Les Dokimos



La droitisation des mentalités

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[NDLR : Article extrait du Dokimos n°19] Depuis 2 ou 3 ans, un virus que nous avions tous cru benoîtement annihilé ressurgit. Il s’attaque d’abord aux personnes puis aux nations et prolifère à une très grande vitesse. Le terrain propice à son développement sont les crises économiques. C’est une maladie que peu assument et admettent avoir contracté de peur d’être mis aux bancs de la société, car elle n’est pas politiquement et socialement correcte. Elle n’atteint pas notre aspect physique mais noircit notre âme. Elle se manifeste par une aversion des gens différents de soi. Elle rend paranoïaque. Les personnes atteintes estiment que tous leurs malheurs, et par extension ceux de la nation, sont dus à l’étranger. Ce virus est nommé, selon l’importance de l’infection : populisme, nationalisme, racisme, xénophobie ou encore fascisme. Ce virus est partout : Suède, Italie, Allemagne, France, Suisse, Bulgarie, Hongrie, Finlande, Pays-Bas, Scandinavie… Cette liste n’est pas finie et ne finira jamais. La contamination continue et le virus prolifère. En effet, avec la situation économique et la crise que traverse l’Europe, il affecte de plus en plus nos pensées et nos actes au quotidien. Chaque être humain est-il porteur de ce virus qu’est le racisme ? Pourquoi chez certains il y a des manifestations minimes, « le racisme primaire », et chez d’autres une pathologie incurable, sauf miracle, comme c’est le cas pour les fascistes ? Nos assemblées chrétiennes sont-elles, elles aussi, touchées par cette montée du nationalisme et du racisme ambiant, ou au contraire est-ce un endroit où règnent l’unité, l’amour et l’altruisme ?

PARLONS PEU, PARLONS BIEN

Depuis quelques années, une nouvelle mode langagière est apparue. Elle consiste à renommer les choses par des noms qui choquent moins. Désormais on ne dit plus un nain mais une personne de petite taille, on ne dit plus un sourd mais une personne malentendante, et on ne dit plus un noir mais une personne de couleur. En ce qui concerne le sujet de cet article... Alors là... Il est quasiment interdit d’en faire mention sous peine de représailles. S’il vous prend l’envie de dire à quelqu’un qu’il est raciste, sachez que cela est considéré comme une insulte. Ce sujet est tellement sensible qu’il en devient politiquement incorrect voire tabou. N’ayant jamais eu peur des mots ni de leur signification, bien au contraire, nous allons expliquer les différents termes appartenant au champ lexical du racisme, car une meilleure maîtrise de ces mots nous permettra d’avoir une meilleure compréhension de la situation politique que nous vivons actuellement, c’est-à-dire la montée des partis d’extrême droite. Le mot racisme est tiré du latin « ratio » qui signifie : ordre, catégorie, espèce, partie. Le racisme est un système de théories et de croyances, individuelles ou collectives, selon lesquelles il existe des « races » dans l’espèce humaine et une hiérarchie entre elles. Les individus sont réduits à un ensemble de critères identitaires considérés comme spécifiques et sur lesquels il est porté des jugements de valeur. Ces théories servent alors à légitimer des doctrines politiques qui recherchent la domination d’une « race », considérée comme pure et supérieure, sur les autres. Ainsi, des droits reconnus à certains, sont contestés pour d’autres. Le mot xénophobie vient du grec « xenos » : étranger et « phobos » : peur, effroi. Au sens littéral, la xénophobie est la peur irraisonnée et maladive de ce qui est étranger. La xénophobie désigne les sentiments systématiques de crainte, d’hostilité, voire de haine, envers les étrangers, c’est-à-dire de ceux qui n’ont pas la même nationalité que soi ou qui n’appartiennent pas au même groupe culturel, religieux, linguistique… Le terme fascisme vient de l’italien « fasci » : faisceau. Le faisceau était l’emblème de l’autorité de la Rome antique, repris plus tard par les milices de Mussolini. Historiquement, le fascisme a été mis en place par Benito Mussolini, le « duché de l’Italie » de 1922 à 1945. Cette dictature était fondée sur un pouvoir autoritaire, nationaliste et anticommuniste. Au-delà du régime mussolinien, le terme « fasciste » sert souvent à qualifier des régimes autoritaires, totalitaires, proches dans leur forme du fascisme italien : nazisme, régime de Franco, régime de Vichy… Le nationalisme est une idéologie politique qui donne la primauté à la nation, sans considération pour les relations internationales. Elle trouve généralement son origine dans des peurs provoquées par des dangers extérieurs ou par un ennemi intérieur. Il conduit alors à un certain isolement et un retour vers un système de valeurs sur lequel est fondée la nation. Le nationalisme est l’une des caractéristiques du Front National en France et des nouveaux mouvements politiques d’extrême droite européens. Lorsqu’il découle d’une volonté de puissance, de grandeur et de domination, le nationalisme conduit alors à un expansionnisme agressif (impérialisme, colonialisme), cherchant parfois une justification, même très ancienne, dans l’Histoire. Ainsi, dans la première moitié du XXe siècle, le nationalisme a été à l’origine du fascisme italien et du national-socialisme allemand.

IL FAUT BIEN UN COUPABLE

Il y a toujours eu en l’être humain une peur de l’inconnu et un instinct de préservation. Ces sentiments s’exacerbent au moment de grandes crises économiques. Lors des « 30 glorieuses », période d’expansion économique de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1975, date de la première crise pétrolière, l’Europe a connu une importante vague de migration des pays du Maghreb et d’Afrique Noire, qui étaient encore pour la plupart sous la domination de leur pays colonisateur. Chacun y trouvait son compte, les pays européens avaient besoin de main d’œuvre pour se reconstruire et les migrants avaient besoin d’une nation hôte pour améliorer leurs conditions de vie, et pour certains, fuir un pays en proie à la dictature (Portugal, Yougoslavie, Pologne…). Tout cela n’avait l’air d’effrayer personne. Mais au moment où la crise économique/pétrolière de 1975, pointe le bout de son nez, le travailleur immigré ou étranger devient « persona non grata » et est perçu comme celui qui enlève le pain de la bouche des enfants. Ne pouvant regarder à leurs propres erreurs ni à celles de leurs politiques, certains habitants du « monde libre », ont choisi la facilité et ont considéré comme coupables des gens qui ne sont pas de la même race, du même continent, de la même religion… « L’autre » a toujours été le coupable idéal à tous les tracas du monde. La montée en puissance des partis d’extrême droite à travers l’Europe n’est que l’expression de cet état d’esprit. Suite à la crise des « subprimes » aux États-Unis en 2008, le monde connaît une crise économique sans pareil. En effet, contrairement à celles de 1929 et 1975, des pays ont fait faillite. Ne supportant pas l’idée de se serrer la ceinture et d’un amoindrissement de leur niveau de vie, beaucoup d’européens estiment que le départ des travailleurs migrants et de leurs familles, redonnerait un second souffle à la situation économique de leur pays. Franche utopie qu’est-ce concept ! En effet, qui peut imaginer une seconde que le départ des immigrés et des clandestins d’un pays tel que la France va faire disparaître le chômage, réduire l’insécurité ou encore augmenter le pouvoir d’achat ?

MERCI LE PEUPLE ROM

C’est ce que pourrait dire le maire actuel de la ville de Rome, Gianni Alemanno. Ancien membre d’un parti néofasciste, il a mené sa campagne électorale sur des thèmes tel que la lutte contre l’immigration illégale ou encore l’insécurité. Il a promis aux Romains de raser les 85 campements illégaux de Tziganes, Roms qui encerclaient la ville, et de « chasser les 20 000 délinquants étrangers qui font de Rome un coupe-gorge ». L’une des phrases clé de sa campagne fut : « Nous devons redevenir maîtres chez nous ». À peine élu, il est passé à l’action et a ordonné le démantèlement de l’un des plus grands camps tziganes de la périphérie de la ville. Dans les rues de Gênes ou de Naples, des slogans nauséabonds fusaient : « Dératisation, purification ethnique… ». Pour un policier, Francesco Gratteri, qui a participé à l’une de ces opérations, ce n’était pas du racisme et ce n’était pas dirigé « contre une catégorie d’individus ou une communauté en particulier. Le seul objectif était les criminels qui ont provoqué un sentiment d’insécurité croissant au sein de la population ». Ouf, on est rassurés! Les raccourcis utilisés lors de la campagne électorale de Monsieur Gianni étaient quand même très proches des théories néofascistes et néonazies.

LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE, L’EXEMPLE FRANÇAIS

Pour mieux comprendre cet état d’esprit qui s’apparente au mieux à du protectionnisme, au pire à de la xénophobie, essayons d’analyser comment depuis une trentaine d’années des partis d’extrême droite reviennent au-devant de la scène. Si nous vivons une montée du nationalisme et de la xénophobie en France, mais aussi partout en Europe, c’est essentiellement dû à la politique de l’autruche menée par les différents gouvernements qui se sont succédés, toutes étiquettes politiques confondues. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale et des différentes guerres (Indochine 1946-1954, Algérie 1954-1962), des générations entières, traumatisées par les exactions subies et /ou commises de manière directe ou non, ont banni toutes les formes d’expression du racisme. Ainsi, la xénophobie, le nationalisme, le racisme et l’antisémitisme n’avaient plus le droit de cité. La France retrouvait son statut de terre d’asile, d’accueil et des droits de l’homme. Les Français pensant peut-être ainsi se racheter une conscience souillée par le régime de Vichy. Durant la période des « 30 glorieuses », et jusqu’à très récemment, les élites de la France ont diabolisé les théories du Front National, promues par son leader emblématique Jean-Marie Le Pen. Depuis sa création en 1972, son programme politique a toujours été le même. Il s’articule entre autres autour du refus d’une immigration et d’une naturalisation de masse, de la restauration de la cellule familiale, de la reconstitution d’une armée forte… Jean-Marie Le Pen, chef incontesté et charismatique, a sorti son parti de l’ombre en le dépoussiérant et en rendant le plus invisible possible les aspects les plus radicaux : négationnisme, antisémitisme, racisme, homophobie, sécurité faite par des skinheads… Cela lui a permis de toucher une catégorie de la population qui ne se reconnaissait pas forcément dans ces valeurs extrêmes. Cette réfection d’image n’est que superficielle, mais elle a le mérite d’être efficace au vu du nombre de sympathisants, déclarés ou non, du Front National. En Europe, beaucoup de partis extrémistes ont recouru à ce genre de manipulation. Les solutions qu’apportent ces partis sont très simplistes. Elles consistent en un renvoi des immigrés, un repli de la nation sur elle-même, une répression des déviances sociales, comportementales et religieuses… En clair, il s’agit d’éradiquer ceux qui ne partagent pas leur vision du monde. Cela n’est pas sans rappeler les heures sombres de l’Allemagne nazi. Les discours sont peut-être plus policés et leurs chefs sont, en apparence, moins fanatiques, mais le résultat souhaité est le même. Désormais, cette façon de penser n’est plus classée dans les mouvements nationaux-populistes et xénophobes mais dans celle de la droite radicalisée, voire une droite décomplexée. Et pour beaucoup, ces mouvements ne sont plus extrêmes mais normaux. Ces thèmes, ô combien séduisants, atteignent peu à peu le cœur des électeurs désœuvrés qui ne se reconnaissent plus dans les propositions des autres partis politiques. C’est ainsi qu’en 1984, à l’occasion des élections européennes, le F.N a effectué une percée phénoménale en passant d’un niveau proche de zéro à plus de 10 % des suffrages exprimés. Ce succès s’est concrétisé en 1986 par l’élection de 32 députés membres du Front National. Désormais, ce parti est considéré comme la troisième force politique française. C’est ainsi qu’en 2002, Jean-Marie Le Pen a pu se hisser jusqu’au deuxième tour des élections présidentielles. Même si on a l’impression de voir à longueur de journée des reportages dénonçant la montée des néofascistes, ce n’est rien comparé à la réalité. En effet, ces partis ne partent pas du sommet pour ensuite toucher la base. Non, ils s’attaquent à la base, c’est-à-dire la population, pour atteindre le sommet, à savoir la présidence du pays. Chaque nation européenne a toujours eu son petit parti xénophobe et des fanatiques encagoulés qui s’extasient devant un flambeau ou une croix gammée. Mais jusque dans les années 80, ils étaient marginalisés et peu s’en souciaient. Cependant, la conquête des opinions par l’extrême droite française et de son président Jean-Marie le Pen, a changé la donne. Après les Espagnols, les Portugais, les Polonais, les Juifs ou encore les communistes, ceux qui cristallisent toutes leurs critiques et leurs haines sont les migrants musulmans. Désormais, leur cheval de bataille est d’empêcher les musulmans, qui sont amalgamés aux islamistes, de modifier la culture européenne et d’imposer leurs lois : « La République française est en train de se soumettre purement et simplement à la charia… », propos volontairement excessifs et alarmistes tenus par Marine Le Pen lors d’une interview télévisée. Sans complexe, les membres de ces partis se lèvent contre l’islam au nom de la philosophie des lumières, de la défense de la laïcité, du droit de la femme et vont même, comme Geert Wilder, chef du « parti de la liberté » en Hollande, prôner la défense des droits des homosexuels. Toutes les voix sont bonnes à prendre pour mettre les islamistes dehors n’est-ce pas ? Le succès de ces partis aux discours radicaux, comme le VLAAMS en Belgique, ou le FPO en Autriche, vient aussi du fait que leurs dirigeants savent créer une relation fusionnelle avec leurs sympathisants. Pour ce faire, ces leaders se donnent des airs « saints » : bon père, bonne mère de famille, à la morale irréprochable… Mais la réalité est tout autre, car dans leur vie privée ils sont très près de ce qu’ils dénoncent. Le chef emblématique de l’extrême droite autrichienne, Jorg Haider (1950-2008) menait une double vie ? Côté face, il était marié et père de famille et côté pile, il entretenait une relation passionnée et homosexuelle avec son bras droit, Stefan Petzner ! Ou encore Jean-Marie Le Pen a des accointances avec la pègre parisienne, l’un de ces meilleurs amis Henry Botey, parrain de sa fille Marine, est un proxénète parisien qui détiendrait bon nombre de bars dans les quartiers chauds de Pigalle. Bizarrement, cela n’écorne en rien leur image. En cette période de pré-élection présidentielle en France, il est aisé de comparer les discours des hommes et femmes politiques, se présentant comme candidats, et de constater ô combien ils surfent sans complexe sur cette vague. Ils reprennent ainsi les thèmes chers au Front National afin de faire venir à eux un électorat en souffrance, cherchant celui ou celle qui soulagera leurs maux et leur redonnera espoir. Signe annonciateur du fait qu’une page de l’Histoire se tourne, ou plutôt qu’elle revient, beaucoup affichent et assument sans honte leurs positions nationalistes et xénophobes. La question est de savoir si cela est dû à un endoctrinement ou à un sentiment personnel.

LA TÉLÉVISION, PAROLE D’ÉVANGILE

Les médias n’y sont pas pour rien dans cette montée des sentiments nationalistes. En effet, la quête effrénée du sensationnel pour faire la une du 20H, a poussé beaucoup de journalistes à montrer uniquement le côté sombre des quartiers peuplés principalement par des étrangers. Cela a eu pour effet pervers, voulu ou non, la stigmatisation de ces étrangers à qui l’on a associé le mot insécurité. Par ailleurs, la télévision est très loin de refléter la diversité ethnique de la société française, diversité que certains hommes politiques prétendent pourtant défendre. Est-ce dû à un simple oubli, à un manque de candidatures, ou à une volonté délibérée d’exclure ? Si un enfant naît dans une famille raciste, même s’il n’a jamais côtoyé une personne de couleur de sa vie, il éprouvera automatiquement un sentiment de rejet, voire une forte répulsion, quand il finira par en croiser une. Il en va de même en ce qui concerne les médias. À force de faire passer les jeunes, issus de l’immigration, des cités pour des sauvageons sans foi ni loi, une peur irrationnelle peut envahir n’importe qui à la vue d’un jeune homme ayant une capuche sur la tête et une démarche nonchalante. Ainsi, une proposition de nettoyage au karcher peut nous être proposée et adoptée par une grande majorité. La télévision est à bannir de nos foyers, ou du moins à consommer avec beaucoup de modération, comme le conseillait David Wilkerson. Elle a un effet lobotomisant sur le cerveau, elle le liquéfie. L’homme ne pense plus et n’agit plus tant que la boîte à images ne lui a pas dit quoi penser, quoi faire, quoi dire. Elle nous endoctrine. Dans les années 30, la propagande haineuse visait les juifs, de nos jours, beaucoup plus hypocritement, elle vise les noirs, les maghrébins ou encore les Roms.

ÉGLISES ÉVANGÉLIQUES, ÉGLISES SÉGRÉGATIONNISTES

À longueur de journée nous aimons dire que nous ne sommes pas de ce monde, que nous ne nous conformons pas à ce siècle présent qui n’est que péché. Mais sommes-nous réellement exempts de cette montée du racisme au sein de nos assemblées ? « Je n’aime pas les Chinois, les Africains, les Bretons… Sauf mon voisin parce que je le connais ». Si vous avez déjà entendu ces réflexions ou pire, que vous les faites vous-mêmes, alors sachez que vous êtes un raciste « primaire ». Qui n’a jamais vu inscrit sur le fronton d’un bâtiment : église évangélique chinoise, arménienne, congolaise, portugaise, tzigane etc, avec l’annonce sur une plaque dorée des horaires des programmes en français et dans la langue maternelle de ces communautés ? L’homme a tendance à se regrouper selon son appartenance ethnique, linguistique ou même pigmentaire. Il n’y a aucun problème à cela, dans la mesure où l’autre n’est pas rejeté. Prenons l’exemple des expatriés à l’étranger. Ils travaillent dans un pays qui n’est pas le leur et le week-end ils ressentent le besoin de se réunir dans des endroits précis comme des country clubs ou des hippodromes. Il est rare de trouver des autochtones dans ce genre d’endroit, si ce n’est pour le service domestique. De même, dans certains villages marocains, des quartiers entiers sont habités par des Français à la retraite. Beaucoup ne sont pas désireux de se confondre et de s’adapter aux usages du pays qui les accueillent, certains vont même jusqu’à rentrer en conflit avec les habitants. C’est cette attitude qui est totalement détestable. Cela va paraître dur à lire et à admettre, mais il en est de même dans nos assemblées. Beaucoup d’entre nous ne se regroupent, ni par amour pour Christ, ni pour s’exhorter ni pour s’édifier mais pour le plaisir de se retrouver entre eux. Ils s’assemblent non sous la bannière du royaume de Christ mais sous l’étendard de leur appartenance ethnique, culturelle, sociale… La preuve en est que dans certaines assemblées des quotas sont instaurés. C’est en tout cas ce que suggère le rassemblement institutionnalisé d’églises par critères ethniques. Ainsi, si par malheur le nombre d’yeux bridés dépassait de 10 % le nombre total des peaux rouges, majoritaires dans la congrégation, il devient souhaitable de fermer la porte aux nouveaux venus aux yeux bridés et de leur créer une église avec des prêches et des louanges qui leur ressemblent. Dans la confession de foi de la Communauté des Églises d’Expressions Africaines en France, qui est membre de la Fédération Protestante de France, il est écrit : « Elle [la CEAF] proclame et croit en l’Église universelle et invisible. Elle est l’Assemblée des rachetés de tous les temps et en tous lieux en Jésus-Christ. La Communauté des Églises Africaines de France proclame et croit en l’Église locale et visible. Elle est l’assemblée des croyants professant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur ». Cependant, à la lecture de la rubrique fonctionnement on peut lire : « Les quatre équipes de la CEAF dans lesquelles participent des techniciens recrutés uniquement sur le critère de leurs compétences, signifient pleinement cette réalité : Angolais, Antillais, Camerounais, Congolais, Français, Ougandais, Ghanéens, etc. Se côtoient en un lieu où ils ne sont plus que chrétiens ». Le but n’est pas de critiquer gratuitement le fonctionnement de la CEAF, mais de nous interpeller sur la ou les raisons qui ont poussé des personnes issues de l’immigration, à se réunir entre elles. Ont-elles senti dans les assemblées chrétiennes d’occident du rejet ? Du non-respect ? De la marginalisation ? De l’infantilisation ? Ou pire encore, ont-elles subi de nouveau l’oppression de l’esprit de supériorité propre au colonialisme ? Ou alors ont-elles estimé qu’elles étaient tout simplement mieux entre elles ? Ou qu’il était inutile de partager l’Évangile aux occidentaux, considérés comme trop cartésiens et donc fatalement voués à l’enfer ? Sans doute y a-t-il un peu de tout cela. Quelle tristesse ! Christ est l’exemple de chaque chrétien. Comment se fait-il alors qu’ils ne vivent pas ce magnifique verset de Galates 3:28 ? « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car vous êtes tous un en Jésus-Christ ». Nous assistons tous les jours à des injustices dans le monde, à des manifestations de haine et de rancœurs entre personnes. Mais il est bon de se souvenir que nous sommes tous issus de la même poussière et que la vie nous a été insufflé par le même souffle, celui de Dieu. Nous avons tous les mêmes ancêtres dans la chair et ce lien de parenté est renforcé pour nous qui croyons en Christ, car nous avons tous Abraham pour père spirituel. « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute l’étendue de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur habitation » Actes 17:26, « Et si vous êtes de Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, et héritiers selon la promesse » Galates 3:29. Comment peut-on accepter de traiter ainsi nos frères et sœurs dans la chair et dans l’esprit ? Ne nous laissons pas manipuler par ce vent de xénophobie qui souffle. Ne prenons pas pour prétexte le fait que l’étranger soit d’une autre religion pour justifier la méchanceté de notre cœur. Dieu ne fait-il pas pleuvoir sur les justes et sur les injustes (Matthieu 5:45) ? De grâce, épargnons nos assemblées de ces préjugés indignes. Soyons les imitateurs de Christ et allons sans distinction parler aux juifs, aux samaritains et aux païens. « Si, en effet, vous accomplissez la loi royale qui est selon l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. Mais si vous avez égard à l’apparence des personnes, vous commettez un péché, et vous êtes convaincus par la loi comme des transgresseurs » Jacques 2:8-9. Sources : www.toupie.org/Dictionnaire ; www.ceaf.fr ; wilkipedia.fr ; Marianne Hors-série N°10 : L’extrême Droite Une Politique De La Haine ; Europe1

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7 commentaires

  • Kulandaï Rajah   
    20 Juillet 2015 21:41

    Bien aimé en christ Shaloom,

    En effet, très heureux de reprendre contacte, article très bien définis, le partages, il est vrais que dans toute les société,(quoique il y a à nos jour une minorité) est dans toute les couche sociale, les mentalité individuel est groupa-le, reste fort à développer sur tout par rapport à la pensés humaine ou inhumaine qui na plus de force morale est spirituel elle se détruits de sont fort intérieur, il est dommage que chacun(es) n e est se refuse de faire un pas pour un mieux, non pas pour soit mai pour sont frère, sa sœur, quelle-que soit ses origines, devant Dieu nous sommes un . Rajahashamka k .

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  • ZOROBABEL   
    28 Juillet 2015 18:44

    Merci pour cet article plein de vérité,c'est vraiment très attristant de voir ce racisme , ce formatage meme dans le milieu chrétien.Nous suivons tv2vie depuis ses débuts et nous prions afin que nous puissions voir des Français de souche , des frères et soeurs de toutes les nations lors des réunions de réveil.
    Soyez remerciés , encouragés et fortifiés dans le beau nom du Seigneur Jésus

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  • une soeur   
    29 Mai 2016 08:42

    Amen Zorobabel.

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  • une soeur   
    15 Septembre 2016 20:25

    J'ai remarquée depuis cette année:2016. Des drapeaux : français, accrocher aux balcons, porte d entrée des pavillon ,même dans la toute petite ville ou j'habite,il y a deux ans,j'avais pas cela.j'ai même vue un drapeau islamique comme daesh au balcon d un appartement a Évry et c était en 2015! Tas même des drapeaux américains en France! Sa craint?

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  • Almo   
    13 Août 2018 16:40

    A propos de charité, pourriez-vous me dire quelle est la bonne attitude d'un enfant de Dieu face au travail dissimulé appelé aussi travail au noir.Je comprends que par amour du prochain on puisse faire les choses gratuitement mais quand c'est le contraire, c'est plus délicat.Je m'explique si un ami pour me rendre service vient retapisser mon salon et que je lui donne 100 Euros pour le remercier c'est illégal?Si un frère me transporte de Lyon à Paris pour une réunion de réveil et que je participe aux frais d'essence on va pouvoir l'accuser de travail dissimulé,d'exercer la profession de chauffeur de taxi non déclaré?Un service réciproque entre voisins serait toléré bref le sujet est vaste et les chrétiens en général sont génés car ils ne savent pas si ils ont le droit ou pas de donner quelque chose pour remercier la personne.Je vous remercie pour votre réponse, soyez encouragés dans le beau nom du S.J.C.

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    • Les Dokimos   
      13 Août 2018 17:06

      Bonjour,

      Il existe une nette différence entre des services que l'on rend ou dont on profite et un travail dissimulé.
      Donc pour reprendre votre exemple de l'ami qui retapisse votre salon, on peut supposer que ce dernier vous a rendu un service, que c'est ainsi que vous le voyez et que lui le voit. Vous n'avez pas fait de devis, vous ne vous êtes pas entendu sur un prix etc. Donc si vous lui donnez 100 € vous avez librement décidé du montant de la somme, sans négociation préalable avec cet ami. Si vous lui avez donné 100€ c'est parce que vous avez voulu le remercier pour son service et non le rémunérer pour un travail. Vous auriez aussi bien pu l'inviter au restaurant ou lui offrir un cadeau... ou tout simplement lui dire que vous serez aussi disponible pour lui quand il en aura besoin. Donc vous n'êtes pas dans la situation du patron et de son employé.
      Idem pour l'exemple de la voiture. Toute la problématique consiste à savoir quelles sont les intentions et quel type de relation vous avez avec l'autre. En conclusion, si vous êtes motivés par l'amour, le respect d'autrui, le savoir-vivre ne vous torturez pas l'esprit avec ce genre de questions.

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  • Almo   
    14 Août 2018 16:21

    Un grand merci pour cet éclairage plein de bon sens qDvb

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