La pauvreté toque à la porte de la France. Eurostat a publié une étude consacrée à l’indicateur AROPE (At Risk Of Poverty or social Exclusion), qui mesure la part de la population menacée par la pauvreté ou l’exclusion sociale dans les pays européens. Cet indicateur repose sur trois catégories complémentaires :
- Les personnes dont le revenu disponible est inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian national après transferts sociaux.
- Les personnes en situation de privation matérielle et sociale sévère.
- Les personnes vivant dans des ménages à très faible intensité de travail, c’est-à-dire des foyers où l’emploi est quasi absent.
Dans ce cadre, la situation française s’est nettement détériorée sur les dix dernières années. La part de la population concernée est passée de 18,7 % à 20,8 %. En chiffres absolus, cela représente une hausse importante, avec environ 11,7 millions de personnes en 2016 contre 13,9 millions en 2025. Autrement dit, plus de deux millions de personnes supplémentaires se retrouvent aujourd’hui dans cette zone de fragilité sociale.
Si l’on compare cette évolution à celle des autres pays européens, il y a de quoi s’inquiéter. Sur dix ans, la France affiche la deuxième plus forte augmentation en pourcentage de population concernée par le risque de pauvreté et d’exclusion sociale, avec une progression d’environ 11,2 %. Seule la Norvège fait légèrement plus, autour de 11,8 %, bien que son niveau global reste bien inférieur à celui de la France en 2025 (16,1 %). En termes de points de pourcentage, la France détient même la première place, avec une hausse de 2,1 points sur 10 ans.
Cette trajectoire contraste avec la tendance observée à l’échelle de l’Union européenne. En moyenne, celle-ci est passée de 23,7 % en 2016 à 20,8 % en 2025, soit une baisse d’environ 12,2 %. Autrement dit, là où la plupart des pays européens parviennent à réduire la part de leur population exposée à ces risques, la France suit une direction inverse.
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