Les Dokimos



De Yaacov à Israël: La merveilleuse histoire de celui qui a lutté avec Elohîm

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« Il se leva cette nuit, et prit ses deux femmes, ses deux servantes, et ses onze enfants, et passa le gué de Yabboq. Il les prit donc, et leur fit passer le torrent, il fit aussi passer tout ce qu'il avait. Yaacov demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, il le frappa à l'intérieur de la cuisse. Ainsi l'intérieur de la cuisse de Yaacov se disloqua pendant qu'il luttait avec lui. Et cet homme lui dit : Laisse-moi, car l'aurore se lève. Mais il dit : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m'aies béni. Cet homme lui dit : Quel est ton nom ? Il répondit : Yaacov. Alors il dit : On ne t'appellera plus du nom de Yaacov, mais Israël, car tu as lutté avec Elohîm et avec les hommes, et tu as vaincu. » Genèse 32 :23-29.

Ce passage des Ecritures a longtemps été pour moi un mystère. Comment un être humain peut-il lutter avec Elohim, le Créateur Tout-Puissant des cieux et de la terre, et en sortir vainqueur ? Qu’un homme lutte avec d’autres hommes et qu’il en sorte vainqueur, cela se conçoit aisément, mais avec Elohim, comment est-ce possible ? Le plus étrange c’est que cette déclaration n’est pas l’affabulation d’un être humain privé de son bon sens puisque c’est YHWH lui-même qui semble concéder un forfait en reconnaissant la victoire de Yaacov (Jacob). Autre interrogation légitime : Comment Yaacov a-t-il fait pour sortir vainqueur alors-même qu’il avait reçu durant cette lutte avec Elohîm une sérieuse blessure à la cuisse qui l’avait laissé boiteux ? Pour bien comprendre cet épisode fondamental des Ecritures, il nous faut nous intéresser de près à l’histoire de Yaacov.

Yaacov était le fils d’Yitzhak (Isaac), qui était lui-même le fils qu’Abraham et Sara conçurent de manière miraculeuse dans leur vieillesse, conformément à la promesse qu’Elohim leur avait faite (Genèse 17 :16-19 ; Genèse 18 :10-14 ; Genèse 21 :7).Yitzhak épousa par la suite Ribqah (Rébecca) qui, comme sa belle-mère Sara, fut longtemps stérile avant de tomber enceinte de jumeaux.

YAACOV ET ESAV : DES FAUX JUMEAUX, AU SENS PROPRE ET FIGURÉ

« Yitzhak pria instamment YHWH au sujet de sa femme parce qu'elle était stérile, et YHWH exauça ses prières ; et Ribqah, sa femme, conçut. Mais les enfants se heurtaient dans son ventre, et elle dit : S'il en est ainsi, pourquoi suis-je enceinte ? Et elle alla consulter YHWH. Et YHWH lui dit : Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles. Un de ces peuples sera plus fort que l'autre, et le plus grand servira le plus petit. Les jours où elle devait accoucher s'accomplirent, et voici, il y avait des jumeaux dans son ventre. Celui qui sortit le premier était roux, tout entier comme un manteau de poil, et on lui donna le nom d'Ésav. Ensuite sortit son frère, tenant de sa main le talon d'Ésav. C'est pourquoi on l'appela du nom de Yaacov. Yitzhak était âgé de 60 ans quand ils naquirent. Depuis, les garçons devinrent grands. Ésav devint un habile chasseur, un homme des champs, alors que Yaacov était un homme intègre, se tenant dans les tentes. Yitzhak aimait Ésav car le gibier était sa nourriture. Mais Ribqah aimait Yaacov. » Genèse 25 :21-28.

La Bible nous dit que Ribqah est allée consulter YHWH pendant sa grossesse car les enfants se heurtaient dans son ventre. YHWH lui annonça alors que deux peuples se sépareront au sortir de ses entrailles et que le plus petit sera assujetti au plus grand. Cette déclaration allait à l’encontre de la logique et des usages de l’époque car l’aîné était celui qui héritait la double portion. Toutefois, ce privilège était doublé d’une grande responsabilité : celle de veiller sur le clan familial après la mort du patriarche ; c’est pourquoi ce statut conférait des honneurs et la prééminence que les autres frères n’avaient pas.

Esav (Esaü) est né en premier, ayant les cheveux roux et étant probablement couvert d’un duvet de la même couleur, d’où son nom qui signifie « velu, chevelu ». Ensuite est né Yaacov qui tenait le talon de son frère, d’où son nom qui signifie « celui qui prend par le talon » ou « qui supplante ». Or le verbe supplanter veut dire « passer devant », « prendre la place de quelqu’un en lui faisant perdre son crédit ». Les deux frères se sont donc battus dans le ventre maternel jusqu’à l’accouchement pour essayer de naître en premier, c’est-à-dire pour le droit d’aînesse.

L’apparence physique d’Esav et le choix de son métier plus tard (il est devenu un habile chasseur) en dit long sur sa corpulence et son caractère. La chevelure abondante indique qu’Esav était sans doute plus imposant physiquement que son frère. Et au fil du temps, à force de se confronter au gibier, il a dû se bâtir une carrure de colosse et développer un caractère belliqueux. Yaacov quant à lui était un homme intègre et tranquille nous dit la Parole, il aimait passer son temps dans les tentes, sans doute collé aux jupes de sa mère. Les Ecritures nous disent en effet qu’Yitzhak aimait Esav parce qu’il aimait manger du gibier ; et que Ribqah aimait Yaacov, sûrement parce qu’il était proche d’elle. La proximité que les parents entretenaient chacun de leur côté avec chacun de leurs fils a dû forger les personnalités opposées des deux frères. On sait que les mères ont une façon différente de témoigner leur amour à leurs enfants par rapport aux pères. Généralement, elles sont plus tendres, plus enclines à cajoler et à couvrir de mots doux et de baisers. Ainsi, Yaacov a surement été choyé et peut-être un peu pourri-gâté par sa mère.

ESAV SE FAIT VOLER SON DROIT D’AÎNESSE PAR UN YAACOV FOURBE

« Comme Yaacov faisait cuire du potage, Ésav arriva des champs et il était épuisé. Et Ésav dit à Yaacov : Laisse-moi, je te prie, avaler de ce roux, de ce roux-là, car je suis épuisé. C'est pourquoi on appela son nom Édom. Mais Yaacov lui dit : Vends-moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. Et Ésav répondit : Me voici sur le point de mourir, à quoi me sert ce droit d'aînesse ? Et Yaacov dit : Jure-moi aujourd'hui. Il le lui jura, et il vendit son droit d'aînesse à Yaacov. Et Yaacov donna à Ésav du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis il se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Ésav méprisa son droit d'aînesse. » Genèse 25 :29-34.

Esav revenait d’une rude partie de chasse qui l’avait épuisé. Il avait sûrement dû se confronter à un gibier qui s’était vigoureusement défendu et il avait peut-être été blessé. C’est en tout cas ce que suggère sa réflexion : « Me voici sur le point de mourir, à quoi me sert ce droit d'aînesse ? ». Toujours est-il qu’en revenant de cette partie de chasse, il trouva son frère en train de cuire du potage. Et oui, c’était un bon parti Yaacov, il avait appris à cuisiner auprès de sa mère… (Mesdames, n’apprenez pas à cuisiner qu’à vos filles, faites-en autant avec vos fils et vos futures belles-filles vous béniront plus tard 😉).

Yaacov va alors dévoiler un visage beaucoup moins lisse et intègre ... Au lieu d’avoir pitié de son frère blessé et accablé par la fatigue et de lui donner à manger son potage avec l’intention de l’aider à se remettre, il va profiter de la faiblesse de ce dernier pour lui prendre son droit d’aînesse. On voit donc que depuis sa tendre enfance, le gentil et tranquille Yaacov n’avait jamais renoncé à l’idée d’être l’aîné. Sauf que le procédé qu’il employa n’était pas très honnête puisqu’il profita du trouble de son frère et de son manque de discernement pour lui voler le droit d’aînesse. Disons-le clairement, il l’a arnaqué. Si le droit d’aînesse était à vendre, il ne vaudrait certainement pas un simple plat de lentilles mais sûrement plusieurs centaines de têtes de bétail, ou alors un certain poids en argent ou en or.

Se pensant mourant, Esav vendit donc son droit d’aînesse non pas contre du caviar, des huitres ou du foie-gras, mais contre un simple plat de lentilles. Cet acte révèle l’échelle de valeurs défaillante de cet homme. Bien plus encore, il révèle sa nature résolument animale et terrestre. Il se croyait sur le point de rendre l’âme, mais au lieu de s’inquiéter de son éternité et de se tourner vers Elohim, il va regarder à la nourriture. Son dieu c’était son ventre.

« Eux dont la fin est la destruction, qui ont pour elohîm leur ventre, qui mettent leur gloire dans leur honte, et qui ne pensent qu'aux choses de la Terre. » Philippiens 3 :19.

Esav représentait donc à ce moment précis tous ces hommes et ces femmes qui demeurent à jamais charnels, obsédés par les choses de la terre et qui meurent malheureusement dans leurs péchés. En effet, il y a tant de personnes qui, étant même à l’article de la mort, persistent dans leur impiété.

Quant à Yaacov, il avait à ce moment précis la même mentalité qu’un certain Simon le magicien qui pensait, comme beaucoup de sorciers et des faux pasteurs, pouvoir acquérir la grâce d’Elohim à prix d’argent. Au final, ces gens-là se retrouvent en enfer tout comme les impies.

«Or il y avait auparavant dans la ville un homme du nom de Shim’ôn, qui pratiquait des actes de magie et étonnait la nation de la Samarie, se disant quelqu'un de grand, auquel tous s’attachaient, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, disant : Celui-ci est la grande puissance d'Elohîm. Or, ils s’attachaient à lui parce que depuis assez longtemps il les avait étonnés par ses sorcelleries. Mais quand ils eurent cru ce que Philippos leur annonçait, concernant l'Évangile du Royaume d'Elohîm et le Nom de Yéhoshoua Mashiah, tant les hommes que les femmes furent baptisés. Et Shim’ôn lui-même crut aussi et, après avoir été baptisé, il était dévoué à Philippos et il était dans l'étonnement, en voyant les signes et les grands miracles qui se produisaient. Mais quand les apôtres qui étaient à Yeroushalaim eurent entendu que la Samarie avait reçu la parole d'Elohîm, ils leur envoyèrent Petros et Yohanan, qui, y étant descendus, prièrent pour eux afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux, mais ils avaient été seulement baptisés dans le Nom du Seigneur Yéhoshoua. Alors ils leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit. Mais Shim’ôn voyant que le Saint-Esprit était donné par le moyen de l'imposition des mains des apôtres, leur présenta de l'argent, en disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que tous ceux à qui j'imposerai les mains, reçoivent le Saint-Esprit. Mais Petros lui dit : Que ton argent aille en perdition avec toi, puisque tu as pensé acquérir le don d'Elohîm avec de l'argent ! Il n'y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant Elohîm. Repens-toi donc de cette malice et prie Elohîm, afin que, s'il est possible, la pensée de ton cœur te soit pardonnée. » Actes 8 :9-23.

ESAV SE FAIT VOLER SA BÉNÉDICTION PAR UN YAACOV TOUJOURS AUSSI FOURBE

« Et il arriva que quand Yitzhak fut devenu vieux, et que ses yeux furent si affaiblis qu'il ne pouvait plus voir, il appela Ésav, son fils aîné, et lui dit : Mon fils ! Et il lui répondit : Me voici. Yitzhak lui dit : Voici, maintenant je suis devenu vieux, et je ne connais pas le jour de ma mort. Maintenant donc je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va dans les champs et chasse-moi du gibier. Apprête-moi un mets comme j'aime et apporte-le-moi, afin que je mange et que mon âme te bénisse avant que je meure. » Genèse 27 :1-4.

Quelque temps plus tard, Yaacov va encore frapper…

Ce qui est remarquable et drôle dans ce passage, c’est que Yitzhak se pensait aussi mourant alors qu’il mourra au moins 20 ans plus tard. On comprend dès lors pourquoi Esav avait tant d’affinités avec son père et pourquoi Yaacov en avait tant avec sa mère…

Ribqah avait entendu la fameuse discussion entre Yitzhak et Esav et va donc donner un étrange conseil à son petit préféré Yaacov.

« Et Ribqah parla à Yaacov, son fils, et lui dit : Voici, j'ai entendu parler ton père à Ésav, ton frère, en disant : Apporte-moi du gibier et fais-moi un mets afin que je le mange, et je te bénirai devant YHWH avant de mourir. Maintenant donc, mon fils, obéis à ma parole et fais ce que je vais t'ordonner. Va maintenant à la bergerie et prends-moi là deux bons chevreaux parmi les chèvres, et j'en ferai un mets pour ton père comme il aime. Et tu le porteras à ton père afin qu'il le mange et qu'il te bénisse avant sa mort. Yaacov répondit à Ribqah, sa mère : Voici, Ésav, mon frère, est un homme velu, et je suis un homme sans poils. Peut-être que mon père me palpera-t-il, et il me regardera comme un homme qui a voulu le tromper, et j'attirerai sur moi sa malédiction et non pas sa bénédiction. Sa mère lui dit : Que ta malédiction soit sur moi, mon fils ! Écoute seulement ma voix, et va me les prendre. » Genèse 27 :6-13.

J’avoue que ce passage m’a souvent laissée perplexe. Comment peut-on s’accaparer une bénédiction par ruse ? Une bénédiction est une chose spirituelle, on ne peut pas la dérober à autrui comme on volerait un objet. En effet, si je bénis Paul, même en étant aveugle, la bénédiction n’ira pas s’appliquer à Jacques, quand bien-même il se trouverait en face de moi. De plus, de la même manière que la malédiction sans cause n’atteint pas (Proverbes 26 :2), la bénédiction sans cause n’atteint pas non-plus, à moins que le Seigneur fasse grâce. Or notre Elohim est un Elohim miséricordieux qui fait grâce.

Toutefois, tout porte à croire que Ribqah et Yaacov (et même Yitzhak et Esav) pensaient que les bénédictions pouvaient être détournées pour être volées. Ils se disaient : Ça peut marcher, à condition que le vieux Yitzhak ne capte rien. Mais attention, il va falloir bien ruser pour ne pas repartir avec une malédiction au lieu de la bénédiction.

Bien évidemment, les choses ne fonctionnent pas ainsi et heureusement.

Toujours est-il qu’ils ont mis leur plan à exécution après l’avoir un petit peu amélioré. Yaacov, revêtu des habits de son frère et d’une peau de bête, berna le père Yitzhak en lui présentant un bon petit plat concocté par la mère Ribqah. Le patriarche avait bien eu quelques doutes en entendant la voix de son cadet : « Qui es-tu mon fils ?» demanda-t-il ; ce à quoi Yaacov répondit sans se démonter : « Je suis Ésav, ton fils aîné. J'ai fait ce que tu m'as dit. Lève-toi je te prie, assieds-toi et mange de mon gibier, afin que ton âme me bénisse. » (Genèse 27 :18-19).

Le papi affaibli et aveugle, sans doute un peu gourmand et gourmet, s’empressa de déguster un mets délicieux quoique assaisonné de malice.

« C'est pourquoi célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de méchanceté et de malice, mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité. » 1 Corinthiens 5 :8.

Satisfait et repu, il prononça ensuite de belles bénédictions en présence d’Yitzhak en pensant s’adresser à Esav (Genèse 27 :28-29).

Peu de temps après Esav revint de la chasse et découvrit comment il avait été roulé pour la seconde fois par son frère. Non seulement il avait été spolié de son droit d’aînesse, mais maintenant on lui volait sa bénédiction, celle de son père avec laquelle il entretenait une relation privilégiée. Et c’était son propre frère, son jumeau, qui lui faisait ce sale coup. On ne peut que comprendre ces sentiments d’humiliation, de tristesse, de désarroi et de colère qui s’étaient emparés de lui.

« Yitzhak fut saisi d'une grande, d'une violente émotion, et dit : Qui est donc celui qui a chassé du gibier et me l'a apporté ? J'ai mangé de tout avant que tu ne viennes, et je l'ai béni. Aussi sera-t-il béni ! Dès qu'Ésav entendit les paroles de son père, il poussa de grands cris, pleins d'amertume, et il dit à son père : Bénis-moi aussi, bénis-moi, mon père ! Mais il dit : Ton frère est venu avec tromperie, et il a enlevé ta bénédiction. Ésav dit : N'est-ce pas avec raison qu'on a appelé son nom Yaacov ? Car il m'a déjà supplanté deux fois. Il m'a enlevé mon droit d'aînesse, et voici, maintenant il a enlevé ma bénédiction. Puis il dit : Ne m'as-tu pas réservé de bénédiction ? Yitzhak répondit à Ésav en disant : Voici, je l'ai établi ton maître, je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs et je l'ai pourvu de blé et de vin. Que ferai-je maintenant pour toi, mon fils ? Ésav dit à son père : N'as-tu qu'une bénédiction, mon père ? Bénis-moi aussi, bénis-moi, mon père ! Et Ésav éleva la voix et pleura. Yitzhak, son père, répondit et dit : Voici, ta demeure sera privée de la graisse de la terre, et de la rosée du ciel, d'en haut. Tu vivras par ton épée, et tu seras asservi à ton frère. Mais il arrivera que lorsque tu seras devenu errant, tu briseras son joug de dessus ton cou. » Genèse 27 :33-40.

La logique humaine aurait voulu qu’Yitzhak annule les paroles prononcées en présence de Yaacov, qu’il le maudisse, et qu’il bénisse Esav conformément à son intention première, mais il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Parce que Yitzhak avait prophétisé en quelque sortes malgré lui. Elohim avait choisi cette famille en dépit des failles et des péchés de ses membres. Il avait un plan à mettre en exécution dans la vie de Yaacov en particulier (Elohim fait ce qu’il veut et choisit qui il veut). L’exécution de ce plan ne dépendait pas des œuvres de ce dernier mais de la grâce du Seigneur. En effet, Yaacov était pécheur comme son frère Esav, mais il avait une chose que son aîné ne possédait pas : le sens du sacré. Voilà pourquoi il est dit : « Qu'il n'y ait parmi vous ni fornicateur, ni profane, comme Ésav, qui pour un aliment vendit son droit d'aînesse. Car vous savez que plus tard, désirant hériter la bénédiction, il fut rejeté, car il ne trouva pas de lieu à la repentance, quoiqu'il l'ait demandée avec larmes. » (Hébreux 12 :16-17). Ainsi, Esav avait perdu la bénédiction qui aurait dû lui revenir de droit non pas parce qu’il avait été volé par son frère mais parce qu’il était un profanateur. Mais Yaacov était loin d’être blanc comme neige… Le Seigneur avait certes prévu de grandes choses pour sa vie, mais il fallait pour cela qu’il lui donne quelques leçons...

YAACOV FUIT CHEZ LABAN, UN ARNAQUEUR À SA MESURE

« Et Ésav éprouva de la haine contre Yaacov, à cause de la bénédiction dont son père l'avait béni. Ésav dit en son cœur : Les jours du deuil de mon père approchent, et je tuerai Yaacov, mon frère. On rapporta à Ribqah les paroles d'Ésav, son fils aîné. Elle fit alors appeler Yaacov, son fils cadet, et lui dit : Voici que ton frère Ésav veut te tuer pour se consoler. Maintenant donc, mon fils, obéis à ma parole ! Lève-toi et enfuis-toi à Charan, vers Laban, mon frère. Et reste avec lui quelque temps, jusqu'à ce que la fureur de ton frère s'apaise, jusqu'à ce que la colère de ton frère se détourne de toi et qu'il oublie ce que tu lui as fait. Pourquoi serais-je privée de vous deux en un même jour ? » Genèse 27 :41-45.

Il aurait été souhaitable pour Esav qu’il s’asseye un petit peu pour se remettre en question, mais ce dernier réagit conformément à sa nature rustre et belliqueuse en prenant la résolution de tuer son frère. Il fit cependant preuve d’une certaine délicatesse en décidant d’attendre que son père trépasse avant de passer à l’acte. Voulant éviter un fratricide, Ribqah incita Yaacov à fuir chez son frère Laban qui habitait à Canaan.

Yaacov se mit donc en route. Il avait bien dans sa besace le droit d’aînesse et la bénédiction paternelle, mais il était obligé de quitter sa maison et la sale ambiance qui y régnait désormais ; terrorisé par le regard menaçant de son frère et le sachant bien capable de passer à l’acte. Il avait certes arnaqué Esav à deux reprises, mais il n’avait pas le cœur à fanfaronner. Il était lucide : sa ruse n’allait pas faire le poids face à la montagne de muscles et l’épée bien aiguisée de son frère. C’est pourtant dans ce contexte de profond désarroi que YHWH va le visiter une première fois.

Révélation d’Elohim

« Yaacov partit de Beer-Shéba et s'en alla à Charan. Il arriva dans un lieu où il passa la nuit, parce que le soleil était couché. Il y prit donc une pierre et en fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là. Alors il rêva. Et voici, une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait le ciel. Il vit les anges d'Elohîm qui montaient et descendaient par cette échelle. Il vit aussi YHWH qui se tenait sur l'échelle. Et il lui dit : Je suis YHWH, l'Elohîm d'Abraham, ton père, et l'Elohîm de Yitzhak. Je te donnerai à toi et à ta postérité la terre sur laquelle tu es couché. Ta postérité sera comme la poussière de la terre, et tu t'étendras à l'occident et à l'orient, au nord et au midi, et toutes les familles de la Terre seront bénies en toi et en ta postérité. Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai vers cette terre, car je ne t'abandonnerai pas tant que je n'aurai pas accompli ce que je te dis. Et Yaacov se réveilla de son sommeil et dit : Vraiment, YHWH est en ce lieu-ci, et moi, je ne le savais pas ! Il eut peur et dit : Que ce lieu est effrayant ! C'est ici la maison d'Elohîm, et c'est ici la porte des cieux ! Et Yaacov se leva de bon matin, prit la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa pour monument, et versa de l'huile sur son sommet. Il donna à ce lieu le nom de Béth-El, mais auparavant la ville s'appelait Louz. Yaacov fit un vœu, en disant : Si Elohîm est avec moi, et s'il me garde pendant le voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger, et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors YHWH sera mon Elohîm. Cette pierre que j'ai dressée pour monument deviendra la maison d'Elohîm et je te donnerai la dîme, la dîme de tout ce que tu me donneras. » Genèse 28 :10-22.

Plusieurs choses sont à noter dans ce fameux songe de Yaacov.

Elohim se présenta à lui comme étant l’Elohim de son grand-père Abraham et de son père Yitzhak. En effet, il ne l’était pas encore celui de Yaacov car il ne s’était pas encore révélé à lui personnellement. Le Seigneur va lui faire la même promesse qu’à ses aïeuls, à savoir de lui donner à lui et à sa postérité la terre sur laquelle il se trouvait. Fait intéressant : Elohim s’adressa à lui en se tenant sur une échelle dressée sur terre mais dont le sommet allait jusqu’au ciel. Et sur cette échelle, il vit des anges faire des aller-retours entre ciel et terre. Il lui promit une patrie terrestre et une descendance nombreuse tout en lui ouvrant les yeux sur le Royaume céleste. Il lui montra alors deux réalités qui demandent une fois de plus la capacité de faire la distinction entre le sacré et le profane.

« Mais cherchez premièrement le Royaume d'Elohîm et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Matthieu 6 :33.

Cette échelle et les allées et venues qu’effectuaient les anges servait à lui montrer que Elohim préparait un moyen qui nous permettrait d’aller vers ce Royaume, mais Yaacov ignorait bien évidemment à ce moment-là que le Messie serait de sa postérité selon la chair et que grâce à lui toutes les familles de la terre seraient bénies (Luc 3 :34).

A son réveil, Yaacov fut impressionné par ce songe et dressa un monument en souvenir de cette expérience à Bethel. Mais il ne s’est pas converti pour autant. Yaacov a décidé de mettre la fidélité de YHWH à l’épreuve en faisant ce vœu : Si Elohîm est avec moi, et s'il me garde pendant le voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger, et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors YHWH sera mon Elohîm. Cette pierre que j'ai dressée pour monument deviendra la maison d'Elohîm et je te donnerai la dîme, la dîme de tout ce que tu me donneras.

Yaacov n’avait pas le profil des religieux qui suivent un elohim pour faire plaisir à la famille, aux amis ou à la société. C’est ce qui explique le fait que le songe ne lui ait pas suffi et qu’il ait décidé de de mettre le Seigneur à l’épreuve quant à l’accomplissement de ses paroles (1 Jean 4 :1). En effet, il déciderait que YHWH serait son Elohim seulement si :

- Si Elohim était avec lui

- Si Elohim le gardait pendant son voyage

- Si Elohim lui donnait du pain à manger et des habits pour se vêtir

- Et s’il retournait en paix dans la maison de son père

On voit d’emblée que les priorités de Yaacov avaient changé. Il ne cherchait plus la richesse et les honneurs que pouvaient lui conférer le droit d’aînesse car il commençait déjà à réaliser qu’il avait couru après des futilités. Et surtout, la méthode employée avait allumé un feu dans sa famille…

Désormais, ce qui l’intéressait c’était ce que tout disciple du Seigneur est encouragé à vouloir :

- La présence et la protection d’Elohim dans sa vie

- Le strict nécessaire pour vivre (1 Timothée 6 :8)

- La paix et donc la réconciliation avec son frère (Romains 12 :18 ; Hébreux 12 :14).

Brisement sur mesure chez Laban

Certainement fortifié par cette expérience extraordinaire, Yaacov arriva finalement chez son oncle Laban qui l’accueillit chaleureusement. Ce dernier avait deux filles : Léa, aux yeux délicats ; et Rachel, belle de taille et de figure (Genèse 29 :17) et de laquelle Yaacov tomba quasi instantanément amoureux. Aussi, quand Laban lui demanda quel salaire il voulait en échange du travail qu’il effectuait pour lui, Yaacov demanda la main de sa fille cadette contre 7 années de travail (comme quoi un homme amoureux est capable d’attendre, n’est-ce pas mesdemoiselles ?).

« Puis Laban dit à Yaacov : Me serviras-tu pour rien parce que tu es mon frère ? Dis-moi quel sera ton salaire ? Or Laban avait deux filles. L'aînée s'appelait Léah, et la cadette Rachel. Léah avait les yeux délicats, mais Rachel était belle de taille et belle de figure. Yaacov aimait Rachel, et il dit : Je te servirai 7 ans pour Rachel, ta cadette. Et Laban répondit : Il vaut mieux que je te la donne que de la donner à un autre homme ; demeure avec moi. Ainsi, Yaacov servit sept années pour Rachel. Elles furent à ses yeux comme quelques jours, parce qu'il l'aimait. Et Yaacov dit à Laban : Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli, et j'irai vers elle. Laban réunit tous les gens du lieu et fit un festin. Mais quand le soir fut venu, il prit Léah, sa fille, et l'amena vers Yaacov qui s'approcha d'elle. Et Laban donna Zilpah, sa servante, à Léah, sa fille, pour servante. Le matin arriva, et voilà que c'était Léah ! Alors Yaacov dit à Laban : Qu'est-ce que tu m'as fait ? N'ai-je pas servi chez toi pour Rachel ? Et pourquoi m'as-tu trompé ? Laban répondit : Cela ne se fait pas chez nous, de donner la plus jeune avant l'aînée. Achève la semaine avec celle-ci, et nous te donnerons aussi l'autre, pour le service que tu feras encore chez moi sept autres années. C'est ce que fit Yaacov, il acheva la semaine avec Léah, et Laban lui donna aussi pour femme Rachel, sa fille. Et Laban donna Bilhah, sa servante, à Rachel, sa fille, pour servante. Yaacov alla aussi vers Rachel, et il aima Rachel plus que Léah, et il servit encore chez Laban sept autres années. YHWH vit que Léah était haïe, et il ouvrit sa matrice, tandis que Rachel était stérile. » Genèse 29 :15-31.

Yaacov était tellement amoureux de Rachel que les sept années parurent à ses yeux quelques jours. Toutefois, 7 ans ce n’est pas rien. On peut donc aisément imaginer dans quel état il était, lui qui était transi d’amour pour sa belle, le jour de son mariage. Or la nuit de noces étant venue, Laban amena vers Joseph sa fille Léa. Comme cette dernière devait certainement être voilée et l’obscurité aidant, Yaacov ne se rendit compte de la supercherie que le lendemain matin. Même si la Bible ne s’attarde pas trop sur la réaction de Joseph, on peut aisément se douter du choc qu’il a dû avoir, de l’humiliation qu’il a dû ressentir, lui qui s’était préservé et avait travaillé tant d’années pour Rachel. Surtout que Laban semblait parfaitement à l’aise avec ce qu’il avait fait… Il ne prit même pas la peine de lui présenter la moindre excuse. Il avança une explication vaseuse, et en profita pour arnaquer Yaacov une seconde fois. En effet, au lieu de lui donner tout simplement Rachel en mariage (puisque son neveu et gendre avait rempli sa part du contrat), il va le contraindre à travailler 7 années supplémentaires pour obtenir la main de sa cadette. Yaacov n’avait pas d’autre choix que d’accepter : non seulement il aimait Rachel, mais en plus il n’avait nulle part où aller et il n’avait aucun bien propre pour se permettre de partir. Laban se savait en position de force et il en avait largement profité. Pourquoi se priver d’un bon élément comme Yaacov qui lui permettait de s’enrichir sans avoir à lui verser le moindre salaire ?

Au bout de 14 ans, Yaacov demanda l’autorisation à Laban de rentrer chez lui avec ses femmes et ses enfants pour s’occuper enfin de sa propre maison. En guise de salaire, les deux hommes ont conclu un accord pour se partager le bétail.

« Et il arriva qu'après que Rachel eut enfanté Yossef, Yaacov dit à Laban : Laisse-moi partir, pour que je m'en aille chez moi, dans mon pays. Donne-moi mes femmes et mes enfants, pour lesquels je t'ai servi, et je m'en irai, car tu sais de quelle manière je t'ai servi. Et Laban lui répondit : Je te prie, si je pouvais trouver grâce à tes yeux ! J'ai appris par divination que YHWH m'a béni à cause de toi. Il lui dit aussi : Fixe-moi le salaire que tu veux, et je te le donnerai. Et Yaacov lui répondit : Tu sais comment je t'ai servi et ce qu'est devenu ton bétail avec moi. Car le peu que tu avais avant moi a beaucoup augmenté et YHWH t'a béni depuis que j'ai mis les pieds chez toi. Maintenant, quand m'occuperai-je aussi de ma maison ? Et Laban lui dit : Que te donnerai-je ? Et Yaacov répondit : Tu ne me donneras rien si tu fais pour moi ce que je vais dire. Je ferai paître encore tes troupeaux et je les garderai. Que je passe aujourd'hui parmi tes troupeaux, et qu'on mette à part toutes les brebis tachetées et marquetées, et tous les agneaux noirs, et les chèvres marquetées et tachetées. Ce sera mon salaire. Aujourd'hui ou demain, ma justice rendra témoignage pour moi quand elle viendra devant toi pour mon salaire : tout ce qui ne sera pas marqueté ou tacheté parmi les chèvres et noir parmi les agneaux, sera considéré comme un vol s'il est trouvé chez moi. Et Laban dit : Voici, qu'il te soit fait comme tu l'as dit. Et en ce même jour-là, il sépara les boucs rayés et marquetés, et toutes les chèvres tachetées et marquetées, toutes celles où il y avait du blanc, et tous les agneaux noirs. Il les remit entre les mains de ses fils. Et il mit l'espace de trois journées de chemin entre lui et Yaacov. Et Yaacov fit paître le reste des troupeaux de Laban. Mais Yaacov prit des branches vertes de peuplier, d'amandier et de platane. Il y pela des bandes blanches, mettant à nu le blanc qui était sur les branches. Et il mit les branches qu'il avait pelées dans les auges, dans les abreuvoirs, sous les yeux des brebis qui venaient boire, et elles entraient en chaleur quand elles venaient boire. Les brebis donc entraient en chaleur près des branches, et elles faisaient des brebis rayées, tachetées et marquetées. Et Yaacov séparait les agneaux, et il mettait ensemble ce qui était rayé et tout ce qui était noir dans les troupeaux de Laban. Il se fit ainsi des troupeaux à part, qu'il ne réunit pas aux troupeaux de Laban. Et il arrivait que toutes les fois que les brebis vigoureuses entraient en chaleur, Yaacov mettait les branches dans les auges sous les yeux des brebis, afin qu'elles entrent en chaleur près des branches. Mais quand les brebis étaient chétives, il ne les mettait pas, de sorte que les chétives appartenaient à Laban et les vigoureuses à Yaacov. Cet homme devint extrêmement, extrêmement riche, et il eut de nombreux troupeaux, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes. » Genèse 30 :25-43.

Dans sa grande fidélité, YHWH donna une stratégie à Yaacov pour faire accroître son bétail, de telle sorte qu’il devint extrêmement riche bien que Laban ait tenté de se jouer de lui à plusieurs reprises. Aussi, décidé de s’enfuir de chez son beau-père, il dira à ses femmes : « Vous savez que j'ai servi votre père de tout mon pouvoir. Mais votre père s'est moqué de moi et a changé dix fois mon salaire. Mais Elohîm ne lui a pas permis de me faire du mal. Quand il disait : Les tachetées seront ton salaire, alors toutes les brebis faisaient des agneaux tachetés ; et quand il disait : Les marquetées seront ton salaire, alors toutes les brebis faisaient des agneaux marquetés. Ainsi, Elohîm a ôté à votre père son bétail et me l'a donné. » (Genèse 31 :6-9).

Et voici quelle fut la réponse de ses femmes : « Alors Rachel et Léah lui répondirent et dirent : Avons-nous encore quelque portion et quelque héritage dans la maison de notre père ? Ne nous a-t-il pas traitées comme des étrangères ? Car il nous a vendues, et même il a mangé, il a mangé notre argent. Car toutes les richesses qu'Elohîm a ôtées à notre père nous appartenaient ainsi qu'à nos enfants. Maintenant donc fais tout ce qu'Elohîm t'a dit. » (Genèse 31 :14-16).

Le jugement sévère de Rachel et Léa sur leur père en dit long sur ce qu’a été le séjour de Yaacov chez Laban. Yaacov, le supplanteur, a su à son tour ce que cela faisait que d’être abusé et volé, et cela par un membre de sa famille. Pour le briser, le Seigneur l’avait envoyé chez plus fourbe que lui, chez l’un des pires escrocs qui soit ; un homme tellement cupide qu’il n’avait pas hésité à vendre ses propres filles pour s’enrichir. Et voilà qu’après avoir été si fidèlement servi par Yaacov, maintenant lui et ses fils commençaient à mal le regarder (Genèse 31 :1-2).

« Alors YHWH dit à Yaacov : Retourne au pays de tes pères et vers ta parenté, et je serai avec toi. » Genèse 31-3.

Yaacov s’enfuit donc de chez Laban avec ses femmes, ses enfants, son bétail et des serviteurs qu’il avait acquis en Canaan avec le feu vert du Seigneur. A force d’humiliations et de brimades chez Laban, il était devenu humble et sage. Désormais il n’écoutait plus sa chair, ni les mauvais conseils, mais Elohim.

Trois jours après son départ, Laban se rendit compte de la fuite de Yaacov et se mit à sa poursuite avec ses frères avec la ferme intention d’en découdre (Genèse 31 :29). « Mais Elohîm apparut à Laban, le Syrien, en rêve la nuit, et lui dit : Garde-toi de parler à Yaacov ni en bien ni en mal. » (Genèse 31 :24). YHWH exauça ainsi le vœu de Yaacov lorsqu’il avait dit : Si Elohim est avec moi, et me garde pendant le voyage que je fais… alors YHWH sera mon Elohim. Cette fois-ci Laban comprit qu’il avait perdu la partie et qu’il n’avait pas d’autre choix que de se soumettre puisque de toute évidence Elohim combattait en faveur de son gendre. Finalement Laban et Yaacov firent une alliance à Galed, une sorte de pacte de non-agression, et chacun continua sa route de son côté (Genèse 31 :45-54).

Mais le plus dur pour Yaacov était devant lui, car il redoutait par-dessus tout ses retrouvailles avec son frère Esav qui avait juré de le tuer. Aussi, il envoya à sa rencontre des messagers pour tenter de faire la paix.

« Yaacov envoya devant lui des messagers vers Ésav, son frère, au pays de Séir, dans le territoire d'Édom. Il leur donna cet ordre : Vous parlerez de cette manière à mon seigneur Ésav : Ainsi a dit ton serviteur Yaacov : J'ai séjourné comme étranger chez Laban, et j'y ai habité jusqu'à présent. J'ai des bœufs, des ânes, des brebis, des serviteurs, et des servantes, et j'envoie l'annoncer à mon seigneur, afin de trouver grâce à tes yeux. Et les messagers revinrent auprès de Yaacov et lui dirent : Nous sommes allés vers ton frère Ésav, et il marche aussi à ta rencontre avec 400 hommes. Alors Yaacov eut très peur et l’angoisse le saisit. » Genèse 32 :4-8.

Voyez de quelle manière Yaacov s’adresse à son frère aîné : « Mon Seigneur »… Mais à leur retour, tout ce que ses serviteurs purent leur dire c’est que Ésav arrivait à sa rencontre avec 400 hommes. Cela ne présageait donc rien de bon. Saisi de frayeur, Yaacov décida de partager les personnes et les troupeaux qui étaient avec lui en deux camps, espérant en sauver au moins un sur deux en cas d’attaque de son frère (Genèse 32 :8-10).

Yaacov implora ensuite la grâce du Seigneur en ces termes : « Ô Elohîm de mon père Abraham, Elohîm de mon père Yitzhak, ô YHWH qui m'as dit : Retourne dans ton pays, vers ta parenté, et je te ferai du bien. Je suis trop petit pour toutes les faveurs et pour toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur, car j'ai passé ce Yarden avec mon bâton, et maintenant je forme deux camps. Je te prie, délivre-moi de la main de mon frère Ésav ! Car je crains qu'il ne vienne, et qu'il ne me frappe, avec la mère et les enfants. Et toi, tu as dit : Certes, je te ferai du bien, et je rendrai ta postérité comme le sable de la mer, si abondant qu'on ne saurait le compter. » (Genèse 32 :10-13).

Yaacov qui avait autrefois couru après le droit d’aînesse et les bénédictions était désormais un homme très riche, mais son statut social ne pouvait le délivrer de l’angoisse que l’on ressent face à la menace d’une mort imminente.

« Car que sert à un être humain de gagner tout le monde, s'il perdait son âme ? Ou, que donnerait un être humain en échange de son âme ? » Matthieu 16 :26.

Pour amadouer son frère, il envoya de nouveau des messagers vers lui, mais cette fois-ci avec des cadeaux de très grande valeur…

« Il prit de ce qu'il avait sous la main pour faire un présent à Ésav, son frère : 200 chèvres, 20 boucs, 200 brebis et 20 béliers. 30 femelles de chameaux qui allaitaient, et leurs petits, 40 jeunes vaches, 10 jeunes taureaux, 20 ânesses et 10 ânes. Il les mit entre les mains de ses serviteurs, chaque troupeau à part, et leur dit : Passez devant moi, et faites qu'il y ait un intervalle entre chaque troupeau. Il donna cet ordre au premier, disant : Quand Ésav, mon frère, te rencontrera et te demandera, disant : À qui es-tu et où vas-tu ? Et à qui sont ces choses qui sont devant toi ? Alors tu diras : Je suis à ton serviteur Yaacov, c'est un présent qu'il envoie à mon seigneur Ésav. Et voici, il vient lui-même derrière nous. Il donna le même ordre au deuxième, au troisième, et à tous ceux qui suivaient les troupeaux, disant : C'est ainsi que vous parlerez à mon seigneur Ésav, quand vous le rencontrerez. Vous lui direz : Voici, ton serviteur Yaacov vient aussi derrière nous. Car il se disait : J'apaiserai sa colère par ce présent qui va devant moi. Après cela, je verrai sa face et peut-être qu'il me regardera favorablement. Le présent passa devant lui, mais il resta cette nuit-là dans le camp. » Genèse 32 :14-22.

Ainsi, pour faire la paix avec son frère, Yaacov accepta de se délester d’une partie des biens qu’il avait acquis à la sueur de son front en Canaan. Une fois de plus, la gloire des hommes et les biens de ce monde (droit d’aînesse, bénédictions) n’était plus sa priorité, il fallait qu’il fasse la paix avec Esav, car sa vie et celle de sa famille était en jeu.

« Or toutes choses viennent d'Elohîm, qui nous a réconciliés avec lui par le moyen de Yéhoshoua Mashiah et qui nous a donné le service de la réconciliation. Parce qu'Elohîm était en Mashiah, réconciliant le monde avec lui-même, en ne leur imputant pas leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs pour Mashiah, comme si Elohîm vous exhortait par notre moyen. Nous vous supplions pour l'amour du Mashiah : Soyez réconciliés avec Elohîm ! » 2 Corinthiens 5 :18-20.

Non seulement, il appelait son frère « mon seigneur », mais il se présenta à ce dernier comme étant son « serviteur ».

« Mais il n'en sera pas ainsi parmi vous. Au contraire, si quelqu'un veut devenir grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur, et si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. De même que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » Matthieu 20 :26-29.

YAACOV LUTTE AVEC ELOHIM ET SORT VAINQUEUR

« Il se leva cette nuit, et prit ses deux femmes, ses deux servantes, et ses onze enfants, et passa le gué de Yabboq. Il les prit donc, et leur fit passer le torrent, il fit aussi passer tout ce qu'il avait. Yaacov demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, il le frappa à l'intérieur de la cuisse. Ainsi l'intérieur de la cuisse de Yaacov se disloqua pendant qu'il luttait avec lui. Et cet homme lui dit : Laisse-moi, car l'aurore se lève. Mais il dit : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m'aies béni. Cet homme lui dit : Quel est ton nom ? Il répondit : Yaacov. Alors il dit : On ne t'appellera plus du nom de Yaacov, mais Israël, car tu as lutté avec Elohîm et avec les hommes, et tu as vaincu. Yaacov l'interrogea, en disant : Je te prie, fais-moi connaître ton Nom. Et il répondit : Pourquoi demandes-tu mon Nom ? Et il le bénit là. » Genèse 32 :23-30.

Nous voici donc arrivés au moment fatidique… Le face à face avec Esav était imminente, plus qu’une nuit à passer…

Yaacov et sa famille passèrent le gué de Jabbok, ce qui signifie en hébreu « celui qui se vide, qui coule ». Ensuite, il demeura seul. Et là, il se passa une chose très étrange : un homme apparut de nulle part et lutta avec lui toute la nuit sans parvenir à le vaincre. Pour se défaire de son emprise, il blessa sérieusement Yaacov à la cuisse, ce qui le laissa boiteux. Pour autant, Yaacov ne s’avoua pas vaincu et fit tout pour retenir le mystérieux assaillant ; il avait en effet compris que cet homme n’est pas n’importe qui mais le Seigneur lui-même. Or le temps de la révélation du Messie n’était pas encore arrivé, c’est pourquoi il voulait partir avant le lever du jour et refusa par la suite de lui faire connaître son nom. Yaacov s’accrocha et insista : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m'aies béni.

Et voici en quels termes la bénédiction fut prononcée : Quel est ton nom ? Il répondit : Yaacov. Alors il dit : On ne t'appellera plus du nom de Yaacov, mais Israël, car tu as lutté avec Elohîm et avec les hommes, et tu as vaincu.

En quoi le fait de changer un nom est une bénédiction ? Ce qu’il faut comprendra c’est que la lutte qu’a menée Yaacov jusqu’ici n’était pas charnelle mais spirituelle.

L’apôtre Paul nous dit ceci en Ephésiens 6 :12 : « Parce que notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les seigneurs du monde de la ténèbre de cet âge, contre les esprits de méchanceté qui sont dans les lieux célestes. »

Le mot grec qui a été traduit dans ce passage par « lutte » est pale. Il désigne précisément la lutte entre deux combattants où chacun essaye de renverser l'autre ; la victoire étant acquise par le maintien de l'adversaire au sol, et en lui mettant la main sur la nuque.

Yaacov a bien lutté avec Elohim, mais il n’a pas réussi à le maintenir au sol ni à lui mettre la main sur la nuque. Comme il était boiteux à cause de sa blessure à la cuisse, il était désormais incapable de remporter une victoire physique contre quiconque, et surtout pas contre le Seigneur.

La victoire dont il est question ici est une victoire spirituelle car Yaacov a en effet lutté avec les hommes (Esav, Laban) et avec Elohim en étant charnel les premières années de sa vie. Désirant le droit d’aînesse et la bénédiction paternelle, il a usé de stratagèmes humains, de coups bas et sales pour parvenir à ses fins. En péchant de la sorte, il a aussi lutté avec Elohim qui devait certainement le reprendre par le moyen de la conscience qu’il a mise en chaque être humain. Tant qu’il était charnel, Yaacov luttait avec les hommes et avec Elohim dans le sens de « lutter contre ». Et ce faisant, il avait aussi lutté contre lui-même en s’attirant de gros problèmes avec son frère.

Mais parce que le Seigneur est bon et miséricordieux, et parce qu’il avait résolu de sauver cet homme (mais aussi l’humanité entière par le Messie qui devait sortir de sa postérité), il a entrepris un travail de brisement dans sa vie. L’objectif de ce brisement était de lui faire comprendre qu’il y a toujours des conséquences au péché. En effet, quoi qu’on puisse dire sur Esav, c’était Yaacov qui était à l’origine du conflit qui les opposait… Il fallait aussi qu’il comprenne ce qu’est la véritable bénédiction, ce qui doit être prioritaire, ce qui est important et ce qui ne l’est pas.

Yaacov s’est converti à force d’avoir été humilié. Petit à petit, il a commencé à lutter avec Elohim, non en tant qu’adversaire mais en tant que partenaire. Le Seigneur est allé le rencontrer au gué de Jabbok pour achever de le vider de lui-même : de ce qui restait de son orgueil et de ses mauvais désirs. En le blessant à la cuisse au point de le faire boiter, il lui a appris à ne s’appuyer que sur Lui seul. En effet, s’il espérait encore lutter charnellement ou même physiquement contre son frère, c’était perdu d’avance.

Yaacov renonça alors à lui-même et comprit une chose fondamentale :

« Ce n'est pas par la puissance ni par la force, mais par mon Esprit, dit YHWH Sabaoth. » Zaccharie 4 :6.

Yaacov n’a pas voulu laisser partir le Seigneur parce qu’il avait compris que dans n’importe quelle lutte ou combat, il ne pouvait en sortir vainqueur que si et seulement si Elohim était présent dans sa vie. En effet, il fallait qu’il lutte avec Elohim et selon les règles d’Elohim.

« Et de même, si quelqu'un lutte dans un jeu sportif, il n'est couronné que s'il a lutté selon les règles. » 2 Timothée 2 :5.

Ayant saisi, accepté et assimilé ces vérités fondamentales, Yaacov le supplanteur, est devenu Israël, ce qui signifie « Elohim prévaut », « lutter avec Elohim » et « il sera prince d’Elohim ». Et ce qui est extraordinaire c’est que ce ne sont pas les hommes qui lui ont donné ce nom mais le Seigneur lui-même…

Yaacov a donc été mis à mort pour permettre à Israël de venir à la vie. Or comme Israël était engendré d’Elohim, il portait en son ADN la victoire.

« … nous sommes plus que vainqueurs par le moyen de celui qui nous a aimés. » Romains 8 :37.

Fort de ces précieuses leçons et surtout se sachant quoiqu’il arrive béni par Elohim, Israël affronta quelques heures plus tard Esav et les 400 hommes qui l’accompagnait en s’humiliant encore. Et le miracle se produisit…

« Et Yaacov leva ses yeux et regarda. Et voici, Ésav arrivait avec 400 hommes. Alors il partagea les enfants entre Léah, Rachel et les deux servantes. Il plaça en tête les servantes avec leurs enfants, puis Léah et ses enfants, enfin Rachel et Yossef au dernier rang. Quant à lui, il passa devant eux et se prosterna à terre sept fois, jusqu'à ce qu'il soit près de son frère. Ésav courut à sa rencontre, le prit dans ses bras, se jeta à son cou et l'embrassa. Et ils pleurèrent. » Genèse 34 :1-4.

Alléluia !!!

Adèle.

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