Les Dokimos



De l’Eden au déluge

2ème partie : Déchéance et espérance

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Nous avons vu dans la première partie de cet enseignement qu’au commencement, pour Adam et Hava, le monde se présentait en quelque sorte comme divisé en deux espaces. D’un côté se trouvait le jardin d’Éden, image du Royaume d’Elohim, que YHWH avait planté pour servir de demeure à l’être humain ; de l’autre, les champs, qui constituaient le domaine des animaux sauvages, autrement dit celui de l’ennemi.

« Tout arbrisseau des champs n'existait pas encore sur terre, toute herbe des champs n'avait pas encore germé, car YHWH Elohîm n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'être humain pour travailler le sol. Mais une vapeur montait de la terre et arrosait toutes les faces du sol. YHWH Elohîm forma l'être humain à partir de la poussière du sol Il souffla dans ses narines le souffle de vies et l'être humain devint une âme vivante. Et YHWH Elohîm planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'être humain qu'il avait formé. YHWH Elohîm fit germer du sol tout arbre désirable à la vue et bon pour la nourriture, et l'arbre de vies au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait et devenait quatre têtes. Le nom de l'un est Pishon : c'est le fleuve qui coule en entourant toute la terre de Haviylah où il y a de l’or. L'or de cette terre est bon et là se trouvent le bdellium et la pierre d'onyx. Le nom du second fleuve est Guihon. C'est celui qui coule en entourant toute la terre de Koush. Le nom du troisième fleuve est Hiddéqel, c'est celui qui coule à l'est de l'Assyrie. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. YHWH Elohîm prit l'être humain et le fit se reposer dans le jardin d'Éden pour qu’il le travaille et le garde. » Genèse 2 :5-15.

Cet extrait met en lumière la manière dont l’être humain était appelé à assujettir la Terre. Il apparaît clairement que YHWH a formé Adam avant de planter le jardin d’Éden, dans lequel il fit ensuite pousser toutes sortes d’arbres fruitiers.

Le jardin d’Eden n’avait pas seulement vocation à servir de foyer à l’être humain mais aussi à servir de modèle pour l’ensemble de la Terre. En effet, la Bible précise que les champs étaient vides faute d’être humain pour cultiver le sol. Cela laisse entendre que YHWH avait prévu que l’homme travaille la terre, ce qui implique une conquête du territoire de l’ennemi afin d’y répandre la semence issue des arbres du jardin.

Adam et Hava n’étaient donc pas destinés à demeurer passivement dans le jardin d’Éden. Ils devaient, au contraire, en sortir pour ensemencer toute la Terre, jusqu’à priver l’ennemi de l’ensemble de son territoire.

« Écoutez ! Voilà que le semeur est sorti pour semer. » Marc 4 :3.

« Celui qui sème, sème la parole. » Marc 4 :14.

« Et répondant, il leur dit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils d'humain ; et le champ, c'est le monde, la bonne semence ce sont les fils du Royaume » Matthieu 13 :37-38.

« Mais que celui qui fournit de la semence au semeur et du pain pour sa nourriture vous fournisse et vous multiplie la semence, et qu’il augmente les fruits de votre justice. » 2 Corinthiens 9 :10.

Adam et Hava n’étaient pas censés flâner éternellement dans le jardin d’Eden.

En revanche, le jardin d’Eden devait être gardé, c’est-à-dire préservé de toute intrusion malveillante. En effet, s’il n’y avait pas de danger extérieur, l’ordre de garder le jardin n’aurait eu aucun sens.

Or il s’est passé exactement le contraire.

CHRONIQUE D'UNE CHUTE

« Or le serpent devint plus rusé que tout vivant des champs que YHWH Elohîm avait fait. Il dit à la femme : Sûrement Elohîm a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ! » Genèse 3 :1.

Les difficultés ont commencé lorsque Satan est parvenu à s’introduire dans le jardin d’Éden, ce qui suppose l’existence d’une faille, d’un accès qui lui a permis d’y entrer.

« Ne donnez pas une occasion d'agir au diable. » Ephésiens 4 :27.

« Quand un homme fort et fourni en armes garde sa bergerie, ce qu'il possède est en paix. Mais quand un plus fort que lui, étant survenu, l'a vaincu, il lui enlève toute son armure dans laquelle il se confiait, et il partage ses dépouilles. » Luc 11 :21-22.

« La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Elohîm a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, de peur que vous ne mouriez ! Le serpent dit à la femme : Non, mourir, vous ne mourrez pas ! Mais Elohîm sait qu'à partir du jour où vous en mangerez, vos yeux seront ouverts, et vous deviendrez comme Elohîm, connaissant ce qui est bon ou mauvais. » Genèse 3 :2-5.

Le deuxième problème réside dans le fait que Hava a engagé un dialogue avec le serpent.

On ne débat pas avec le diable, on le chasse.

« Rappelle ces choses aux autres, attestant devant le Seigneur de ne pas se battre pour des mots. Chose qui n’est utile à rien, sinon au renversement des auditeurs. » 2 Timothée 2 :14.

« La femme vit que l'arbre était bon pour la nourriture, qu'il était un désir pour les yeux et que l'arbre était désirable pour prospérer. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son homme qui était avec elle et il en mangea. » Genèse 3 :6.

Le troisième problème est d’avoir succombé à la convoitise.

« Mais chacun est tenté quand il est attiré et attrapé avec un appât par sa propre convoitise. Ensuite la convoitise ayant conçu, enfante le péché, et le péché étant accompli, engendre la mort. » Jacques 1 :14-15.

Le quatrième problème tient à l’attitude d’Adam, qui a assisté à l’échange entre Hava et le serpent sans intervenir.

« Et ne participez pas aux œuvres stériles de la ténèbre, mais plutôt condamnez-les en effet ! » Ephésiens 5 :11.

Enfin, le cinquième problème consiste dans la consommation du fruit défendu.

Satan a ainsi entraîné Adam et Hava dans son propre péché : l’orgueil. Ce qui a séduit le premier couple, c’est la perspective de devenir semblables à Elohim. C’est précisément ce péché qui va entraîner une dégradation progressive de leur condition.

« Les yeux de tous les deux s'ouvrirent et ils surent qu'ils étaient nus. Ils cousirent ensemble des feuilles de figuier pour se faire des ceintures. » Genèse 3 :7.

Auparavant, Adam et Hava vivaient dans l’innocence, et leur nudité ne suscitait en eux aucune gêne. Il est d’ailleurs intéressant de noter que c’est dans cet état naturel qu’ils étaient appelés à dominer l’ennemi. Ils n’avaient pas besoin d’armes charnelles : la puissance d’Elohim qui les accompagnait leur suffisait pleinement.

« Car les armes de notre combat ne sont pas charnelles, mais puissantes devant Elohîm, pour la destruction des forteresses, nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance d'Elohîm, et amenant toute pensée captive à l'obéissance du Mashiah. » 2 Corinthiens 10 :4-5.

Après avoir consommé le fruit défendu, leurs yeux se sont ouverts sur la réalité des ténèbres. Leur péché les a plongés dans la honte et le déshonneur. Ils ont alors confectionné des ceintures de feuilles de figuier pour dissimuler leur nudité, leur regard sur la sexualité — initialement destinée à la transmission de la vie — ayant été altéré.

Cette ceinture de feuilles de figuier représente leur propre justice fondée sur le mensonge de l’ennemi.

« Ils entendirent la voix de YHWH Elohîm marchant dans le jardin au vent du jour. Et l'être humain et sa femme se cachèrent, face à YHWH Elohîm, au milieu de l'arbre du jardin. YHWH Elohîm appela Adam et lui dit : Où es-tu ? Il dit : J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur parce que je suis nu, et je me suis caché. Il dit : Qui t'a informé que tu es nu ? L’arbre dont je t’avais ordonné de ne pas manger, en as-tu mangé ? Adam dit : La femme qu’avec moi tu as donnée, elle, m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé. YHWH Elohîm dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme dit : Le serpent m'a trompée et j'ai mangé » Genèse 3 :8-13.

YHWH les appela depuis le milieu des arbres du jardin, c’est-à-dire depuis l’arbre de vie, ce qui atteste qu’il est lui-même la vie (Jean 14 :6). Pourtant, au lieu de se tourner vers lui avec un cœur contrit, Adam et sa femme se cachèrent (Jean 3 :20-21). Contrairement aux apparences, leur réaction ne relève pas de la repentance, mais de l’orgueil.

Pourtant, YHWH ne les condamna pas d’emblée mais il leur posa ces questions :

- Où es-tu ?

- Qui t’a dit que tu étais nu ?

- As-tu mangé du fruit défendu ?

- Pourquoi as-tu fait cela ?

Bien entendu, Elohim connaissait déjà les réponses. Son intention était de les conduire à l’introspection et à la repentance. Cependant, Adam adoptera une attitude empreinte d’arrogance en rejetant entièrement la responsabilité sur sa femme, mais aussi sur YHWH. De son côté, Hava cherchera à atténuer sa faute en accusant le Serpent.

Quel aurait été l’avenir de l’humanité si le premier couple s’était humilié devant le Seigner ? Ils n’auraient probablement pas échappé à la mort, mais il est possible que la tragédie qui a frappé par la suite leur famille n’aurait pas eu lieu.

LES CONSÉUQUENCES DU PÉCHÉ

« YHWH Elohîm dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit parmi toute bête, parmi tout vivant des champs. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et entre la femme, entre ta postérité et entre sa postérité. Lui, il t'écrasera la tête et toi tu lui écraseras le talon. À la femme, il dit : Augmenter, j'augmenterai la douleur de tes grossesses. Tu enfanteras dans la douleur tes enfants. Tes désirs seront vers ton homme, mais lui, il dominera sur toi. À Adam, il dit : Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre en disant : Tu n'en mangeras pas ! Le sol est maudit à cause de toi ! C'est dans la douleur que tu en mangeras tous les jours de ta vie. Il fera germer pour toi des épines et des chardons et tu mangeras l'herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol, car c’est de lui que tu as été pris. Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière. » Genèse 3 :14-19.

YHWH condamne le Serpent à ramper sur le sol, ce qui implique qu’il sera abaissé et exposé à être foulé aux pieds. Elohim établit également une hostilité permanente entre sa descendance et celle de la femme.

Il convient de souligner la précision du texte : « Lui, il t’écrasera la tête et toi tu lui blesseras le talon. » Cette annonce trouve son accomplissement en Yehoshua Mashiah (le « Lui »), qui a vaincu Satan par sa mort sur la croix — blessure symbolisée par le talon — puis par sa résurrection, marquant l’écrasement définitif de la tête du Serpent.

A noter que la postérité de la femme ne se limite pas uniquement au Mashiah, mais aussi à l’Eglise, c’est-à-dire à tous ceux et celles qui ont fait de Yehoshua leur Sauveur et Seigneur.

HAVA

Les conséquences du péché atteignent Hava dans ce qu’elle a de plus intime. D’une part, YHWH déclare qu’il augmentera la douleur de ses grossesses. L’emploi du verbe « augmenter » implique que l’enfantement comporte intrinsèquement une dimension de souffrance. Donner la vie suppose ainsi un sacrifice, à l’image de Christ dont les souffrances ont été multipliées afin que nous ayons la vie.

Les souffrances liées à la maternité ne se limitent pas à la grossesse et à l’accouchement, mais se prolongent tout au long de la vie car les entrailles d’une mère s’meuvent toujours pour le sort de ses enfants.
D’autre part, YHWH annonce l’instauration d’une relation marquée par la tension, l’inégalité et la souffrance entre la femme et l’homme : ses désirs se tourneront vers lui, tandis que lui exercera une domination sur elle. L’observation de la condition féminine à travers les époques et les sociétés met en évidence la portée de cette parole, la femme apparaissant souvent à la fois prisonnière de son attachement à l’homme et exposée aux effets de sa domination.

ADAM

Le cas d’Adam sera traité en dernier. En effet, c’est à lui qu’Elohim avait donné l’ordre de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il lui incombait donc non seulement de respecter ce commandement, mais aussi de veiller à son observation.

Un tel niveau de responsabilité appelle une sanction d’autant plus lourde. Adam étant établi comme chef de la Création, a entraîné par sa chute la déchéance de tout ce qui était placé sous son autorité.

Le sol est frappé de malédiction : à la place de la végétation abondante et des arbres fruitiers surgissent désormais épines et chardons, végétaux impropres à la consommation. L’homme ne pourra en tirer sa subsistance qu’au prix d’un labeur pénible. À cela s’ajoute la sentence de mort, imposée à l’être humain comme à l’ensemble des êtres vivants, étape inéluctable et redoutable.

« Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière » n’exprime pas seulement une réalité physique, mais aussi une réalité spirituelle : l’être humain, privé de la gloire d’Elohim, se retrouve réduit à la poussière même sous laquelle le Serpent rampe. Cela suggère donc que l’êtmain déchu partagera avec le Serpent une condition et une destinée communes.

APRÈS L'EDEN

« YHWH Elohîm dit : Voici l'être humain devenu comme l'un de nous en connaissant le bon et le mauvais ! Maintenant, de peur qu'il n'avance sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vies, n'en mange et ne vive à perpétuité... HWH Elohîm le renvoya du jardin d'Éden pour travailler le sol d'où il avait été pris. Il chassa l'être humain et fit demeurer à l'orient du jardin d'Éden des chérubins, ainsi que la flamme de l'épée qui tournait çà et là pour garder la voie de l'arbre de vies. » Genèse 3 :22-24.

Adam et Hava furent ainsi expulsés du jardin d’Éden, sans possibilité de retour, en raison de la présence de chérubins armés d’épées flamboyantes chargés de garder l’accès à l’arbre de vie. Cet événement marque la mort spirituelle de l’être humain, qui précède sa mort physique.

La Bible ne décrit pas leur réaction, mais il est difficile d’imaginer qu’un tel bouleversement n’ait pas laissé en eux un profond traumatisme qui les a poursuivis tout au long de leur existence. On peut aisément concevoir l’effroi qui les a saisis face à la mort, dont ils ignoraient encore le moment de survenue, mais aussi face à un monde désormais inconnu, rude et chaotique.

Eux qui vivaient paisiblement et dans l’abondance découvrent la faim, la fatigue, des nuits troublées par l’angoisse, et peut-être même la maladie. Il est probable qu’ils aient d’abord survécu en se nourrissant de chardons et d’épines, avant de pouvoir récolter le fruit de leur labeur.

N’oublions pas que le péché d’Adam a soumis toute la création à la vanité (Galates 3 :17-19). Dès lors, l’ensemble du monde animal s’est trouvé confronté aux mêmes difficultés pour se nourrir. On peut ainsi envisager que, face à la pénurie, certains animaux ont péri, tandis que d’autres sont devenus prédateurs.

À cela s’ajoute le tourment intérieur : on peut imaginer que Satan et ses démons les ont assaillis de pensées sombres, engendrant en eux tristesse, divisions et querelles.

Et c’est donc dans ce contexte catastrophique que les premiers enfants du couple verront le jour.

QAYIN et ABEL

« Et Adam connut Havah sa femme. Elle devint enceinte et enfanta Qayin. Elle dit : J'ai acquis un homme avec YHWH. Elle enfanta encore Abel, son frère. Abel devint berger de petit bétail et Qayin devint travailleur du sol. » Genèse 4 :1-2.

Il est intéressant de constater que la Bible précise l’état d’esprit de Hava lors de la naissance de son premier enfant, alors qu’elle reste silencieuse à ce sujet pour Abel.

Le verbe « acquérir » provient de l’hébreu qanah, qui signifie obtenir, acquérir, créer, acheter ou encore posséder. On peut ainsi comprendre que Hava considérait son premier-né comme lui appartenant, comme sa possession, ce que reflète le nom Qayin, signifiant « possession ». Il est possible que, comme de nombreuses mères, Hava ait placé en lui toute son affection et tous ses espoirs, dans l’attente d’une forme de consolation.

L’expression « J’ai acquis un homme avec YHWH » interpelle à la lumière des événements qui suivront. Que veut-elle dire précisément ? Le terme « homme » correspond ici à l’hébreu iysh, qui peut désigner un mâle, mais aussi un mari, un être humain ou simplement une personne. Quant à la préposition « avec », elle traduit l’hébreu ‘eth, qui peut signifier « avec », mais aussi « contre ». Une chose semble néanmoins certaine : pour cette première expérience de maternité, Hava ne paraît pas avoir recherché la direction de YHWH quant à la manière d’élever et d’instruire cet enfant.

Hava nommera son second fils Abel, un nom signifiant « souffle » ou « vapeur ». Il est probable que sa perception de la maternité ait alors évolué. Peut-être avait-elle été déçue, prenant progressivement conscience du caractère fragile et éphémère de la vie humaine.

« Vous qui ne savez pas ce qu'il en sera du lendemain ! Car qu'est-ce que votre vie ? En effet, c'est une vapeur, qui apparaît pour un peu de temps et qui ensuite s'évanouit. » Jacques 4 :14.

Le choix de l’activité de chacun des deux frères est révélateur. Qayin devient travailleur du sol, ce sol qui, rappelons-le, avait été maudit par YHWH et dont la culture exige désormais un effort pénible pour produire de quoi se nourrir. En cela, Qayin peut être vu comme la figure de l’être humain charnel, centré sur les réalités terrestres et absorbé par les préoccupations du monde.

« Car beaucoup dont je vous ai souvent parlé et dont je parle maintenant même en pleurant, marchent en ennemis de la croix du Mashiah, dont la fin est la destruction, dont l'elohîm est le ventre, et dont la gloire est dans leur honte, eux qui pensent aux choses terrestres. » Philippiens 3 :18-19.

Abel, quant à lui, devient le premier berger de l’humanité, une fonction qui suppose des qualités particulières. Le terme hébreu ra‘ah, traduit par « berger », signifie littéralement « faire paître », « soigner », « nourrir », mais aussi « conduire », « diriger » ou encore « enseigner un peuple comme un troupeau ». Il convient de préciser qu’il n’est pas ici question d’élevage destiné à la consommation de viande ou de lait, puisque YHWH n’autorisera la consommation des animaux qu’après le déluge (Genèse 9 :3). Dès lors, le rôle d’Abel s’inscrit dans une démarche purement altruiste, dépourvue de tout intérêt personnel.

Ainsi, Qayin apparait comme celui qui travaille le sol pour remplir son ventre tandis que Abel se concentre sur la préservation de l’œuvre d’Elohim.

« Il arriva au bout de quelques jours que Qayin fit venir des fruits du sol en offrande à YHWH. Abel, lui aussi, fit venir des premiers-nés de son troupeau et leur graisse. YHWH porta son regard sur Abel et sur son offrande, mais il ne porta pas son regard sur Qayin ni sur son offrande. Qayin fut très fâché et ses faces tombèrent. YHWH dit à Qayin : Pourquoi es-tu fâché et pourquoi tes faces sont-elles tombées ? Si tu agis bien, n’y aura-t-il pas élévation ? Si tu n’agis pas bien, le péché est couché à la porte et son désir se porte vers toi, mais toi, domine sur lui. » Genèse 4 :3-7.

Curieusement, c’est Qayin qui prit l’initiative d’apporter une offrande à YHWH, ce qui laisse, au premier abord, supposer une bonne intention et une certaine piété. Cependant, la Bible précise que YHWH ne porta pas son regard sur Qayin, et ensuite sur son offrande — issue du sol maudit —, ce qui indique que le cœur de Qayin n’était pas droit devant le Seigneur. C’était un homme religieux, désireux de servir le Seigneur selon ses propres critères et, surtout, d’obtenir justice par ses propres œuvres.

« Moi, YHWH, je sonde le cœur, j'éprouve les reins pour donner à l’homme selon sa voie, selon le fruit de ses actions. » Jérémie 17 :10.

« Car tel est le message que vous avez entendu dès le commencement : que nous nous aimions les uns les autres, non pas comme Qayin, qui était issu du Mauvais et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il ? C'est parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes. » 1 Jean 3 :11-12.

Abel, de son côté, entretenait une relation personnelle avec YHWH, ce qui lui permettait de savoir comment toucher son cœur. D’une part, il avait compris que YHWH avait sacrifié un animal pour couvrir la nudité de ses parents (Genèse 3 :21) ; d’autre part, il anticipait une loi qui ne sera donnée à Moïse que plusieurs siècles plus tard.

« YHWH parla à Moshé et dit : Consacre-moi tout premier-né. Tout ce qui ouvre la matrice parmi les fils d’Israël, humain ou bête, est à moi. » Exode 13 :1-2.

Notons à cet égard que c’est précisément ce qu’Adam et Hava auraient dû faire avec Qayin. D’ailleurs, Qayin n’offrit pas les prémices, mais garda pour lui ce qu’il avait de meilleur.

Ce dernier manifesta tout particulièrement la dureté de son cœur lorsqu’il constata que YHWH approuvait Abel. Au lieu de se réjouir pour son frère et de prendre exemple sur lui, il laissa naître en lui la colère. Plus grave encore, il refusa de se laisser convaincre par Elohim lorsque Celui-ci l’exhorta à se remettre en question et surtout à dominer sur péché, déjà couché — c’est-à-dire déjà installé — à sa porte, autrement dit dans son cœur (Apocalypse 3 :20).

« Qayin parla à Abel, son frère. Il arriva que comme ils étaient dans les champs, Qayin s'éleva contre Abel, son frère et le tua. YHWH dit à Qayin : Où est Abel ton frère ? Il dit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère, moi ? » Genèse 4 :8-9.

Le péché de Qayin continua de s’aggraver. Il parla à son frère pour l’attirer dans les champs — qui représentent aussi le domaine des bêtes sauvages — et l’y tua, commettant ainsi un meurtre prémédité.

Quelle fut sa réaction lorsque YHWH l’interpella en lui demandant où se trouvait son frère ? Aucune émotion, pas le moindre signe d’une repentance. Bien au contraire, sa réponse, marquée par une arrogance profonde et une cruauté manifeste, alla jusqu’à recourir à un jeu de mots particulièrement déplacé.

En déclarant : « Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? », il faisait à la fois allusion au métier de son frère défunt, gardien de brebis, et à la mission défaillante de leurs parents, appelés à garder le jardin d’Éden. Par ces paroles, il signifiait clairement à Elohîm qu’il refusait de répondre à son appel et de se soumettre à sa volonté.

« Il dit : Qu'as-tu fait ? La voix des sangs de ton frère crie depuis le sol vers moi. Maintenant tu es maudit loin du sol qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main les sangs de ton frère. Quand tu travailleras le sol, il ne te donnera plus son fruit, et tu deviendras vagabond et fugitif sur la Terre. Qayin dit à YHWH : Le châtiment de mon iniquité est trop grand pour être porté. Voici que tu me chasses aujourd'hui sur les faces du sol. Je serai caché à tes faces, je deviendrai vagabond et fugitif sur la Terre, et il arrivera que quiconque me trouvera me tuera. YHWH lui dit : Alors tout tueur de Qayin subira sept fois la vengeance. Et YHWH mit un signe sur Qayin afin que quiconque le trouverait ne le tue pas. » Genèse 4 :10-15.

En raison de l’endurcissement de son cœur, Qayin devint le premier être humain à être frappé de malédiction par YHWH. Il fut condamné à s’éloigner des siens — ce qui implique solitude et isolement —, à ne plus pouvoir tirer de subsistance du sol, et à errer sur la Terre à une époque où celle-ci était presque déserte.

Cette lourde sentence ne le conduisit pas à la repentance, mais plutôt à se plaindre de son sort. Dans sa grande miséricorde, YHWH plaça un signe sur Qayin afin de le protéger d’une mise à mort en représailles. Par cet acte, Elohim le préservait d’une mort prématurée et lui laissait ainsi du temps pour se repentir.

Mais, au lieu de cela, « Qayin sortit de devant les faces de YHWH et habita en terre de Nod, à l’orient d’Éden » (Genèse 4 :16). Autrement dit, il s’éloigna définitivement de YHWH pour s’établir en Nod, dont le nom signifie exil ou fuite.

Qayin est un archétype d’antichrist, rempli d’orgueil, impénitent, cruel, ennemi des gens de bien et surtout atteint de l’esprit d’égarement (2 Timothée 3 :1-5 ; 2 Thessaloniciens 2 :11-12).

OEUVRES ET POSTÉRITÉ DE QAYIN

« Qayin connut sa femme. Elle devint enceinte et enfanta Hanowk. Il devint un bâtisseur de ville, et appela le nom de la ville d'après le nom de son fils Hanowk. Hanowk engendra Irad, Irad engendra Mehouyaël, Mehouyaël engendra Metoushaël, et Metoushaël engendra Lémek. Lémek prit pour lui deux femmes. Le nom de l'une était Adah, et le nom de la seconde Tsillah. Adah enfanta Yabal. Il devint le père de ceux qui habitent dans les tentes et près des troupeaux. Le nom de son frère était Youbal. Il devint le père de tous ceux qui manient la harpe et la flûte. sillah, elle aussi, enfanta Toubal-Qayin. Il forgeait toutes sortes d'instruments en cuivre et en fer. Et la sœur de Toubal-Qayin était Na`amah. Lémek dit à Adah et à Tsillah ses femmes : Écoutez ma voix femmes de Lémek, prêtez l'oreille à ma parole ! Oui, j'ai tué un homme pour ma blessure et un enfant pour ma meurtrissure ! Oui, Qayin est vengé 7 fois, et Lémek, 77 fois ! » Genèse 4 :17-24.

La Bible nous dit que Qayin connut sa femme sans pour autant préciser si ce mariage est intervenu avant ou après l’exil. Ce qui est certain c’est qu’une femme lui a permis d’avoir une descendance.

Qayin appela son premier fils Hanowk ce qui signifie « dédié », « initié », « consacré ». À première vue, on pourrait penser qu’il consacra son fils à YHWH, conformément à ce qui est prescrit en Exode 13 :2. Cependant, compte tenu de ses dispositions mauvaises et de son éloignement d’Elohim, il est évident qu’il ne le consacra pas à YHWH, mais à une autre entité.

Les Ecritures précisent ensuite que Qayin devint bâtisseur d’une ville, à laquelle il donna le nom de son fils, ce qui laisse entendre que cette cité fut elle aussi consacrée à l’entité à laquelle son fils était dédié. Il est d’ailleurs intéressant de relever que le terme hébreu ‘iyr, traduit par « ville », peut également signifier « agitation », « angoisse » ou « terreur », mais aussi désigner un lieu éveillé et gardé, ce qui éclaire la nature de l’entité qui gouvernait ce lieu à travers Qayin.

Les villes sont donc l’œuvre d’un homme frappé de malédiction. Il est d’ailleurs intéressant de noter que, par la suite, les Écritures présentent un autre grand bâtisseur de villes en la personne de Nimrod, dont le nom signifie « rebelle » et qui bâtit notamment la célèbre cité de Babel (Genèse 10).

Les Écritures poursuivent ensuite la généalogie de Qayin de la manière suivante : Hanowk (« dédié », « initié », « consacré ») engendra Irad (« rapide ») ; Irad engendra Mehouyaël (« frappé par Elohim ») ; Mehouyaël engendra Metoushaël (« homme — au sens de mâle — d’Elohim »), ce qui peut soit suggérer une exception dans la lignée de Qayin, avec un homme qui se serait tourné vers YHWH, soit indiquer une consécration à un elohim étranger ; enfin, Metoushaël engendra Lémek (« puissant »).

Le récit biblique s’attarde ensuite sur la figure de Lémek pour apporter un éclairage particulier. Descendant de Qayin, il fut le premier homme à pratiquer la polygamie, ce qui laisse entendre que cette pratique s’est diffusée à partir de la lignée d’un homme maudit. Fait notable dans cette généalogie, les noms de ses épouses sont mentionnés, ce qui suggère leur rôle déterminant dans sa vie et, plus largement, dans l’évolution de l’humanité.

La première se nommait Adah (« parure », « beauté »), ce qui évoque une union fondée sur l’attrait. La seconde, Tsillah (« ombre », « protection »), semble indiquer une relation d’une autre nature, possiblement stratégique ou empreinte d’une dimension mystique.

Adah enfanta deux fils : Yabal (« courant d’eau »), qui devint le père des nomades vivant sous des tentes et parmi les troupeaux, et Youbal (« courant d’eau », « joyeux »), considéré comme le premier musicien, à l’origine de l’usage de la harpe et de la flûte.

Tsillah, de son côté, enfanta Toubal-Qayin, dont le nom — pouvant être compris comme « issu de Qayin » ou « provenant de Qayin » — suggère un lien revendiqué avec cet ancêtre. Celui-ci devint forgeron, fabricant d’instruments en airain et en fer, matériaux également associés aux armes.

Il convient de noter qu’aucun descendant de Qayin n’a été cultivateur, ce qui atteste de la continuité de la malédiction frappant leur ancêtre.

Un autre élément singulier apparaît : la mention de Na‘amah (« douce », « agréable », « charmante »), sœur de Toubal-Qayin. Sa présence dans le récit, inhabituelle dans une généalogie centrée sur les lignées masculines, demeure énigmatique et suggère une importance particulière non explicitée.

Enfin, Lémek prend la parole et déclare : « J’ai tué un homme pour ma blessure et un enfant pour ma meurtrissure… Qayin est vengé sept fois, et Lémek soixante-dix-sept fois » (Genèse 4 :23-24). Il apparaît ainsi plus violent encore que son ancêtre, se rendant coupable d’un double meurtre, dont l’un concerne un enfant. S’il invoque une blessure pour justifier ses actes, le texte ne fournit pas de contexte précis, contrairement à l’épisode de Qayin et Abel. Son affirmation finale témoigne non seulement d’un orgueil et d’une cruauté plus grands encore que ceux de son ancêtre, mais aussi d’une volonté d’intensifier la vengeance associée à Qayin par des actes gratuits à visée probablement rituelle.

SHETH : LA LUMIÈRE APRÈS 130 ANS DE TÉNÈBRE

« Adam connut encore sa femme. Elle enfanta un fils et il l'appela du nom de Sheth, car dit-elle, Elohîm a mis une autre postérité pour moi à la place d'Abel que Qayin a tué. À Sheth, lui aussi, il naquit un fils, et il l'appela du nom d'Enowsh. C'est alors que l'on commença à appeler le nom de YHWH. » Genèse 4 :25-26.

Cent trente ans se sont écoulés avant la naissance de Sheth. On peut imaginer que le meurtre d’Abel ait profondément traumatisé Adam et Hava, et qu’ils aient mis de longues années à s’en remettre. La chute, l’expulsion du jardin d’Éden, la dureté d’un monde hostile, puis la mort violente d’un fils et l’exil de l’autre ont dû constituer pour eux une épreuve immense.

Malgré cela, il n’est fait mention nulle part d’une quelconque repentance d’Adam et de Hava après leur éviction du jardin d’Eden, ce qui indique qu’ils ont mis beaucoup de temps avant de revenir à YHWH. En effet, il faudra attendre 105 années supplémentaires, avec la naissance d’Enowsh, pour que les êtres humains issus de la descendance de Sheth commencent à invoquer le Seigneur. Adam était alors âgé de 235 ans.

Que firent donc Adam et Hava durant les 130 années qui s’écoulèrent avant la naissance de Sheth ? Tout porte à croire qu’ils vécurent selon leurs propres voies, l’intelligence obscurcie par le Serpent.

Cependant, les écrits rabbiniques ont avancé des hypothèses intéressantes.

Selon le Talmud babylonien, Adam se serait séparé de sa femme durant cette période. Plus encore, chacun se serait uni de son côté à des démons et aurait engendré des esprits impurs.

« Rabbi Yirmiya ben Elazar dit : pendant tous ces 130 ans qu'Adam fut séparé d'Ève, il engendra des goules (shedin), des démons (rouḥot) et des lilin » — Talmud Bavli, Eruvin 18b.

Cette hypothèse est également relayée dans le Livre des Justes, un autre texte apocryphe.

Certains vont même jusqu’à affirmer que Qayin serait le fruit de l’union d’Ève avec le serpent.

« Samael monta et chevaucha le serpent… et Ève conçut Caïn de Samael » — PRE ch. 21-22.

Ces hypothèses ne sont pas totalement irréalistes au regard de ce que la Bible évoque en Genèse 6 :2. Néanmoins, les Écritures déclarent formellement que Hava tomba enceinte après avoir été connue de son mari Adam (Genèse 4 :1).

Les Écritures poursuivent ensuite avec une longue généalogie qui, malgré son caractère apparemment rébarbatif, nous livre des informations précieuses.

« Voici le livre de la généalogie d'Adam : Le jour où Elohîm créa l'être humain, il le fit à la ressemblance d'Elohîm. Mâle et femelle, il les créa et les bénit. Il les appela du nom d'êtres humains le jour où ils furent créés. Adam, ayant vécu 130 ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il appela son nom Sheth. Les jours d'Adam, après qu'il eut engendré Sheth, furent de 800 ans, et il engendra des fils et des filles. Tous les jours qu'Adam vécut furent de 900 ans et 30 ans, et il mourut. Sheth, ayant vécu 5 ans et 100 ans, engendra Enowsh. Sheth, après qu'il eut engendré Enowsh, vécut 7 ans et 800 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Sheth vécut furent de 12 ans et 900 ans, et il mourut. Enowsh, ayant vécu 90 ans, engendra Qeynan. Enowsh, après qu'il eut engendré Qeynan, vécut 15 ans et 800 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours qu'Enowsh vécut furent de 5 ans et 900 ans, et il mourut. Qeynan, ayant vécu 70 ans, engendra Mahalal'el. Qeynan, après qu'il eut engendré Mahalal'el, vécut 40 ans et 800 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Qeynan vécut furent de 10 ans et 900 ans, et il mourut. Mahalal'el, ayant vécu 5 ans et 60 ans, engendra Yered. Mahalal'el, après qu'il eut engendré Yered, vécut 30 ans et 800 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Mahalal'el vécut furent de 95 ans et 800 ans, et il mourut. Yered, ayant vécu 62 ans et 100 ans, engendra Hanowk. Yered, après avoir engendré Hanowk, vécut 800 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Yered vécut furent de 62 ans et 900 ans, et il mourut. Hanowk, ayant vécu 65 ans, engendra Metoushèlah. Hanowk, après qu'il eut engendré Metoushèlah, marcha avec Elohîm 300 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Hanowk vécut furent de 65 ans et 300 ans. Hanowk marcha avec Elohîm, et il ne fut plus, parce qu'Elohîm l'avait pris. Metoushèlah, ayant vécu 87 ans et 100 ans, engendra Lémek. Metoushèlah, après qu'il eut engendré Lémek, vécut 82 ans et 700 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Metoushèlah vécut furent de 69 ans et 900 ans, et il mourut. Lémek, ayant vécu 82 ans et 100 ans, engendra un fils. Il l'appela du nom de Noah en disant : Celui-ci nous consolera de notre travail et de la douleur de nos mains provenant du sol que YHWH a maudit. Lémek, après qu'il eut engendré Noah, vécut 95 ans et 500 ans et il engendra des fils et des filles. Tous les jours que Lémek vécut furent de 77 ans et 700 ans, et il mourut. Noah était fils de 500 ans, Noah engendra Shem, Cham et Yepheth. » Genèse 5.

Il convient d’abord de noter que le texte biblique ne précise pas l’âge d’Adam au moment où il engendra Qayin et Abel. Le décompte de ses années ne commence réellement qu’avec la naissance de Sheth, présenté comme né « à sa ressemblance, selon son image » (Genèse 5 :3), précision qui n’est pas donnée pour ses deux premiers fils.

Plus intriguant encore, les Écritures ne mentionnent ni l’âge d’Abel au moment de sa mort, ni celui de Qayin, ni celui de l’ensemble de la descendance de ce dernier. L’absence de ces repères donne l’impression d’un temps figé dans le mal et du règne de la mort, ce qui contraste avec la généalogie de Sheth, où l’on suit au contraire les âges, les générations et la transmission de la vie.

Il est clair que l’Esprit du Seigneur ne fait rien au hasard. Le fait que la généalogie humaine ne commence véritablement qu’avec la naissance de Sheth n’est pas à négliger.

Comme nous le savons, les noms des personnages bibliques ne sont jamais attribués au hasard ; ils révèlent soit un trait particulier de la personne, soit un événement marquant lié à son existence.

Le tableau suivant présente l’ensemble de la descendance d’Adam jusqu’à Noah. On y retrouve le nom des patriarches antédiluviens, la signification de leurs noms, l’âge auquel ils engendrèrent leur fils aîné ainsi que l’âge de leur décès.

descendants_adam_connus_modif.pdf

Ce tableau permet de mettre en évidence les faits suivants : Adam a connu tous ses descendants directs jusqu’à Lémek. Cela signifie qu’à l’âge de 622 ans, il fut également témoin de l’enlèvement de Hanowk, évènement préfigurant l’enlèvement de l’Eglise.

Cet événement a certainement dû le marquer profondément. Lui, le premier être humain, créé parfait, à l’image et à la ressemblance d’Elohim. Le premier à avoir foulé la terre. Le premier humain à découvrir l’immensité et la beauté de la création divine. Le premier à avoir vu Elohim, à l’avoir entendu et à lui avoir parlé…

Il vit l’un de ses descendants se tourner vers Elohim à l’âge de 65 ans, ce qui était jeune au regard de la longévité de l’époque. Il le vit réussir là où lui-même avait échoué : marcher avec Elohim. Sa vie terrestre dura 365 ans — soit symboliquement 365 jours solaires — puis YHWH le prit avec Lui, le faisant ainsi échapper à la mort.

Adam, quant à lui, dut passer par la mort au terme d’une vie de 930 ans, une existence marquée au fer rouge par de nombreux drames, traumatismes et souffrances. Il n’aura cependant pas le temps de connaître Noah qui naîtra 126 ans après son décès. Tout cela pour avoir cédé à la tentation d’être comme Elohim.

Ce qui frappe à la lecture de ces cinq premiers chapitres de la Genèse, c’est que YHWH y dévoile, au lecteur attentif et minutieux des Écritures, l’ensemble de son plan de rédemption pour l’humanité, attestant avec force l’inspiration divine de ce livre.

À titre individuel, nous ne pouvons qu’être interpellés par la gravité du péché, et plus particulièrement par celui de l’orgueil, qui nous pousse à nous endurcir au lieu de nous repentir.

Puisse le Seigneur toucher profondément nos cœurs afin que nous soyons suffisamment humbles pour nous repentir et persévérer dans notre marche avec Lui, même après une chute et malgré les circonstances de la vie. Cela doit nous y encourager d’autant plus au regard du caractère éphémère de nos existences, qui n’atteignent aujourd’hui même pas cent ans. Rachetons donc le temps et suivons avec sagesse et prudence la voie que notre Sauveur et Seigneur Yehoshoua nous a montrée.

Maranatha !

Adèle.

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