Ce verset fait partie des milliers de versets que nous avons lus sans y prêter grande attention. Nous nous disons que puisque les mots sont simples et qu’ils forment une phrase facile à comprendre, il n’y a pas lieu de creuser davantage. Malheureusement, beaucoup parmi nous lisent la Bible avec l’espoir d’avoir LA RÉVÉLATION qui va nous bouleverser (et peut-être aussi impressionner les autres n’est-ce pas ?). Or dans sa grande majorité, la Bible n’est pas un livre rempli de mystères à percer mais un livre simple qui enseigne des préceptes qui sont à la portée de tout le monde. Nul besoin de faire des études théologiques pour comprendre les 10 Commandements. Si incompréhension il y a, ce n’est pas parce que la Bible est difficile à comprendre mais parce que notre cœur est endurci.
Reprenons Jean 13 35 : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Précisons que ces paroles sont celles de Yehoshoua, donc elles méritent qu’on s’y attarde un tout petit peu.
Si nous devions reformuler son propos, cela donnerait : Tout le monde saura que vous êtes mes disciples lorsqu’il verra à quel point vous vous aimez les uns les autres.
Je me suis donc posé la question suivante : Quelle est la chose qui m’a le plus frappée lorsque j’ai été en contact pour la première fois avec des chrétiens ? Étais-ce l’amour ou autre chose ?
La réponse est sans équivoque : autre chose. Pourtant j’en ai visité et fréquenté des églises. Que ce soit chez les orthodoxes, les catholiques, les adventistes, les évangéliques, la réponse reste la même. Cet autre chose ce sont les beaux bâtiments, les beaux vêtements, les belles chansons, la bonne ambiance, la puissante prédication, les prophéties, les paroles de connaissance, les délivrances… Et même l’opposé de tout cela. Tout, sauf l’amour.
Et ce constat, je l’ai fait les premières fois et les fois suivantes. En plus de 20 ans de vie chrétienne je n’ai jamais trouvé parmi les chrétiens un amour qui se distingue véritablement de ce que j’ai pu connaître dans le monde. Je ne dis pas ces choses pour indexer quelqu’un en particulier, car si je suis honnête avec moi-même, je dois me mettre dans le lot. En effet, je ne pense pas avoir ébloui qui que ce soit par mon amour.
Nous avons donc là un problème de taille. Pourquoi les choses sont-elles ainsi ? La réponse est évidente : Parce que la plupart ne s’efforcent tout simplement pas à développer ce don qu’est l’amour.
« Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? En ton nom que nous avons chasé les démons ? En ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Et alors je leur dirai ouvertement : Jamais je ne vous ai connus. Retirez-vous de moi, vous qui travaillez pour la violation de la torah ! »
Matthieu 7 :22-23.
Notez bien ce que disent ces gens : N’avons-nous pas prophétisé, chasé les démons, fait des miracles en ton nom ?
Aucun d’entre eux ne dit : N’avons-nous pas aimé notre prochain comme nous-mêmes en ton nom ?
Pourtant, Yehoshoua affirme que c’est précisément ce qui va nous distinguer aux yeux du monde.
Dernièrement, j’ai été fortement interpellée en lisant les épîtres de Jean. Tout lecteur de la Bible sait que ce sont des textes plutôt courts — ce qui rend d'autant plus frappant ce que j'y ai découvert. Deux choses, en particulier, ont retenu mon attention.
Tout d’abord j’ai pu observer que pour lui la thématique de l’amour est centrale. En effet, il n’y a pas moins de 44 occurrences du nom amour ou du verbe aimer dans la première épître. Ce sujet est également prédominant dans l’évangile éponyme. Sur les quatre évangiles, Jean est celui qui parle le plus d’amour.
Ensuite, j’ai noté qu’il semblait voir les choses de façon très binaire : soit on aime soit on haït.
« Si quelqu’un dit : J’aime Elohîm, et qu’il haïsse son frère, il est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il a vu, ne peut pas aimer Elohîm qu’il n’a pas vu. Et nous avons ce commandement de sa part : que celui qui aime l’Elohîm, aime aussi son frère. »
1 Jean 4 : 20-21.
« Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n’y a pas en lui de scandale. Mais celui qui haït son frère est dans la ténèbre et il marche dans la ténèbre, et il ne sait pas où il va parce que la ténèbre a aveuglé ses yeux. »
1 Jean 2 : 10-11.
« Frères, ne vous étonnez pas si le monde vous haït. Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas le frère demeure dans la mort. Quiconque haït son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. En ceci nous avons connu l’amour, c’est que lui, il a déposé son âme en notre faveur. Nous aussi, nous devons déposer nos âmes en faveur de nos frères. »
1 Jean 3 :13-16.
En lisant ces passages, j’ai été interpellée par le recours au verbe haïr, un terme fort, violent. D'après le dictionnaire, haïr c'est : « Avoir de la haine pour quelqu’un, lui vouloir du mal, abhorrer, exécrer quelqu’un. »
Toujours d’après le dictionnaire, la haine c’est un « sentiment qui porte une personne à souhaiter ou à faire du mal à une autre, ou à se réjouir de tout ce qui lui arrive de fâcheux. »
Précisons qu’il n’y a pas lieu de remettre en question la traduction de ce texte. C’est bel et bien le verbe haïr qui est employé ici ; du grec miseo : haïr, poursuivre avec haine, détester.
Plus surprenant encore, Jean parle de haine contre son frère, et non contre le méchant païen — ce qui n’est pas moins problématique ! Et il insiste bien sur ce point. Oui, il parle de haine entre chrétiens ; ces chrétiens qui sont censés se distinguer aux yeux du monde par l’amour qu’ils se portent entre eux.
Une lecture rapide de ces passages pourrait nous amener à nous dédouaner trop vite et surtout à tort en pensant : « Bah moi je ne hais personne, donc ça va, je ne suis pas concerné(e) »
J’ai fait moi-même cette erreur en me disant qu’il y avait un intermédiaire entre l’amour et la haine : l’indifférence.
Ouvrons de nouveau le Larousse :
« 1. État, sentiment de quelqu’un qui ne se sent pas concerné, touché par quelque chose, ou qui n’accorde aucune attention, aucun intérêt à quelqu’un, à quelque chose. Synonymes : dédain - désaffection - désintéressement - désintérêt - détachement - insouciance Contraires : enthousiasme - passion 2. État d’esprit de quelqu’un qui ne se sent pas concerné par le problème religieux. 3. Absence d’amour chez quelqu’un qui ne répond pas au sentiment qu’il inspire. »
Est-ce que les choses sont plus claires maintenant ? Inutile de chercher comment on dit « indifférence » en hébreu, araméen ou grec : ce mot n’existe pas dans la Bible. Mais si on fouille bien on peut lui trouver un équivalent.
Mais avant cela voyons ce que l’apôtre Pierre a à nous dire au sujet de l’amour.
« Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité par le moyen de l’Esprit pour un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres d’un cœur pur… »
1 Pierre 1 : 22.
L’amour fraternel doit être sincère, c’est-à-dire sans hypocrisie. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, mais je laisserai chacun s’examiner honnêtement devant le Seigneur sur ce point, moi la première bien entendu. Nul doute que l’exercice se révélera particulièrement ardu pour ceux qui daigneront s’y plier.
Pierre nous exhorte à nous aimer les uns les autres « ardemment d’un cœur pur ». L’adverbe « ardemment » vient du grec ektenos — c’est-à-dire avec ardeur, sincèrement, sérieusement, intensément.
Mais pour arriver à un tel niveau d’amour encore faut-il avoir le cœur pur. Et c’est là que le bât blesse.
Aimer ardemment ce n’est pas se comparer et se mettre en compétition avec son frère ou sa sœur que l’on jalouse secrètement.
Aimer ardemment ce n’est pas colporter des rumeurs ; ce n’est pas divulguer les secrets ; la fin d’une amitié ne justifie pas pour autant la trahison.
« Celui qui méprise son prochain manque de cœur, mais l’homme prudent se tait. Celui qui va et calomnie, révèle les secrets, mais celui dont l’esprit est fidèle couvre la chose. »
Proverbes 11 : 12-13.
Aimer ardemment ce n’est pas s’asseoir pour commenter pour le plaisir les problèmes ou les péchés des uns et des autres.
« Frères, ne vous diffamez pas les uns les autres. Celui qui diffame son frère et qui juge son frère, diffame la torah et juge la torah. Or si tu juges la torah, tu n’es pas un exécutant de la torah, mais un juge. »
Jacques 4 :11.
Aimer ardemment ce n’est pas prendre des nouvelles de quelqu’un pour satisfaire sa curiosité, ou l’observer de loin pour s’assurer qu’il gît toujours misérablement au sol.
Aimer ardemment c’est soutenir dans la prière ; c’est tendre la main à celui qui est tombé ; c’est accueillir chaleureusement celui qui revient après s’être égaré.
« Il ne brisera pas le roseau cassé et n’éteindra pas le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. »
Matthieu 12 : 20.
« Mais celui qui est faible dans la foi, recevez-le, non pas pour des jugements et des délibérations. »
Romains 14 : 1.
« C’est pourquoi, accueillez-vous les uns les autres, comme aussi le Mashiah nous a accueillis, pour la gloire d’Elohîm. »
Romains 15 : 7.
Aimer ardemment c’est aider celui qui chancèle sous le poids de ses fardeaux.
« Mais nous devons, nous qui sommes forts, supporter les infirmités des faibles et ne pas nous plaire à nous-mêmes. »
Romains 15 : 1.
« Frères, même si un humain a été surpris en quelque faute, vous, les spirituels, perfectionnez-le dans un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la torah du Mashiah. »
Galates 6 : 1-2.
Aimer ardemment c’est souhaiter sincèrement le succès de son frère ou de sa sœur ; l’encourager, le soutenir et l’aider. Car la réussite d’un membre du Corps bénéficie à l’ensemble du Corps.
« Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui. Si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui. »
1 Corinthiens 12 : 26.
« Toutes les choses donc que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-les de même pour eux, car c’est la torah et les prophètes. »
Matthieu 7 :12.
Aimer ardemment c’est se mettre à la place des autres.
« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent et pleurez avec ceux qui pleurent. »
Romains 12 : 15.
Aimer ardemment c’est pardonner de tout son cœur. Ce n’est pas toujours évident mais le premier pas vers le pardon c’est d’y aspirer sincèrement. Le second c’est de prier pour celui qui nous a blessé et non réclamer vengeance.
« Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres afin que vous ne soyez pas condamnés. Voici, le Juge se tient à la porte. »
Jacques 5 : 9.
« Ainsi donc, comme des élus d’Elohîm, saints et bien-aimés, revêtez-vous des entrailles de miséricorde, de bénignité, d’humilité, de douceur, de patience. Vous supportant les uns les autres et vous pardonnant réciproquement. Si l’un de vous a une plainte à porter contre quelqu’un, comme le Mashiah vous a pardonnés, vous aussi faites de même. »
Colossiens 3 :12-13.
Il n’y a ni hypocrisie ni indifférence dans l’amour. Devant Elohîm soit on aime soit on haït. Soit on est bouillant, soit on est froid. Soit on est pur, soit on est impur. Soit on est dans la lumière, soit on est dans la ténèbre.
Les états intermédiaires ne sont que des inventions humaines d’inspiration diabolique pour se donner bonne conscience.
N’oublions pas à quel point le Seigneur déteste le mélange.
« Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je suis sur le point de te vomir hors de ma bouche. »
Apocalypse 3 : 16.
L’indifférence c’est ni plus ni moins la tiédeur que Yehoshoua vomit. À ses yeux haine et indifférence c’est exactement la même chose.
De la même façon qu’il existe plusieurs façons de témoigner l’amour, il existe plusieurs façons d’exprimer sa haine ; l’indifférence n’étant qu’une façon parmi d’autres.
D’ailleurs lequel d’entre nous se sentirait valorisé, respecté et aimé si son conjoint, enfant, ami, frère ou sœur lui disait : Je ne te hais pas, mais je ne t’aime pas non plus ? — Ou alors : Je t’aime moyennement ? — Ou encore : Je te hais un tout petit peu… ? — Ou peut-être : Je m’en fiche de toi ?
« Un peu de levain fait lever toute la pâte. »
Galates 5 : 9.
L’apôtre Jean va encore plus loin en déclarant : « Quiconque haït son frère est un meurtrier. »
Cela vous semble exagéré ? Et pourtant il y a 1001 moyens de tuer quelqu’un aussi bien physiquement que spirituellement.
J’ai l’habitude de dire qu’il n’est pas nécessaire de sortir de son corps pour être sorcier. Il suffit de ne pas faire le bien lorsqu'on en a l'occasion, ou de laisser le mal survenir alors qu'on a la possibilité de l'arrêter.
« Celui donc qui sait faire ce qui est bon et qui ne le fait pas, c’est un péché pour lui. »
Jacques 4 :17.
« L’amour ne fait pas de mal au prochain. L’amour est donc la plénitude de la torah. »
Romains 13 : 10.
C’est triste de constater que malgré plusieurs années de conversion, nous avons toujours du mal avec les rudiments des Écritures. Malgré l’avertissement donné en Matthieu 7 :22-23, nous persistons à nous réfugier derrière les œuvres, et à nous mentir à nous-mêmes en croyant que celles-ci nous ouvriront automatiquement les portes du Ciel.
« Mais un des scribes qui les avait entendus discuter, voyant qu’il leur avait bien répondu, s’approcha de lui, et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ? Mais Yéhoshoua lui répondit : Le premier de tous les commandements est : Écoute Israël, le Seigneur, notre Elohîm, le Seigneur est un. Et tu aimeras le Seigneur ton Elohîm à partir de tout ton cœur, et à partir de toute ton âme, et à partir de toute ta pensée, et à partir de toute ta force. C’est là le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-ci. »
Marc 12 : 28-31.
Yehoshoua a été clair, la Loi et les prophètes se résument à ces deux commandements : aimer Elohîm de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même. Sinon toutes nos œuvres, aussi extraordinaires soient-elles, seront absolument vaines.
« Si quelqu’un dit : J’aime Elohîm, et qu’il haïsse son frère, il est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il a vu, ne peut pas aimer Elohîm qu’il n’a pas vu. Et nous avons ce commandement de sa part : que celui qui aime l’Elohîm, aime aussi son frère. »
1 Jean 4 : 20-21.
« Si je parle toutes les langues des humains et même des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis devenu un cuivre qui résonne ou une cymbale qui répète fréquemment le cri alala. Même si j’ai la prophétie et que je connaisse tous les mystères et la connaissance de toutes choses, et même si j’ai toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. Et si je donnais tous mes biens pour nourrir quelqu’un, et si je livrais mon corps pour être brülé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me sert à rien. »
1 Corinthiens 13 1-3.
Puisse le Seigneur nous aider chacun à rechercher l'amour, à y croître jour après jour, afin que nul ne soit réprouvé.
Adèle
