Les Dokimos



En Suisse, le suicide assisté se développe

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David Goodall, un Australien de 104 ans, est mort jeudi 10 mai dans le cadre d’un suicide assisté en Suisse. Ce pays ne réserve pas une telle possibilité aux malades incurables mais aussi à ceux qui souffrent « d’invalidités importantes » et de « souffrances insupportables ».

Un scientifique australien de 104 ans s’est donné la mort jeudi 10 mai en Suisse. Il était arrivé quelques jours auparavant dans ce pays pour bénéficier de la possibilité inscrite dans la loi de pratiquer un suicide.

C’est la Fondation Exit, l’une des associations chargées, dans ce pays, d’aider ceux qui souhaitent se suicider, qui a confirmé la mort de David Goodall. L’homme, dont le cas a été très médiatisé, ne souffrait d’aucune pathologie en phase terminale, mais estimait que sa qualité de vie n’était plus satisfaisante. « Je ne veux plus continuer à vivre », avait-il affirmé.

En Suisse, le Code pénal autorise l’assistance, médicale ou non médicale, au suicide en l’absence de « mobile égoïste ». Dans les faits cette autorisation du suicide assisté est mise en pratique par cinq associations, et non par les médecins. Quant aux personnes qui demandent à se suicider, la loi n’exige pas qu’elles soient forcément atteintes par une maladie en phase terminale.

Acception très large de la souffrance

Sur le terrain, les associations ont souvent une interprétation très extensive des personnes à qui la loi pourrait s’appliquer. Dans un colloque organisé fin octobre à Paris par Jean-Louis Touraine, député LREM parmi les plus actif en faveur de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, le président d’Exit, le docteur Jérôme Sobel expliquait que son association étudiait les demandes de personnes atteintes d’une « maladie incurable », mais aussi de celles souffrant « d’invalidités importantes » et de « souffrances insupportables ».

Parmi les souffrances physiques, il citait plusieurs éléments possibles, révélant une acception très large de la souffrance : « Il peut s’agir de la fatigue, la détresse respiratoire, la nausée, la sensation de soif et de faim, les cystites, les constipations, les escarres, le prurit et les douleurs. »

« Déshonneur, humiliation, solitude »

En ce qui concerne les « souffrances psychologiques », il évoquait des critères extrêmement variés : « accentuation de la dépendance, dégradation de l’image de soi, perte d’identité, déshonneur, humiliation, anxiété face à l’agonie ou à l’activisme médical, solitude et chagrin ». « Nous évaluons la capacité de discernement des personnes par le biais d’un questionnaire », précisait Jérôme Sobel.

Lors d’un suicide assisté, les autorités suisses ouvrent systématiquement une instruction judiciaire destinée à vérifier si la personne qui s’est donné la mort a été aidée par quelqu’un motivé par un « motif égoïste » ou non. « Le non-lieu est systématique », expliquait le docteur Sobel, en parlant des cas des personnes recourant aux services de son association. Lire la suite.

Lien : http://www.lesdokimos.org

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