cordons de la bourse.

La grâce est trompeuse car on s’attarde trop souvent sur les œuvres et leur finalité, et très rarement sur les raisons qui nous poussent à faire les choses. Ce mari peut louer sa femme car il sait qu’elle agit par amour pour Dieu. Nous pouvons être élégantes, raffinées, simples, bonnes cuisinières, avoir une voix exceptionnelle, parler en langues, avoir des paroles de connaissance, une conduite vertueuse, déborder d’amour et de compassion pour les nécessiteux… Mais si cela n’est pas dicté par notre crainte de Dieu nous sommes comme des anneaux d’or au groin d’un cochon : inutiles.

Estelle.

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2 Réponses de cet article
  1. Gloire à Jesus pour cet eclaircissement. C’est vrai que la vertue, la beaute, la grâce et autres n’impliquent pas la crainte de Yahweh plutôt la crainte de Dieu implique la vertue. Que Dieu me donne de tout faire par crainte de son nom.

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