Cette semaine, la Chaire d’Étude de l‘UQÀM sur la Réalité virtuelle, les Outils sexotechnologiques et la Santé sexuelle (ÉROS) a organisé une série de conférences afin d’aborder les dangers et les enjeux éthiques de cette utilisation de l’IA.
Ce domaine est complexe, en plein développement, et les recherches qui s’y intéressent en sont encore à leurs débuts.
« Avec toute cette hyperpersonnalisation, qui tombe dans les mains de nos jeunes et moins jeunes, il y a beaucoup de conséquences qui vont en détourner », a soutenu le professeur associé à l’École des médias de l’UQÀM, Jonathan Bonneau, en entrevue à l’émission de Mario Dumont à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal.
M. Bonneau, qui a participé au colloque organisé par l’UQÀM, s’inquiète sur la quantité croissante de personnes qui s’engagent dans des relations intimes avec des robots conversationnels.
« Ces relations-là sont basées sur des espaces un peu illusoires, où on se sent en sécurité, où on se sent confortable, où on se laisse aller à parler de nos vulnérabilités, nos fantasmes et on va pouvoir aussi générer des images qui nous plaisent. Donc, on se laisse aller un peu à certains tabous, parfois », souligne l’expert.
« Les relations avec les agents conversationnels et romantiques peuvent devenir très sérieuses, dans le sens où c’est intéressant d’avoir un partenaire qui va toujours dire oui à tout ce qu’on dit, qui va nous encourager dans tout ce qu’on mentionne comme opinion », ajoute-t-il.
« C’est un peu le Far West »
L’un des risques associés avec cette utilisation de l’IA est que cela peut distancer des internautes de la possibilité d’avoir une relation intime avec une vraie personne.
« Il va y avoir jusqu’à un remplacement de toute relation réelle qui peut se produire. Et ça, c’est souvent causé par une mauvaise gestion, puis une mauvaise légifération, bien entendu, là, des intelligences artificielles, puisqu’aujourd’hui, le marché de l’internet et d’IA conversationnelles, c’est un peu le Far West », déplore M. Bonneau.
Presque n’importe qui peut créer un robot conversationnel, sans véritables paramètres.
« On lance ça et on a accès à tout ce qu’on veut », clame le professeur associé à l’École des médias de l’UQÀM.
« Ça peut aller dans toutes les déviances, dans tous les fétiches, surtout que les sites web qui proposent ce genre d’agents ou de génération de contenus n’ont pas de régulation générale. On ne sait pas dans quel pays nécessairement ils se retrouvent ou sous quelle juridiction ils se retrouvent », ajoute-t-il.
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