Les Dokimos



Que signifie « être soumise à son mari » ?

mariage bague au doigt.jpg

« Femmes, soyez soumises à vos maris ». Lorsqu’il est question du mariage et des rapports entre les époux, ce passage des Ecritures est souvent martelé en milieu chrétien, très souvent par des hommes, mais aussi par un certain nombre de femmes. Mais de quel type de soumission est-il question ? Le mariage ne serait-il basé que sur un lien de subordination ?

DÉFINISSONS LA SOUMISSION

« Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur, parce que le mari est la tête de la femme, comme le Mashiah aussi est la tête de l'Assemblée qui est son corps et dont il est le Sauveur. Or de même que l'Assemblée est soumise au Mashiah, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. » Ephésiens 5 :22-24.

« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. » Colossiens 3 :18.

« De même, que les femmes âgées règlent leur extérieur d'une manière convenable à la sainteté. Qu'elles ne soient ni calomniatrices, ni esclaves des excès de vin, mais qu'elles enseignent ce qui est bon, afin qu'elles exhortent sérieusement les jeunes femmes à être modestes, à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants, fléchissant leurs désirs et impulsions, pures, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole d'Elohîm ne soit pas blasphémée. » Tite 2 :3-5.

« Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que si quelques-uns sont rebelles à la parole, ils soient gagnés sans paroles par le moyen de la conduite de leurs femmes. » 1 Pierre 3 :1.

Dans ces passages, le verbe se soumettre vient du verbe grec hupotasso qui signifie :

- disposer sous

- soumettre, mettre en soumission

- se soumettre, obéir à

- se soumettre au contrôle de quelqu’un

- céder à un avertissement ou un conseil

- obéir, être soumis, assujetti

Il est important de noter que les grecs employaient ce terme dans le cadre militaire. Dans ce contexte, son sens est le suivant : placer (des divisions ou des troupes) d’une manière militaire, sous le commandement d’un chef. Ce mot suppose l’attitude volontaire de donner, de coopérer, d’assumer des responsabilités, de porter une charge.

On trouve le verbe hupotasso à de nombreux autres endroits.

« Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera rendue libre de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants d'Elohîm. » Romains 8 :20-21.

Ce passage est intéressant car il évoque deux types de soumissions, celle qui se fait de son propre gré, et celle qui se fait sous la contrainte. Nous y reviendrons ultérieurement.

« Que toute âme se soumette aux autorités qui sont au-dessus d'elle, car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne d'Elohîm et les autorités qui existent ont été instituées par Elohîm. C'est pourquoi celui qui résiste à l'autorité s'oppose à l'ordre d'Elohîm. Et ceux qui s'y opposent attireront la condamnation sur eux-mêmes. Car ce n'est pas pour une bonne action, mais pour une mauvaise, que les magistrats sont à craindre. Or veux-tu ne pas craindre l'autorité ? Fais-le bien et tu recevras d'elle de la louange. Car le magistrat est un serviteur d'Elohîm pour ton bien. » Romains 13 :1-4.

Ici la Parole nous dit que les divers types d’autorité ont été instituées par Elohim et cela avec deux objectifs :

- établir et maintenir l’ordre de Dieu, c’est-à-dire son organisation, sa discipline, en vue d’obtenir l’harmonie.

- pour notre bien. Cet adverbe vient du grec agathos qui veut dire de bonne constitution ou nature, utile, salutaire, bon, agréable, plaisant, joyeux, heureux, excellent, distingué, droit, honorable.

Est-il besoin de préciser que l'impératif de se soumettre à l'autorité n'est valable que dans la mesure où l'autorité est elle-même soumise à Elohim ? Il n'est donc pas question de pécher sous prétexte que l'autorité nous l'a demandé.

« Et après que toutes choses lui auront été assujetties, alors le Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin qu'Elohîm soit tout en tous. » 1 Corinthiens 15 :28.

Le verbe assujettir dans ce passage est également hupotasso. Il est question ici de la soumission du Fils au Père. Dans quel objectif ? L’unité, « afin qu’Elohîm soit tout en tous. »

« De même, vous jeunes gens, soyez soumis aux anciens. Et ayant tous de la soumission les uns pour les autres, revêtez-vous d'humilité ; parce qu'Elohîm résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » 1 Pierre 5 :5.

Dans ce verset il est question de la soumission des plus jeunes envers les plus âgés mais aussi de la soumission que nous devons tous avoir les uns envers les autres.

A la lumière de tous ces passages bibliques nous pouvons donc conclure que la soumission selon le Seigneur a pour but l’ordre, le bien, l’unité et l’humilité. Elle a vocation à s’appliquer à toutes les échelles : dans la société en général, dans l’Eglise et dans le foyer.

Du point de vue biblique, celui qui se soumet coopère de manière volontaire, c’est-à-dire qu’il décide de son propre chef de se mettre sous l’autorité de quelqu’un et cela dans l’intérêt du bien commun. En d’autres termes, celui qui se soumet le fait librement et parce qu’il y trouve un avantage, un intérêt.

Notons que selon Romains 8 :20-21 la soumission contrainte est l’œuvre de Satan et qu’elle est associée à l’esclavage. Or le Seigneur nous a créés libres et lorsque l’être humain est devenu esclave du diable à cause de sa désobéissance, il nous a rachetés au prix de son sang. Cela devrait nous faire réfléchir…

Il aurait été aisé pour YHWH de faire de nous des robots programmés pour lui obéir, mais il ne l’a pas fait. Pourquoi à votre avis ? Et bien tout simplement parce que Elohim est amour, et il désire que nous l’aimions de la même manière qu’il nous aime. Or l’amour ne se construit ni sur la terreur ni sur la dictature. Voilà pourquoi il est dit : « Il n'y a pas de peur dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la peur, car la peur implique un châtiment. Et celui qui a peur n'est pas parfait dans l'amour. Nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. » (1 Jean 4 :18-19). Ainsi, le leadership tout comme la soumission doivent avoir pour fondement et pour moteur l’amour si l’on veut des sociétés et des foyers épanouis.

PENDANT QUE LA FEMME SE SOUMET, QUE FAIT LE MARI ?

Que ce soit pour les écrits bibliques ou ceux issus de n’importe quel livre, on peut faire dire à un texte tout et n’importe quoi en isolant quelques mots de la totalité de la phrase, en ne tenant pas compte du sujet traité dans le paragraphe, ni du contexte dans lequel les propos ont été tenus.

Les auteurs bibliques ne procèdent heureusement pas de cette manière et se montrent très justes et équilibrés. En effet, à chaque fois qu’il a été question de donner des recommandations aux épouses, les époux n’ont pas été oubliés. Et cela est tout à fait normal puisqu’il est question du mariage. Car le mariage n’implique pas seulement une personne mais deux ; sa réussite dépend par conséquent aussi bien du comportement de l’homme que celui de la femme. Il est donc très malhonnête de faire croire, comme je l’ai souvent vu, que la réussite d’un ménage dépend quasi exclusivement de la soumission de la femme envers son mari.

Ainsi, si nous poursuivons la lecture au-delà d’Ephésiens 5 :24, de Colossiens 3 :18, de Tite 2 :5, et de 1 Pierre 3 :1, on trouve les recommandations faites aux maris. Voyons donc ce que Elohim attend d’eux.

« Et vous maris, aimez vos femmes, comme le Mashiah a aimé l'Assemblée, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par le bain d'eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Assemblée glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même, car personne n'a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend particulièrement soin, comme le Seigneur le fait pour l'Assemblée, parce que nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et se joindra à sa femme, et les deux ne seront qu'une seule chair. » Ephésiens 5 :25-31.

Les maris doivent aimer leurs femmes comme Christ a aimé l’Eglise. L’apôtre Paul précise ensuite de quelle manière le Seigneur a manifesté son amour :

- Il s’est livré pour l’Eglise. L’amour de Christ s’est manifesté par un sacrifice. Et rappelons-nous qu’il est mort pour des pécheurs et non pour des hommes et des femmes irréprochables (Romains 5 :8). Avant de demander notre obéissance, Christ s’est humilié jusqu’à la mort à la croix (Philippiens 2 :8). Ayant posé cet acte, il nous a largement prouvé son amour et il est donc légitime pour demander notre soumission. Combien de maris exigent la soumission de leurs épouses alors qu’ils se refusent le moindre sacrifice pour elles ? Et on ne parle pas ici de subir une crucifixion mais de choses beaucoup plus simples comme leur accorder du temps, participer aux taches ménagères, s’occuper des enfants …

- Il a sanctifié et purifié l’Eglise par le bain de la parole. L’enseignement de Christ ôte les taches et les rides et rend l’Eglise glorieuse. De même, une femme au contact d’un bon mari devrait rayonner. Or on constate qu’un certain nombre ont fané.

Les maris doivent aussi aimer leurs épouses comme leurs propres corps, ce qui suppose de nourrir sa femme et d’en prendre particulièrement soin. Cela revient donc à mettre en pratique cette parole du Seigneur : « Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la torah et les prophètes. » (Matthieu 7 :12).

L’apôtre Paul conclut en disant : « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et se joindra à sa femme, et les deux ne seront qu'une seule chair. » Nous avons donc ici la finalité qui doit être visée, à savoir vivre ce que YHWH a prévu pour le mariage au commencement, avant la chute.

« Maris, aimez vos femmes et ne soyez pas amers contre elles. » Colossiens 3 :19.

L’amour est le contraire de l’amertume ; les Ecritures encouragent les époux à aimer leurs épouses même si celles-ci leur donnent des raisons d’être amers. Cela vous semble exagéré ? C’est pourtant de cette manière que le Seigneur agit envers nous.

« Exhorte aussi les jeunes hommes à être modérés, te montrant toi-même en toutes choses un exemple de bonnes œuvres, par une doctrine incorruptible, par la pureté et la sainteté, par une parole saine, qui ne peut être censurée, afin que celui qui vous contredit soit confondu, n'ayant aucun mal à dire de vous. » Tite 2 :6-8.

Le témoignage, l’exemple que l’on donne est bien plus important que les discours que l’on tient. Ainsi, s’il est vrai qu’une femme croyante peut gagner son mari rebelle par un bon comportement (1 Pierre 3 :1), l’inverse est aussi vrai : une épouse rebelle peut être gagnée par le comportement exemplaire de son mari croyant. Dans tous les cas, on ne corrige pas un mauvais comportement par un mauvais comportement. Par conséquent, les hommes qui attendent de leurs épouses une soumission semblable à celle que Sarah avait envers Abraham, doivent avoir le comportement de… Abraham.

« Vous de même, maris, montrez de la compréhension dans vos relations avec vos femmes, comme avec un vase plus fragile, c'est-à-dire féminin ; les traitant avec honneur comme étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie, afin que vos prières ne soient pas interrompues. » 1 Pierre 3 :7.

L’apôtre Pierre encourage les hommes à tenir compte de la fragilité de leurs épouses. Et notez bien qu’il demande de les traiter avec honneur bien qu’étant conscients de cette fragilité.

« Mais maintenant Elohîm a placé chaque membre dans le corps comme il a voulu. Et si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? Mais maintenant, il y a en effet beaucoup de membres et un seul corps. Et l'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi. Ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous. Mais bien au contraire, les membres du corps qui semblent être les plus faibles sont nécessaires. Et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les couvrons d'un plus grand honneur, et ce que nous avons de malséant, obtient plus de bienséance, et ce que nous avons d'honorable n'en a besoin. Mais Elohîm a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un soin mutuel les uns des autres. Et si un des membres souffre de quoi que ce soit, tous les autres membres souffrent avec lui. Si l'un des membres est honoré, tous les autres ensemble se réjouissent avec lui. Et vous êtes le corps du Mashiah, et vous êtes chacun l'un de ses membres. » 1 Corinthiens 12 :18-27.

Nous savons que l’homme et la femme deviennent une seule chair, ou un seul corps, dans le mariage. Nous savons aussi que le mariage symbolise le mystère de Christ et de l’Eglise (Ephésiens 5 :32). Ainsi, ce qu’enseigne l’apôtre Paul dans ce passage peut largement s’appliquer dans le cadre du mariage.

Nul membre du Corps ne peut dire à un autre membre « je n’ai pas besoin de toi ». De même, le mari ne peut pas dire à sa femme « je n’ai pas besoin de toi. ». Et dans les faits on constate que nul être humain sur terre n’est tout-puissant et auto-suffisant pour permettre de dire à qui que ce soit « je n’ai pas besoin de toi. » Où serait la gloire d’un roi s’il n’avait pas des sujets ? Où serait la gloire d’un commandant sans son armée ? Où serait la gloire d’un patron sans ses ouvriers ? De même, la gloire de l’homme vient de sa femme (1 Corinthiens 11 :7). Lui manquer de respect revient à la déshonorer. Et déshonorer sa femme revient à se déshonorer soi-même. L’inverse est aussi vrai : déshonorer son mari, revient à se déshonorer soi-même.

Notez bien ce que dit la Bible : « Mais Elohîm a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un soin mutuel les uns des autres. Et si un des membres souffre de quoi que ce soit, tous les autres membres souffrent avec lui. Si l'un des membres est honoré, tous les autres ensemble se réjouissent avec lui. » 1 Corinthiens 12 :24-26.

Nous comprenons dès lors que le bonheur du couple dépend des soins mutuels que se prodiguent les époux. Si le mari souffre et que la femme l’ignore, ce sera très difficile pour lui de l’aimer. De même si la femme souffre et que le mari l’ignore, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle se soumette à lui facilement.

Voilà pour ce qui est du modèle biblique du mariage. Mais la vraie question est : voulons-nous réellement de ce modèle ?

DE QUEL TYPE DE MARIAGE VOULEZ-VOUS ?

Pourquoi la Bible demande-t-elle à la femme de se soumettre à son mari et au mari d’aimer sa femme ? Pourquoi Elohim ne demande-t-il pas aux époux de s’aimer et de se soumettre l’un à l’autre mutuellement ?

Dans le livre de la Genèse on trouve deux modèles de mariage : le modèle divin et le modèle humain qui va s’esquisser après la chute de l’homme.

« Elohîm créa l'être humain à son image, il le créa à l'image d'Elohîm, il les créa mâle et femelle. Elohîm les bénit, et Elohîm leur dit : Portez du fruit, multipliez-vous, remplissez la Terre et assujettissez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur toute bête qui rampe sur la terre. » Genèse 1 :27-28.

« Et YHWH Elohîm dit : Il n'est pas bon que l'être humain soit seul. Je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis. […] YHWH Elohîm fit tomber un profond sommeil sur l'être humain, qui s'endormit. Il prit l'un de ses côtés, et referma la chair à la place de ce côté. YHWH Elohîm bâtit une femme du côté qu'il avait pris de l'être humain, et il l'amena vers l'être humain. Alors l'être humain dit : Celle-ci pour le coup est l'os de mes os et la chair de ma chair. On l'appellera femme parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et se joindra à sa femme, et ils deviendront une seule chair. L'être humain et sa femme étaient tous les deux nus, et ils n'en avaient pas honte. » Genèse 2 :18,21-25.

Initialement le Seigneur avait prévu que l’homme et la femme deviennent une seule chair, qu’ils se multiplient et qu’ils dominent ensemble sur la création.

Lorsque Eve a été présentée à Adam, celui-ci l’a tout de suite reconnue comme étant une partie de lui-même, c’est-à-dire comme son égale, et non comme sa subordonnée. D’ailleurs YHWH n’a donné à ce moment-là aucune recommandation en rapport avec la soumission de la femme envers son mari. On peut donc se demander à quoi pouvait bien servir Eve. A faire le ménage et à manger ? Non, l’Eden était un jardin paradisiaque où il n’y avait aucune impureté, et ils n’avaient qu’à tendre le bras pour cueillir les fruits dont ils se nourrissaient. La réponse est simple : la femme était là pour parfaire le bonheur de l’homme (Proverbes 28 :22).

Même si Eve a été tirée du côté d’Adam, le plan de YHWH pour elle était qu’elle soit son vis-à-vis, c’est-à-dire quelqu’un qui se tient en face de lui. Ni au-dessus, ni en dessous, mais en face. Or que peuvent faire un homme et une femme qui se trouvent face à face ? Un tas de choses : se regarder, rire, discuter, coopérer, se toucher, s’embrasser, faire l’amour… Et c’est certainement ce qu’il s’est passé entre Adam et son épouse.

Seulement voilà, leurs rapports ont pris une toute autre tournure après la chute.

« Et il dit à la femme : J'augmenterai, j'augmenterai la douleur de tes grossesses. Tu enfanteras dans la douleur tes enfants. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. » Genèse 3 :16.

Dans ce verset il est question des conséquences que devra subir la femme à cause de son péché. La plupart du temps les gens retiennent l’enfantement dans la douleur comme étant le principal malheur de la gente féminine. Or toute femme vous dira que même si la grossesse et l’accouchement sont pénibles, la douleur ne surpasse pas le bonheur que l’on ressent quand on met un enfant au monde. La preuve en est que des millions de femmes continuent à vouloir faire des enfants tout en sachant qu’elles devront souffrir pour cela. Et puis que dire de la péridurale qui semble annuler complètement ces paroles ? En tant que mère, je peux vous dire que les douleurs de l’enfantement ne cessent pas à l’accouchement et elles ne débutent pas non-plus à ce moment-là. Elles commencent pendant la grossesse et perdurent toute la vie à cause de tous les soucis que nous pouvons nous faire pour nos enfants.

Quoiqu’il en soit, peu de personnes relèvent la deuxième partie de ce verset : « Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. » De quoi est-il question ici ? Et bien de la souillure du péché qui a perverti les rapports entre les hommes et les femmes.

Le mot désir dans ce passage vient du terme hébreu teshuwqah qui veut dire :

- désir, désir ardent

- besoin impérieux d’un homme pour une femme ou d’une femme pour un homme

- désir d’une bête de dévorer.

Il y a donc derrière ce terme l’idée d’une passion charnelle dévorante. Ce sentiment peut être perçu par la femme comme étant de l’amour, mais il n’en est rien. Dans les faits, ce désir se traduit par un tas de comportements que les femmes adoptent pour attirer l’attention des hommes mais qui au final les déshonore et leur cause du tort. En effet, que ne ferait pas une femme pour plaire à un homme ? Déjà elle s’est persuadée qu’il fallait souffrir pour être belle. Elle inflige à son corps toutes sortes d’actes absurdes, douloureux et même dangereux : dépendance au maquillage, vêtements inconfortables, régimes draconiens, épilations intégrales, chirurgie esthétique, décapage de la peau etc. Beaucoup sont obsédées par leur apparence physique et développent un certain nombre de troubles liées à une mauvaise perception d’elles-mêmes. Ce mauvais désir pousse également les femmes à se donner facilement à des hommes qui n’ont ni amour ni respect pour elles et qui vont tout simplement abuser d’elles.

A ce dévouement absolu et inconsidéré, l’homme y répond par la violence. Il domine sur la femme. Le verbe hébreu qui a été traduit par dominer est mashal ; il signifie :

- gouverner

- avoir la domination, l’autorité

- régner

Effectivement, cela se vérifie aisément dans les faits depuis la nuit des temps. L’homme domine sur la femme et lui impose son autorité par la violence. Partout sur la terre la condition féminine est peu enviable. C’est elle qui subit massivement les viols, les mariages forcés, les rapts, les violences conjugales, les crimes d’honneur, les avortements sélectifs des fœtus féminins, l’esclavage sexuel, la privation de liberté, la négation des droits civiques, les discriminations sexistes, le harcèlement sexuel, les inégalités salariales etc. Bref, globalement l’homme montre trop souvent le visage du bourreau plutôt que celui de l’amoureux. C’est peut-être ce qui explique pourquoi l’apôtre Paul estimait qu’il était plus avantageux pour les jeunes femmes de rester célibataires d’où cette fameuse phrase : « celui qui la marie [sa fille] fait bien, mais celui qui ne la marie pas fait mieux. » (1 Corinthiens 7 :38). La femme paye donc bien plus lourdement qu’on ne le pense les conséquences du péché originel.

Toujours est-il que ces violences misogynes ont suscité un vent de révolte parmi un certain nombre de femmes occidentalisées, d’où la naissance des mouvement féministes. Ainsi, si des femmes se montrent rebelles à leurs maris ce n’est pas parce qu’elles ont hérité d’un penchant jézabélique de leur ancêtre comme certains l’affirment, mais parce qu’elles ne veulent pas subir ce que leurs grand-mères et leurs mères ont subi. La rébellion de ces femmes est donc une conséquence de la violence des hommes et non une tendance innée. Bien au contraire, la tendance naturelle de la femme, qu’elle soit croyante ou non, la pousse plutôt à aller vers l’homme et non à le rejeter.

Avant la chute, le Seigneur n’avait pas besoin de dire à Adam d’aimer sa femme, ni à Eve de se soumettre à son mari ; cette question ne se posait pas car ils ne faisaient qu’un. Et quand bien même il aurait été question de soumission, ils ne l’auraient pas perçu comme une contrainte ou une humiliation, mais plutôt comme une coopération normale.

Entre temps le péché est passé par-là, voilà pourquoi le Seigneur en est venu à demander à l’homme d’aimer sa femme, et donc de cesser de dominer sur elle. En effet, puisque la violence de l’homme a provoqué la rébellion de la femme, l’amour de l’homme provoquera la soumission de cette dernière.

Quant à la femme, le Seigneur lui demande de se soumettre volontairement à son mari, de lui faire confiance, et de cesser de s’appuyer sur des artifices pour retenir son attention.

« Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que si quelques-uns sont rebelles à la parole, ils soient gagnés sans paroles par le moyen de la conduite de leurs femmes, lorsqu'ils verront la pureté de votre conduite, accompagnée de crainte. Que votre parure ne soit pas celle de l'extérieur, qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or ou la magnificence des habits, mais que votre parure consiste dans l'être caché dans le cœur, l'incorruptibilité d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Elohîm. » 1 Pierre 3 :1-4.

De toute évidence, un certain nombre d’hommes chrétiens estiment que puisque la Bible demande aux épouses de se soumettre à leurs maris, cela leur donne le droit de dominer sur elles. Si tel était le cas, il faudrait résoudre cette problématique : comment fait-on pour dominer sur sa femme tout en l’aimant comme Christ a aimé son Eglise ?

J’ai pu observer que la question de la soumission de la femme confine chez certains à l’obsession. Ce constat soulève plusieurs questions : Que se passe-t-il dans leur couple pour que ce sujet les préoccupe à ce point ? Et s’ils sont célibataires, comment envisagent-ils leur futur mariage ? Qu’attendent-ils d’une femme ? Qu’elle s’occupe des taches ménagères, qu’elle n’ouvre la bouche que pour leur dire « oui » et qu’elles ne les contredisent jamais, même s’ils sont en tort ? Ce type de relation n’a rien à voir avec le mariage mais avec l’esclavage. Toutefois attention, parce que même dans ce cas-là la Bible n’autorise pas un maître à se comporter n’importe comment avec son esclave.

« Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Mashiah, ne les servant pas seulement sous leurs yeux, comme cherchant à plaire aux hommes, mais comme esclaves du Mashiah, faisant de toute votre âme la volonté d'Elohîm, servant avec bonté, comme servant le Seigneur et non pas les humains, sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu'il aura fait de bon. Et vous maîtres, faites envers eux la même chose et renoncez aux menaces, sachant que leur Seigneur et le vôtre est dans les cieux et qu'auprès de lui il n'y a pas d'égard à l'apparence des personnes. » Ephésiens 6 :5-9.

Quant aux femmes qui profitent de la douceur de leurs maris pour leur manquer de respect, souvenez-vous qu’il ne faut pas que la grâce du Seigneur et la liberté dont vous jouissez devienne un prétexte pour vivre selon la chair (Galates 5 :13). La rébellion n’est pas un fruit de l’Esprit, c’est pourquoi ceux et celles qui s’y adonnent subiront de lourdes conséquences. Si vous avez la chance d’avoir des maris aimants, honorez-les doublement. Soyez une couronne sur leur tête et non une carie dans leurs os.

Adèle.

3 commentaires
3 commentaires

Laisse un commentaire

Your email address will not be visible.

  Avertissez-moi des commentaires suivants

3 commentaires

  • Seb   
    30 Décembre 2019 12:42

    Article édifiant.

    Répondre
  • Ruth T   
    11 Janvier 2020 15:01

    Merci pour cet article !
    C'est bien pour cela que je laisse le Seigneur me façonner et me donner mon futur mari !
    Se soumettre oui, mais SELON LE SEIGNEUR, et non pas selon un homme qui interprète la Parole à sa sauce.
    Je sais très bien que tous les hommes ne sont pas des tortionnaires, et heureusement ! mais même en étant mariés dans le Seigneur, on a des tribulations, alors autant que cela se passe avec son VRAI mari ou sa VRAIE femme.
    Plutôt que de se choisir un époux/se qui s'avérera peut-être imbibé/e de défauts mondains (macho, méprisant sa femme, ou bien une femme acariâtre, agissant de même etc...) avec, à la fin, une forte envie de se séparer, ce que Dieu ne permet pas.
    De toute façon, un mari qui est réellement un disciple de Yéhoshoua inspire naturellement l'amour et l'envie de le suivre.

    Répondre
  • Sarah   
    6 Janvier 2020 01:28

    C'est un sujet d'actualité qui me tient à cœur et dont il faut parler ! Avec la montée des féminismes et de leurs dérives, on ressent de plus en plus la rébellion des humains face à l'ordre établi par Elohim. Les plans de bonheur que le créateur a prévu pour nous, si on marche dans ses voies, sont remplacés par un chaos sans noms où les familles sont brisées et les couples anéantis à cause de notre dureté de cœur.
    Que Yahweh nous aide.

    Répondre