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Home Enseignements Créons un Jésus à notre image !

Jésus-Christ. Dieu, posant le pied sur Terre afin de délivrer les hommes d’une condamnation éternelle. Son Nom résonne à travers les âges et il est synonyme de salut pour tous ceux qui l’acceptent dans leur cœur. Jésus-Christ est le Dieu unique, incomparable, inégalable et inimitable. Néanmoins, au lieu de l’accepter tel qu’il est, les peuples se le sont approprié en lui attribuant une autre image, une autre histoire et un autre message selon leurs traditions et croyances respectives.

LE JÉSUS NOIR DES RASTAFARIS

Le rastafarisme est un mouvement religieux né en Jamaïque après le couronnement de Haïlé Sélassié en tant que roi d’Ethiopie en 1930. Ce dernier était considéré comme étant l’un des descendants de Ménélik, fils qu’aurait eu la reine de Seba suite à sa relation avec le roi Salomon. Cette légende est relatée dans le Kebra Nagast (« Gloire des rois » en langue ge’ez), qui est un livre de récit épique (un peu comme l’Iliade de Homère), rédigé au XIVe siècle et qui s’inspirerait de la Bible. Selon la légende, Ménélik aurait emporté l’Arche de l’Alliance en Ethiopie.

Dans les années 1930, la condition des Noirs en Occident était plus que déplorable tandis que l’Afrique était en proie à une colonisation croissante. Seule l’Ethiopie faisait figure d’exception. Bien avant le sacre du roi d’Éthiopie, James Morris Webb, un prédicateur américain, avait déclaré ceci lors de l’un de ses sermons : « Regardez vers l’Afrique où un roi noir sera couronné, car le jour de la délivrance est proche ».

Marcus Garvey (1887-1940), un panafricain jamaïcain renommé dans son pays, avait alors repris cette phrase dans l’un de ses discours. Cette déclaration sonna comme une prophétie aux yeux des jamaïcains et des panafricains. Peu de temps après, le 2 Novembre 1930, Tafari Makonnen (1892-1975) fut couronné roi d’Ethiopie et prit le nom de Haïlé Sélassié (« Puissance de la Trinité » en langue ge’ez). Dès lors, le roi porta les titres suivants : roi des rois d’Éthiopie, seigneur des seigneurs, lion conquérant de la tribu de Juda (-_-‘), lumière du monde, élu de Dieu. Pas étonnant qu’avec de si humbles attributs les rastafaris le prirent pour le Messie. Ces derniers, le considérant comme le dieu des Noirs, lui vouèrent tout naturellement un culte.

Pour être en quête d’un messie, d’un sauveur, il faut que l’on soit en péril. Comme précisé en amont de l’article, les Noirs d’Afrique étaient sous la domination des colons, et le racisme dont la plupart d’entre eux étaient victimes dans les pays d’occident (notamment les États-Unis) n’améliorait pas leur situation.

Ces persécutions ont eu pour effet d’accentuer le nationalisme Noir tout en générant une haine vis-à-vis des Blancs et ce, au fil des générations. Certains Noirs, dont les Jamaïcains, espéraient donc en une figure qui viendrait les délivrer du joug des Blancs, à savoir un messie Noir. Ce messie, avant d’être le sauveur du monde serait le sauveur du peuple Noir. Marcus Garvey, quant à lui, devint pour les rastas « The Black Moses » (le Moïse Noir). Il déclara lors d’un discours : « Laissons le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d’Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d’Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges. C’est le Dieu auquel nous croyons, et nous l’adorerons à travers les lunettes de l’Éthiopie ».

Garvey se rebella donc contre le Dieu véritable présenté par la Bible et se créa un dieu à sa propre image et selon sa pensée ethnocentrée. Pour les rastafaris, Jésus n’est que le Dieu des juifs, et par extension des Blancs. Ils revendiquent donc l’appartenance à un Dieu des Noirs ayant les attributs messianiques de Jésus. Le non-sens est donc flagrant… C’est ainsi que Haïlé Sélassié fut propulsé au rang de dieu sur Terre, afin de libérer le peuple Noir de la servitude des Blancs. Mais bien évidemment, il ne les libéra pas, et il ne fonda pas non plus de royaume regroupant et unifiant les Africains. Il régna sur l’Ethiopie comme un simple monarque et mourut le 27 août 1975 comme un simple homme. Il est cependant important de noter que malgré ses titres ronflants, Haïlé Sélassié ne se considérait pas comme le messie des Noirs ; il était chrétien orthodoxe de l’Eglise d’Éthiopie. Sa déification fut donc une manière de s’approprier la messianité du Seigneur. Les rastafaris ne sont cependant pas les seuls à se façonner un Jésus à leur image.

JÉSUS DE SHINGO

Ce que nous savons de l’histoire du Seigneur Jésus nous est relaté dans les évangiles. De nombreux passages de l’ancienne Alliance nous parlent aussi de son service terrestre et de son caractère. Toutefois, la Bible ne fait pas mention de ce que fut la vie du Seigneur avant le début de son ministère public. Néanmoins, ce silence a servi de prétexte à certains pour élaborer des hypothèses et des contes farfelus. Nous verrons que certains ont l’imagination pour le moins… débordante. C’est ainsi qu’au Japon, une légende raconte que Jésus aurait fait escale au pays du soleil levant avant et après la crucifixion ! Explications…

Dans le village de Shingo, situé au nord de l’île de Honshu, on raconte que Jésus se serait rendu au Japon à l’âge de 21 ans afin d’y étudier la culture japonaise et sa religion, le shintoïsme. Il aurait été le disciple d’un grand maître du shintoïsme au Mont Fuji (montagne sacrée pour les japonais située dans la région de Chubu au nord du pays). Une fois son initiation terminée, il serait, sans aucune raison apparente, retourné en Judée à l’âge de 33 ans. D’aucuns diront que cette histoire est pour le moins saugrenue, néanmoins la suite de la légende est encore plus étrange… A son retour, Jésus-Christ de Shingo (comme l’appelle les habitants du village et les partisans de cette histoire) aurait échappé à la crucifixion. Selon la légende, son jeune frère, le bien nommé Isukuri, aurait pris sa place sur la croix et permis à Jésus de Shingo de fuir ce châtiment. Le périple de la fuite se serait fait en plusieurs étapes qui ressemblent plus à un « road trip movie » qu’à une histoire vraisemblable. Avec ses disciples, « JCS » aurait fui en Sibérie où il y résida quatre années durant. Ensuite, il se serait exilé en Alaska d’où il aurait pris un bateau pour finalement revenir au Japon. Paisiblement installé dans le village de Shingo, il aurait pris le nom de Daitenku Taro Jurai, et serait devenu riziculteur et cultivateur… d’ail. Il se serait aussi marié à une femme pieuse du nom de Myuko, et aurait eu trois filles. Sa paisible vie se serait terminée dans le village à l’âge de 106, 114, ou 118 ans selon les versions. Shingo est aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour les fidèles de Daitenku Taro Jurai, le Jésus japonais. Il est aussi devenu un haut lieu touristique ou plusieurs milliers de Japonais se rendent chaque année, ainsi que des touristes étrangers qui, bien évidemment, font tourner l’économie locale. Les habitants de Shingo n’y sont pas allés de main morte. Bien que personne ne sache exactement quand est apparu le mythe du Jésus de Shingo, les habitants du village y croient dur comme fer.

LE JÉSUS BOUDDHISTE

Le Japon demeura un pays très fermé jusqu’au XVIe siècle, époque durant laquelle de nombreux jésuites occidentaux débarquèrent dans le pays pour évangéliser la population. Ces évangélisations donnèrent lieu à de nombreuses conversions de japonais qui épousèrent la foi catholique. Ce fut notamment le cas à Shimbara, une presqu’île située à l’extrême sud-ouest du pays. Entre 1637 et 1638, une révolte de paysans, seigneurs, et samouraïs (pour la plupart catholiques dans cette région) provoqua une répression féroce de la part du pouvoir en place. Les revendications des habitants étaient d’avantage d’ordre économique et social que religieux, mais on accusa les catholiques japonais d’être à l’origine de la révolte. Environ 40 000 d’entre eux furent massacrés et des lois imposèrent à ces derniers le reniement public de leur foi sous peine d’être exécutés. Ceux qui refusaient étaient crucifiés ou encore brulés vifs. Le christianisme fut interdit dans le pays, des expéditions visant à exterminer les chrétiens furent lancées, et le bouddhisme fut rendu obligatoire. Ces chrétiens étaient contraints d’embrasser la foi bouddhiste et de fréquenter assidument les temples où ils devaient inscrire leurs noms dans des registres pour prouver leur loyauté. C’est la raison pour laquelle, à la même période, sont apparus ceux que l’on appelait les Kakure Kirishitan, « chrétiens cachés », qui pratiquaient clandestinement leur foi. Peu nombreux, ils se réunissaient par petits groupes dans de petites pièces à l’intérieur des habitations et tentaient tant bien que mal de demeurer chrétiens et ce, au péril de leur vie. Néanmoins, la dissimulation de leur foi, et la fréquentation régulière des temples bouddhistes ont donné lieu à un mélange des genres entre le catholicisme et le bouddhisme. Les Kakure Kirishitan façonnèrent des reliques et des statues de Jésus et de la vierge Marie sous les traits de Bouddhas comme Kannon (l’un des bouddhas les plus vénérés à cette époque). Certains adaptèrent les prières chrétiennes afin qu’elles ressemblent à des chants traditionnels et religieux bouddhistes. D’autres encore, au lieu de vénérer des figures bouddhistes, adoraient à leur place les martyrs catholiques locaux. La persécution a donc été chez les Kakure Kirishitan une source de syncrétisme, qui au fil des siècles, est devenu lui-même un culte à part entière. Ainsi, le faux Jésus catholique a laissé la place à un faux Jésus mi- catholique, mi- bouddhiste.

ICONOGRAPHIE DU CHRIST EN OCCIDENT

Nous savons par l’Histoire que l’Europe était au Moyen-Age massivement chrétienne. En effet, après la conversion de l’empereur romain Constantin (280-337), le christianisme s’est imposé dans la majeure partie du vieux continent. Quelle image de Jésus avait l’Occident moyenâgeux ? Pour le savoir, il suffit d’observer les nombreuses peintures religieuses de cette époque. Ainsi, même s’il n’existe aucune description physique de Jésus dans les évangiles et les épîtres, les artistes du Moyen-Age l’ont tous représenté sous les traits d’un homme blanc, de grande taille, avec de longs cheveux lisses, et des yeux marrons clairs. Bien évidemment, cette description ne correspond en rien au physique d’un homme juif, vivant en Israël, à l’époque de Jésus. Les chrétiens européens du Moyen-Age ont fabriqué une iconographie du Christ correspondant à leurs canons de beauté.  Or tout ce que l’on sait sur l’apparence physique de Jésus c’est « qu’il n’y avait en lui ni beauté, ni splendeur, quand nous le regardions, ni apparence qui nous le fasse désirer » (Esaïe 53 : 2). Maintenant imaginez, au milieu de personnes de type oriental, un homme très grand, aux cheveux lisses et longs, et aux yeux clairs passer dans une foule : il n’y a pas mieux pour se faire remarquer. Un autre exemple qui met en exergue la simplicité et la banalité du physique du Seigneur est que Judas a dû lui faire un baiser afin d’indiquer aux soldats romains qu’il s’agissait bien de lui (Matthieu 26 : 47-48).

A ce moment-là, il était au milieu des apôtres dans le jardin de Gethsémané. Si Jésus passait inaperçu, c’est soit parce qu’il avait le physique d’un homme juif ordinaire de son époque, soit parce que Jésus et ses disciples étaient tous beaux comme sur la peinture de Léonard de Vinci, La Cène (1494-1498).

L’idolâtrie de cette image erronée du Christ s’est propagée à un tel point que les statues de Jésus sont devenues l’objet d’une adoration de la part des fidèles catholiques et orthodoxes, en Europe, mais aussi paradoxalement dans les continents où les populations ont la peau foncée . De nouveau, la culture s’est substituée à la Parole de Dieu, et l’idolâtrie a remplacé la véritable adoration. Bien plus encore, par la suite, la supposée blancheur de la peau de Jésus a été un prétexte pour les suprématistes Blancs, notamment les membres du Ku Klux Klan, qui se prétendent chrétiens, de légitimer leurs théories racistes.

La Bible déclare qu’au commencement Dieu créa l’homme à son image (Genèse 1 :26). Cette image n’est autre que Jésus-Christ lui-même, le seul, l’unique et le véritable Dieu (Colossiens 1 :15). L’Homme pécheur, privé de la gloire de Dieu, a perdu l’image de son Créateur. Il est ici question de la nature sainte de Dieu et non de son apparence physique. Certes, pour nous sauver le Seigneur a pris la forme d’un homme. Or le fait que la Bible ne s’attarde pas sur sa description physique prouve que l’apparence de Jésus-Christ homme n’a aucune espèce d’importance. Esaïe a dit « qu’il n’y avait en lui ni beauté, ni splendeur, quand nous le regardions, ni apparence qui nous le fasse désirer » (Esaïe 53 :2). Dieu aurait pu venir dans le corps d’un bel éphèbe, mais il a choisi une apparence humble afin que nous nous focalisions sur son message. En effet, la chair ne sert à rien, c’est l’Esprit qui vivifie (Jean 6 :63). Ainsi, nous devons chercher à ressembler à Jésus en esprit. Dieu hait le culte des images, même si celles-ci sont censées le représenter (Exode 20 :4 ; Lévitique 26 : 1 ; Deutéronome 4 :16) .

Le chrétien est invité à retrouver l’image de Dieu, c’est-à-dire sa ressemblance. Pour y parvenir, nul besoin de chercher un portrait ou une photo de Jésus-Christ. Nul besoin non plus de se préoccuper de la couleur de sa peau et de la nature de ses cheveux. La seule solution que la Bible nous présente c’est la repentance suivie d’une vie de sanctification basée sur le respect de sa Parole. Or beaucoup de prétendus chrétiens se sont fabriqués un Jésus à leur image et à leur ressemblance, reléguant ainsi le Seigneur au rang d’un demi-dieu, ou pire encore d’un homme quelconque. « […] Car JE SUIS Dieu, et non pas un homme, JE SUIS le Saint au milieu de toi » (Osée 11 :9), dit le Seigneur. Les hommes se sont façonnés de faux-Christ qui correspondent à leurs critères physiques, sociaux et moraux. Ils ont mis dans leur bouche un faux évangile, agréable aux oreilles, mais rempli de mensonges séducteurs. Ces veaux d’or des temps modernes sont incapables de les sauver, et tout comme pour les Israélites sortis d’Egypte, ils seront un piège mortel pour quiconque les suivra.

« Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon Nom, disant : Je suis le Christ. Et ils en séduiront plusieurs » Matthieu 24 :4-5.

Jésus est le seul Dieu. Il est le Dieu de toutes les nations, sans distinction de race, de couleur et de rang social. Il y a de la place dans son cœur pour tous les peuples, pour tout homme qui l’aime sincèrement et lui obéit.

« Après cela, je regardai, et voici une grande multitude de gens, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, se tenaient devant le trône, et devant l’Agneau, vêtus de longues robes blanches, et ils avaient des palmes dans leur mains. Et ils criaient d’une voix forte, en disant : Le salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’Agneau » Apocalypse 7 : 9-10.

Rody. B.

Sources : slate ; le monde des religions ; buddhachannel.

Bible de Jésus-Christ

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2 Réponses de cet article
  1. Il y a aussi… le jésus de Wall Street (prospérité), le jésus de la Mecque (islam), le jésus hippie (adepte du « laisser tout faire »), etc… c’est malheureux. pourtant la Bible est claire.
    J’ai eu cette pensée y a quelques jours de me dire que ce n’est pas pour rien que les Évangiles ne laissent aucune indications sur son physique. C’est pour que nous n’adorions pas la chair. Dieu est Esprit et nous devons l’adorer en Esprit et en vérité. sois béni

  2. Le gros problème est l’idolatrie.
    Nous aimons ce qui nous ressemble.
    Les scandinaves veulent un jésus , blond aux yeux bleus, les éthiopiens veulent un jésus noir, les asiatiques veulent un jésus aux yeux bridés.
    Personne n’a pris Jésus en photo.
    Dieu est Esprit, c’est dans l’Esprit que nous devons le chercher.
    « Après moi, viendrons de faux christs et de faux prophètes »; la prophétie s’accomplit.
    Il parait meme, qu’il y a un jésus extra-terrestre.C’est un comble.
    OUVREZ LES YEUX, satan essaie de nous égarer avec tous ces faux christs.
    Le Seul et Unique Jésus-Christ se trouve dans la bible.

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