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Home Enseignements Célibataire et béni(e) ? Oui, ça existe !

Il y a quelques jours, des milliers de couples à travers le monde ont fêté la Saint-Valentin. Beaucoup attendaient avec fébrilité ce 14 février en espérant recevoir de la part de leurs conjoints un cadeau comme preuve d’amour. Et qu’importe si l’amour ne dure pas pour toujours, pourvu que l’on ne soit pas seul ce jour-là. Voilà pourquoi, à l’approche de cette date fatidique, certains se mettent en quête d’un partenaire et entament une relation tout en sachant pertinemment qu’elle est vouée à l’échec. Car à défaut de faire le bonheur des gens, cette fête fait surtout le bonheur des commerçants qui, à coup de matraquage publicitaire, ont réussi à insuffler un sentiment de malaise, voire de honte, aux célibataires. Et oui, ils doivent écouler leurs stocks de fleurs, de chocolats, de parfums, de lingerie, d’objets coquins… Le temps c’est de l’argent. Et la Saint-Valentin, tout comme Noël et Pâques, sont des temps particulièrement propices pour renflouer les caisses. Si seulement le marketing élaboré autour de cet événement contribuait à encourager l’union d’un homme et d’une femme dans une relation saine et sérieuse, selon la volonté de Dieu. Car le mariage est une institution divine, et donc le couple qui s’unit selon le Seigneur est béni. Or ce que le monde nous vend c’est la séduction, l’assouvissement de ses appétits charnels sans retenue. Le sexe est devenu un argument marketing pour vendre tout et n’importe quoi : de la nourriture, de l’électroménager, des automobiles… C’est ainsi que de nos jours être célibataire, ou pire encore, être vierge, est devenu une tare aux yeux du monde. Et donc pour ne pas être perçu comme tel, beaucoup bradent leur virginité, tandis que d’autres enchainement les histoires sans lendemain ou se meurent dans des relations qui les tuent à petit feu. Chez les chrétiens (exception faite des catholiques), il est aussi de bon ton d’être en couple, car le célibat est souvent perçu comme une malédiction. Ainsi, se marier c’est aussi une façon de prouver que l’on est approuvé par Dieu. Mais est-ce vraiment ce qu’enseignent les Écritures ? Sommes-nous tous appelés à nous marier ?

LES MAUVAISES COMPAGNIES CORROMPENT LES BONNES MOEURS

Oui, le mariage peut être un moyen par lequel le Seigneur passera pour sauver l’un des conjoints. On constate d’ailleurs assez fréquemment ce cas de figure.

« Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le mari […] Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? » 1 Corinthiens 7 :14 ;16.

« Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que si quelques-uns n’obéissent pas à la parole, ils soient gagnés sans paroles par la conduite de leurs femmes. » 1 Pierre 3 :1.

Toutefois, ce serait une grave erreur de croire que le mariage est un moyen infaillible pour convertir un païen. En effet, « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Corinthiens 15 :33). A l’inverse, le mariage peut aussi être un moyen de paganiser le chrétien. Donc à ceux qui estiment qu’ « Il vaut mieux se marier que de brûler » (1 Corinthiens 7 :9), sachez que l’on peut aussi brûler parce que l’on s’est marié.

Cet avertissement de Paul concernant les mauvaises compagnies vaut pour le choix de nos amis et de nos collaborateurs, mais il le vaut bien plus encore pour le choix des conjoints. Car si l’on peut facilement couper les ponts avec des amis, et même des membres de nos familles (Abraham et Lot), il en va tout autrement pour ce qui est du mari ou de la femme. On ne le répétera jamais assez, il faut bien réfléchir et prendre le temps de consulter Dieu avant de se marier de peur que cette union ne se transforme en un piège qui peut s’avérer fatal.

DES TRIBULATIONS DANS LA CHAIR

« Si tu te maries, tu ne pèches pas ; et si la vierge se marie, elle ne pèche pas aussi ; mais ceux qui sont mariés auront des tribulations dans la chair ; or je voudrais les épargner. » 1 Corinthiens 7 :28.

L’apôtre Paul avertit ici que ceux qui sont mariés auront des tribulations (littéralement des pressions, oppressions, détresses) dans la chair. De quoi peut-il s’agir au juste ?

Si vous êtes une personne dépendante au sexe, sachez que le fait de vous marier ne réglera en rien le problème. Certes, dans un premier temps, vous apprécierez de vous trouver dans un cadre légal devant Dieu pour avoir des relations sexuelles. Mais très vite deux réalités surgiront : la chair qui est une éternelle insatisfaite, et le diable qui multipliera les stratagèmes pour vous pousser à l’adultère.

Prenons l’exemple de Samson et de Salomon. Nous sommes d’accord pour dire que ces hommes avaient un grand appel sur leur vie et qu’ils étaient oints de manière particulière. Tous deux étaient mariés, et l’on peut raisonnablement supposer qu’ils n’avaient pas épousé des mochetés. Et pourtant le mariage ne les a pas empêchés de commettre l’adultère et de dévier très gravement. La question de l’incontinence sexuelle doit donc être réglée avant le mariage en cherchant auprès du Seigneur à développer un fruit de l’Esprit qui est la maitrise de soi (Galates 5 :22).

Toutefois, les tribulations dans la chair évoquées par Paul dans ce passage ne sont pas forcément et seulement de cet ordre-là, loin s’en faut.

« Car puisqu’il y a parmi vous de la jalousie, des disputes, et des divisions, n’êtes-vous pas charnels, et ne vous conduisez-vous pas à la manière des hommes ? » 1 Corinthiens 3 :3.

« Car les œuvres de la chair sont évidentes : ce sont l’adultère, la fornication, l’impureté, l’impudicité, l’idolâtrie, la sorcellerie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, les envies, les meurtres, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables à celles-là, au sujet desquelles je vous prédis, comme je vous l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront pas le Royaume de Dieu. » Galates 5 :19-21.

Voilà donc les tribulations que Paul souhaitait nous éviter car hélas, ces œuvres de la chair empoisonnent de très nombreux ménages. A l’instar de l’insensé Nabal (1 Samuel 25), un mauvais mari ou une mauvaise femme peut attirer la ruine et la destruction sur l’ensemble du foyer. Un mariage raté est donc semblable à une maison divisée contre elle-même  et qui dans sa ruine emporte avec elle les grâces les plus précieuses : la paix, la joie, la santé, le salut.

Voilà pourquoi l’auteur de ce proverbe a dit : « Il vaut mieux habiter au coin d’un toit, que dans une maison spacieuse avec une femme querelleuse » (Proverbes 21 :9). Ça sent le traumatisme conjugal…

SOUCIS DU SIÈCLE PRÉSENT ET DISTRACTION

« Pour ce qui concerne les vierges, je n’ai pas de commandement du Seigneur, mais je donne un avis comme ayant obtenu miséricorde du Seigneur pour être fidèle. J’estime donc que cela est bon, à cause des difficultés présentes, qu’il est bon à un homme d’être ainsi. » 1 Corinthiens 7 :25-26.

Je sais que ce passage est quelque peu indigeste pour beaucoup d’entre nous. Mais rassurez-vous, Paul n’était pas un austère ultra rigoriste qui avait en horreur le mariage, ou pire encore : qui détestait les femmes. Il n’est pas non-plus le précurseur du célibat qu’impose le catholicisme à ses prêtres.

Oui, Paul explique qu’il vaut mieux rester célibataire  « à cause des difficultés présentes ». Ces difficultés peuvent être « les tribulations dans la chair » évoquées plus haut, mais aussi  des persécutions. En effet, dans ce cas-là, il vaut mieux être seul qu’avoir à se préoccuper du sort d’une famille. C’est pourquoi Jésus, évoquant la grande tribulation qui attendait les juifs, a dit: « Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande calamité sur le pays, et une grande colère contre ce peuple » (Luc 21 :23). « Mais Jésus se tourna vers elles, leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes, et sur vos enfants.  Car voici, des jours viendront où l’on dira : Heureuses les stériles, les entrailles qui n’ont pas enfanté, et les mamelles qui n’ont pas allaité ! » Luc 23:28-29.

Des apôtres tels que Pierre ou Jean, estimaient qu’ils vivaient déjà « la dernière heure » et que plusieurs antichrists étaient déjà dans le monde (1 Jean 2 :18).

Et Paul de son côté les a décrits en ces termes : « Or sache ceci, que dans les derniers jours il surviendra des temps difficiles. Car les hommes seront idolâtres d’eux-mêmes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, sans affection naturelle, sans fidélité, calomniateurs, intempérants, cruels, haïssant les gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais en ayant renié la force. Eloigne-toi donc de telles gens. » (2 Timothée 3 :1-5).

Nous avons tous eu à faire à au moins l’un de ces profils et  nous sommes tous d’accord pour dire qu’en ce moment ils prolifèrent, n’est-ce pas ? Et bien imaginez à quoi peut ressembler votre vie maritale si vous épousez quelqu’un qui cumule seulement trois défauts de cette liste : idolâtre de lui-même, ingrat et sans affection ou calomniateur, traître et cruel…

Toutefois, pour rester équilibré, je vous rassure, vous pouvez aussi tomber sur la perle rare qui vous fera vivre une rêve éveillé. Mais là encore, Paul évoque un autre piège que le  mariage  peut vous tendre : la distraction.

 « Or je voudrais que vous soyez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié s’occupe des choses du Seigneur, et de la manière dont il plaira au Seigneur. Mais celui qui est marié s’occupe des choses de ce monde, de la manière dont il plaira à sa femme, et ainsi il est divisé. Il y a de même une différence entre la femme mariée et la vierge : Celle qui n’est pas mariée a soin des choses qui sont du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; mais celle qui est mariée a soin des choses qui sont du monde, comment elle plaira à son mari. Or je dis cela ayant égard à ce qui vous est utile, non pas pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est bienséant et propre à vous unir au Seigneur sans aucune distraction. » 1 Corinthiens 7 :32-35.

Paul met donc en garde contre les sentiments normaux et légitimes que nous pouvons avoir pour nos conjoints mais qui peuvent s’immiscer entre nous et le Seigneur de sorte que notre cœur devient « divisé ». Or Jésus désire et exige tout notre cœur, toute notre âme, toute notre attention, toute notre pensée. Bien entendu, un tel niveau de consécration est beaucoup plus difficile lorsque l’on est marié avec des enfants.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » Matthieu 10 :37.

Le mariage, qu’il soit heureux ou non, fait partie des soucis liés au siècle présent puisque, comme l’a précisé Jésus, au ciel les hommes ne prendront pas de femmes et les femmes ne prendront pas d’hommes (Marc 12 :25). La vie maritale et familiale peut donc être une source de distraction qui nous rend moins disponibles pour Dieu, et qui dit moins disponibles dit aussi moins à l’écoute de ses avertissements.

« Ce qui arriva aux jours de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l’homme. On mangeait et on buvait, on prenait et on donnait des femmes en mariage jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; le déluge vint, et les fit tous périr. Il arriva aussi la même chose aux jours de Lot : On mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait et on bâtissait. Mais le jour où Lot sortit de Sodome, une pluie de feu et de soufre tomba du ciel, et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme sera révélé. » Luc 17 :26-30.

Notez bien que Jésus n’évoque pas ici des péchés abominables mais décrit simplement le quotidien de Monsieur et Madame tout le monde…

LE CÉLIBAT ? ET POURQUOI PAS ?

« Car il y a des eunuques qui sont ainsi nés dès le ventre de leur mère ; et il y a des eunuques qui ont été faits eunuques par les hommes ; et il y a des eunuques qui se sont faits eux-mêmes eunuques pour le Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre ceci le comprenne ! » Matthieu 19 :12.

Dans l’imaginaire collectif, l’eunuque est forcément un homme à qui l’on a imposé le célibat de manière brutale et qui subit cette situation. Or ce n’est pas ce que nous enseigne le Seigneur.

Les eunuques faits par les hommes

Étymologiquement, le mot eunuque est composé de deux termes grecs : eunê, qui veut dire « lit » ; et ekhô qui signifie « garder ». Un eunuque est donc un « gardien du lit » et désigne  à l’origine l’intendant du harem des monarques orientaux. Ces hommes étaient souvent émasculés, c’est-à-dire qu’ils avaient subi une ablation des testicules, et parfois celle du pénis. La raison d’un tel acte est évidente : éviter que les femmes et les concubines du roi aient une liaison avec l’esclave qui les surveillait. Or on sait maintenant que le fait d’être castré n’empêche que la procréation, mais en aucun cas les sentiments amoureux et les rapports sexuels dans la mesure où ceux-ci ne sauraient être limités  uniquement à la pénétration. Il est donc fort à parier que ces rois étaient bel et bien cocus à la suite de relations entre femmes et eunuques, et  sans nul doute aussi lors des relations entre femmes. Et oui, enfermées entre elles à longueur de journée… Ces choses sont aussi arrivées, et arrivent encore, chez les séminaristes et chez les nonnes recluses dans les couvents.

En Chine, la castration fut à une époque utilisée comme punition puis comme moyen d’ascension sociale puisque seuls les eunuques pouvaient travailler au palais du roi. Les Grecs et les Romains quant à eux s’imposaient cet acte pour des motifs religieux, notamment dans le cadre du culte à la déesse Cybèle. Cela n’est pas sans nous rappeler le célibat des prêtres catholiques, Cybèle étant remplacée par la vierge Marie. Rien de nouveau sous le soleil…

Dans l’Europe catholique, surtout entre le XVème et XIXème siècle, on castrait les jeunes garçons pour conserver leur voix juvénile afin qu’ils puissent chanter dans les églises, puisque les femmes n’avaient pas ce droit.

Ces cas de figure désignent ceux qui « ont été faits eunuques par les hommes », car comme on a pu le constater, l’acte a été posé par des hommes et pour des motifs purement terrestres.  Or comme la plupart des choses qui ont un fondement charnel, les dérives et les abominations ne sont jamais loin.

Lire notre article : Célibat imposé : quand l’abstinence produit l’impureté

Ceux qui naissent eunuques

Remarquez que Jésus commence par parler « des eunuques qui sont ainsi nés dès le ventre de leur mère », comme pour souligner que c’est normal. Qui sont ces gens ? Et bien ce ne sont pas des extraterrestres mais simplement des hommes et des femmes qui resteront célibataires toute leur vie. Il n’est pas question ici des coureurs invétérés et des femmes volages qui aiment multiplier les conquêtes sans s’engager, mais de personnes qui n’éprouvent pas de désir sexuel, et qui vont par conséquent rester vierges. La chasteté de ces personnes étant naturelle, elle n’est donc pas vécue comme une contrainte.

Je connais une sœur, qui pourrait être ma mère, qui est dans ce cas de figure. Il y a quelques années, alors qu’elle s’apprêtait à prendre sa retraite,  elle est venue me demander si le chrétien était obligé de se marier. Je lui ai répondu qu’il n’y avait rien d’écrit dans la Bible qui oblige qui que ce soit à se marier et que si elle vivait bien son célibat, elle n’avait qu’à rester ainsi. Elle m’a alors expliqué que c’est le regard des autres qui la tracassait mais qu’en réalité elle n’a jamais connu d’homme, et que cela ne lui a jamais manqué. Idem pour ce qui est d’être mère. Cela ne l’intéresse même pas d’ « essayer pour voir » car elle ne conçoit pas d’être touchée par un homme. Je précise que cette sœur n’est ni laide, ni stupide, ni malade, ni lesbienne et ne souffre pas non-plus de phobie sociale. Bien au contraire, elle fréquente volontiers d’autres personnes, notamment dans le cadre d’activités caritatives. En regardant cette femme parler et en observant l’expression sur son visage, je me suis rendu compte qu’elle était sincère. Fort heureusement, elle ne vit pas à une époque ou dans un pays où on impose le mariage, sinon elle aurait été extrêmement malheureuse.

Ce qui fait souffrir ces personnes ce n’est pas l’absence de vie de couple mais le regard négatif que la société pose sur elles. On leur a collé à tort l’étiquette  négative de « vieille fille » ou de « vieux garçon » alors qu’en réalité ces personnes sont quelque part restées dans l’enfance (il n’y a dans mes propos rien de péjoratif). D’ailleurs la sœur dont je vous ai parlé dégage une forme de candeur propre aux enfants. Pourquoi  renoncerait-elle à son célibat ? C’est une grâce, un don, qui lui épargne bien des combats dans la chair.

« Alors on lui présenta des petits enfants, afin qu’il leur impose les mains et qu’il prie pour eux. Mais les disciples les reprenaient. Et Jésus leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas ; car le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Puis il leur imposa les mains et il partit de là.» Matthieu 19 :13-15.

Ceux qui se sont fait eunuques eux-mêmes pour le Royaume des cieux

« Alors Pierre se mit à lui dire : Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Et Jésus répondit, disant : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté à cause de moi et de l’Evangile, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce temps-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions ; et dans l’âge à venir, la vie éternelle. » Marc 10 : 28 :30.

Que ce soit bien clair, Jésus n’encourage ici en aucun cas le divorce. On ne peut donc pas prendre pour prétexte ce passage pour dire que l’on peut quitter sa femme non croyante pour en épouser une autre qui serait pieuse. Notez bien qu’il promet à ceux qui ont tout quitté pour lui des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres au centuple, mais pas des femmes ! Ce que Jésus entend par là, c’est qu’il mettra à disposition de ses enfants son Royaume et nous donnera une famille spirituelle pour nous soutenir et nous fortifier. Car il est bien question de tout quitter pour Christ et le Royaume des cieux et non de tout quitter pour refaire sa vie comme on l’entend.

De plus, Jésus n’a jamais encouragé  qui que ce soit à négliger sa famille. Au contraire, il a reproché aux pharisiens d’annuler le commandement de Dieu qui exige le respect et le soutien aux parents au profit de leurs traditions (Matthieu 15 :1-9).

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un incrédule. » 1 Timothée 5 :8.

Ainsi, celui qui s’est marié et a fondé une famille doit assumer ses responsabilités matérielles et spirituelles jusqu’au bout tout en donnant à Dieu la première place.

Les propos de Jésus en Marc 10 doivent être compris à la lumière de ce que Paul dit dans 1 Corinthiens 7 : 26-27 : « J’estime donc que cela est bon, à cause des difficultés présentes, qu’il est bon à un homme d’être ainsi. Es-tu lié à une femme ? Ne cherche pas à rompre ce lien. N’es-tu pas lié à une femme ? Ne cherche pas de femme. »

L’apôtre Paul préconise donc le célibat  et va même jusqu’à dire que le célibataire est plus béni (1 Corinthiens 7 :40). Loin de prononcer ces paroles en vain, il les a appliquées à sa propre personne.

« Or je dis cela par indulgence, et non comme un ordre, car je voudrais que tous les hommes soient comme moi ; mais chacun a reçu de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. » 1 Corinthiens 6 :6-7.

Quel était donc le statut matrimonial de Paul ? Les Ecritures ne nous permettent pas de nous positionner avec certitude. Deux hypothèses circulent parmi les lecteurs assidus de la Bible. Certains estiment que Paul était vierge et célibataire, donc un eunuque dès le ventre de sa mère. D’autres estiment qu’il était un veuf non remarié. Ils appuient leur hypothèse sur un élément biblique indirect : Paul avait autrefois été membre du sanhédrin et avait apporté un suffrage favorable à la lapidation d’Etienne (Actes 7 :58 ; Actes 8 :1 ; Actes 26 :10). Or selon les Historiens, ceux qui siégeaient au sanhédrin devaient être mariés. S’étant retrouvé veuf, Paul se serait ensuite rendu eunuque pour le Royaume des cieux. Il ne s’est pas castré (cette pratique était propre aux peuples païens) mais il aurait renoncé au mariage.

Pour ma part, je penche assez pour cette hypothèse car selon moi il n’était pas né eunuque, autrement il n’aurait pas fait un peu plus loin cette réflexion : « N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur, une femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? » (1 Corinthiens 9 :5). « Mais je mortifie mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même désapprouvé après avoir prêché aux autres. » 1 Corinthiens 9 :27.

De toute évidence, bien que sa solitude lui pesait parfois, Paul a sacrifié au Seigneur sa vie familiale. C’est grâce à ce sacrifice qu’il a pu privilégier sa relation avec Dieu et accomplir efficacement la mission qu’il avait reçue.  Et quelle mission ! Une mission qui porte encore des fruits aujourd’hui et qui en portera encore demain. Moi qui écris ces lignes, et vous qui les lisez, sommes les fruits de la consécration de Paul.

La prophétesse Anne avait fait le même choix.

« Il y avait aussi Anne, la prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, qui était déjà avancée en âge, et qui avait vécu avec son mari sept ans depuis sa virginité. Restée veuve, et âgée d’environ quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans les prières. Etant arrivée à cette heure, elle louait aussi Dieu, et parlait de lui à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » Luc 2 :36-38.

On ignore à quel âge Anne s’est mariée mais on sait qu’elle s’est mariée vierge et que son mariage n’a duré que sept ans. S’étant retrouvée veuve, elle a consacré le reste de sa vie à Dieu. La Bible précise bien qu’elle « ne quittait pas le temple », donc elle avait renoncé à sa maison et tous ses biens, et qu’elle « servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière », donc elle avait renoncé à tous les plaisirs de ce monde. C’est le prix qu’elle a dû payer pour être dans l’intimité parfaite avec son Dieu et recevoir de grandes révélations.

Alors peut-on dire que Paul et Anne étaient maudits ?

« Puis je regardai, et voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et il y avait avec lui cent quarante-quatre mille personnes qui avaient le Nom de son Père écrit sur leurs fronts. Et j’entendis une voix du ciel comme le bruit des grandes eaux, et comme le bruit d’un grand tonnerre ; et j’entendis une voix de joueurs de harpe jouant de leurs harpes. Et ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants, et devant les anciens. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n’est les cent quarante-quatre mille qui avaient été achetés de la terre. Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec les femmes, car ils sont vierges ; ce sont ceux qui suivent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes pour être des prémices pour Dieu et pour l’Agneau. Et dans leur bouche il ne s’est pas trouvé de fraude, car ils sont sans tache devant le trône de Dieu. » Apocalypse 14 :1-5.

Peut-on dire que ces 144 000 sont maudits ? Ils ne sont pas bénis selon les critères du monde, mais ils sont pleinement bénis en Christ.

Le même Dieu qui a dit qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul a non seulement béni Anne et Paul mais il a également fait de ces gens des bénédictions pour leur entourage et même pour le monde. Le mariage selon Dieu est une grâce et une bénédiction, de même que le célibat quand il est un don de Dieu ou qu’il résulte d’une offrande volontaire de soi à Dieu. Ainsi, la vraie bénédiction ne dépend pas de notre statut matrimonial mais de la place que nous donnons à Jésus dans nos vies.

Puisse le Seigneur nous conduire dans sa volonté et nous garder en son Nom puissant.

Amen.

Adèle.

Les versets de cet article sont tirés de la BJC.

 

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5 Réponses de cet article
  1. Amen Romains 12 :
    1 Je vous exhorte donc, mes frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre culte raisonnable.
    2 Et ne vous conformez pas à l’âge présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit, afin que vous éprouviez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

  2. Merci à Jésus de vous avoir inspiré un si bel article, édifiant et encourageant. C’est vrai que le plus délicat à affronter c’est le regard de la société qui ne comprend pas comment le célibat peut être une bénédiction.

  3. Amen je bénie Dieu pour cet article.
    Mais concernant ceux qui se sont fait eunuques pour le royaume, on parle uniquement des divorcés? (Paul et Anne)
    Si un enfant de Dieu décide de se consacrer totalement au Seigneur grâce au célibat mais qu’il n’est pas né eunuque, est-il hors de sa trajectoire dans le Seigneur?
    Soyez béni(e)s

    • Bonjour,

      Paul et Anne étaient veufs et non divorcés.
      Pour ce qui est de la 2ème question, la réponse se trouve au chapitres 7 de la 1ère épitre aux Corinthiens (en particulier les versets 28 à 38). On voit clairement que Paul valorise le célibat en expliquant que la vierge se préoccupe d’avantage des affaires du Seigneur que la femme mariée. Si quelqu’un décide de rester célibataire pour le Seigneur, il ne pèche pas.

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