Les Dokimos



Sois béni mon très cher ennemi

Amour et haine.jpg

Combien de passages bibliques n’avons-nous pas lus sans en comprendre véritablement le sens ou plutôt sans vouloir véritablement le comprendre et encore moins le mettre en pratique à cause de la dureté de notre cœur ? En voici un : « Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez en faveur de ceux qui vous accusent faussement et vous persécutent, afin que vous deveniez fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Matthieu 5 :43-45). Cet extrait des Ecritures aborde la question épineuse de l’amour du prochain, qui inclut ne vous en déplaise, nos ennemis. Aucun d’entre nous ne peut affirmer qu’il n’a pas d’ennemis. Si quelqu'un pense le contraire, c'est qu'il est naïf, ou qu'il vient à peine de naître et n'a pas encore eu le temps de faire certaines expériences… Mais rassurez-vous, votre ennemi est déjà là et il s’apprête à vous rencontrer.

Notre premier ennemi c’est Satan. Yehoshoua nous a déjà avertis à ce sujet et il nous a même dévoilé sa façon de procéder dans la parabole du blé et de l’ivraie.

« Il leur proposa une autre parabole, en disant : Le Royaume des cieux est semblable à un humain qui a semé de la bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les humains dormaient, son ennemi vint et sema de l'ivraie au milieu du blé et s'en alla. Mais lorsque l'herbe eut poussé et produit du fruit, alors l'ivraie apparut aussi. Et les esclaves du maître de la maison vinrent à lui et lui dirent : Seigneur, n'as-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu'il a cette ivraie ? Mais il leur répondit : C'est un ennemi, un humain qui a fait cela. Et les esclaves lui dirent : Veux-tu donc que nous allions la cueillir ? Et il leur dit : Non, de peur qu'en cueillant l'ivraie, vous ne déraciniez le blé en même temps. Laissez-les croître ensemble tous les deux jusqu'à la moisson et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement l'ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » Matthieu 13 :24-30.

Le Seigneur a expliqué à ses disciples qui étaient les protagonistes de cette histoire. Celui qui sème c’est lui-même ; le blé ce sont ses enfants ; l’ivraie ce sont les fils du « Mauvais » et celui qui a semé l’ivraie, c’est le diable (Matthieu 13 :37-43).

Le contexte de la semaille et de la croissance de l’ivraie est particulièrement intéressant. Yehoshoua précise que Satan l’a semée pendant que les humains dormaient. Le fait de dormir symbolise ici plusieurs choses. Premièrement, il est question de la mort spirituelle qui est la condition de tous ceux qui n’ont pas reçu Yehoshoua comme Seigneur et Sauveur. Deuxièmement, l’apostasie de ceux qui l’ont connu et qui sont retournés à ce qu’ils ont vomi. Troisièmement, l’assoupissement de ses enfants qui pour diverses raisons (épreuves, tentations, distraction, découragement etc.) ont baissé leur garde pendant un temps mais qui finiront par se réveiller. Yehoshoua en parlera d’ailleurs dans la parabole des dix vierges ; les vierges sages incarnant allégoriquement ses enfants (Matthieu 25 :1-13). C’est pourquoi nous devons comprendre que l’ennemi, lui, ne dort jamais, et qu’il ne manquera jamais d’agir pendant notre sommeil spirituel.

« Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s'enivrent sont ivres la nuit. » 1Thessaloniciens 5 :6-7.

Ensuite Yehoshoua nous indique que l’ivraie apparaît quand le blé a poussé et produit du fruit. Cela signifie que votre ennemi se manifestera à un moment où vous rayonnez et réussissez dans ce que vous entreprenez.

Il y a deux sortes d’ennemis : ceux qui se montreront directement hostiles et vous affronteront immédiatement. Et il y a ceux qui montreront d’abord un visage amical — parfois sincèrement — mais qui vous haïront en secret ou qui finiront par vous haïr après vous avoir réellement apprécié. Ceux-là sont les plus dangereux, car ils ne se présenteront pas avec un écriteau qui clignote : « Hello, je suis ton ennemi, et je viens te détruire », mais ils viendront déguisés en vêtements de brebis, avec douceur et de belles paroles. Ces derniers peuvent rôder autour de vous pendant des semaines, des mois, parfois des années — attendant patiemment le moment de frapper. Quand cette occasion se présentera, ils n’hésiteront pas, ils ne reculeront pas, et ils seront sans pitié. Ils le feront le sourire aux lèvres, au moment où vous serez au plus bas, écrasé par les épreuves. Ils viendront vous piétiner pendant que vous êtes au sol, puis convoqueront une multitude de moqueurs pour vous donner en spectacle et rire à vos dépens.

C’est pourquoi, chers frères et sœurs, soyez prudents. Demandez au Seigneur du discernement pour savoir qui vous devez accepter ou non dans votre entourage, et de qui vous devez à présent vous séparer après avoir marché ensemble.

« Et cela n'est pas étonnant, car Satan lui-même se transforme en ange de lumière. Ce n'est donc pas une grande chose si ses serviteurs aussi se transforment en serviteurs de justice. Mais leur fin sera selon leurs œuvres. » 2 Corinthiens 11 :14-15.

« Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents, et sans mélange comme des colombes. » Matthieu 10 :16.

Sachez cependant que malgré toute votre prudence, vous croiserez tout de même la route de ces gens-là, car le Seigneur le permettra, tout simplement.

Que faire, donc, lorsque nous aurons identifié notre ennemi ? Notre instinct nous dictera de nous en séparer sur-le-champ — après lui avoir rendu la pareille, et même au-delà, idéalement…

Après tout, ils sont venus nous chercher pendant que nous vaquions paisiblement à nos occupations. Oups, nous prétendons être chrétiens. Nous n’avons pas — hélas (n’est-ce pas ?) — le droit ni de souhaiter ces choses et encore moins de faire en sorte qu’elles arrivent.

Optons pour une réponse bien chrétienne, bien spirituelle. Prions frères et sœurs pour que cette parole s’accomplisse :

« Ne vous vengeant pas vous-mêmes, mes bien-aimés, mais donnez lieu à la colère, car il est écrit : À moi la vengeance ! Moi, je rendrai, dit le Seigneur. Si donc ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire, car en faisant cela, tu amasseras des charbons de feu sur sa tête. Ne sois pas vaincu par le mal, mais vainqueur du mal par le bien. » Romains 12 :19-21.

J’ai longtemps compris ce passage complètement de travers jusqu’à ce que le Seigneur m’éclaire, dans sa grâce, aujourd’hui après un merveilleux moment de pure paix dans sa présence.

Ce que j’avais compris c’était qu’il ne fallait pas se venger soi-même mais plutôt prier que le Seigneur nous venge. En effet, qu’est-ce que serait ma petite vengeance mesquine et imparfaite que j’ai imaginée à côté de la vengeance du Tout-Puissant ?

Ainsi, mauvaise que je suis, j’avais compris qu’en bénissant mes ennemis cela déclencherait la vengeance du Seigneur qui se manifesterait par une accumulation de charbons ardents sur leur tête. Des charbons ardents qui symboliseraient une punition sur mesure que mes ennemis subiraient en regrettant amèrement de m’avoir fait du mal.

Je vous rassure, je n’ai jamais fait ce genre de prière pour attirer le malheur sur quelqu’un car j’ai davantage été préoccupée par mes difficultés à pardonner et des conséquences que le manque de pardon aurait dans ma vie et dans celle dans l’au-delà. Mais j’ai espéré, je pense comme tout le monde, que le Seigneur s’occupe de ceux qui m’ont blessée.

Mais ces derniers temps, le Seigneur a fait quelque chose de merveilleux : je me suis mise à prier avec compassion pour toutes les personnes qui m’ont fait du mal et qui me veulent du mal en ce moment.

Et ce matin le Seigneur m’a rappelé ce passage : « Je dis : Malheur à moi ! Oui, je suis perdu, oui, je suis un homme aux lèvres impures, moi, et j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures, moi. Oui, mes yeux ont vu le Roi, YHWH Tsevaot. Mais l'un des séraphins vola vers moi, tenant à la main un charbon ardent, qu'il avait pris sur l'autel avec des pincettes. Il toucha ma bouche et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres : ton iniquité est détournée, et la propitiation est faite pour ton péché. » (Esaïe 6 :5-7).

J’ai donc compris que les charbons n’avaient pas vocation à détruire ou à accabler quelqu’un avec une visée vengeresse, mais plutôt à le purifier. Ainsi, à l’instar des lèvres d’Esaïe, nous devons aspirer à ce que la tête de nos ennemis (leurs pensées et leur volonté) soit purifiée, en vue du renouvellement de leur intelligence, afin qu’ils soient sauvés.

Si nous ne comprenons pas cela, et si nous ne le souhaitons pas de tout notre cœur, cette parole des Ecritures s’accomplira : « Car l'ennemi poursuit mon âme, il foule ma vie par terre ; il me fait habiter dans les ténèbres comme ceux qui sont morts depuis longtemps. » (Psaumes 143 :3).

En d’autres termes, en voulant la vengeance nous renforçons nos ennemis dans leur méchanceté et leur impunité, tout en nous souillant nous-mêmes. C’est très sérieux,frères et sœurs, ne prenons pas ces choses à la légère.

Toutes les fois où nous réclamons que la justice d’Elohim s’exerce sur notre ennemi, nous l’attirons également sur nous-mêmes, ce qui revient à nous priver se sa grâce.

Rappelons-nous de l’avertissement du Seigneur :

« En raison de cela, le Royaume des cieux est semblable à un être humain, un roi qui voulut faire rendre compte à ses esclaves. Et quand il se mit à compter, on lui en présenta un qui lui devait 10 000 talents. Et parce qu'il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait, et que la dette soit payée. Mais cet esclave, se jetant à ses pieds, le suppliait, en disant : Seigneur, aie patience envers moi et je te rendrai le tout. Mais le seigneur de cet esclave, ému de compassion, le relâcha, et lui remit la dette. Mais, en sortant, cet esclave rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait 100 deniers. Et l'ayant pris, il l'étranglait, en lui disant : Paye-moi ce que tu me dois. Mais son compagnon de service se jetant à ses pieds, le suppliait, en disant : Sois patient avec moi et je te payerai tout. Or lui ne voulait pas, mais s’en étant allé, il le jeta en prison, jusqu'à ce qu'il ait payé la dette. Or ses autres compagnons de service, voyant ce qui était arrivé, en furent extrêmement attristés et ils allèrent raconter à leur seigneur tout ce qui s'était passé. Alors, le faisant venir, son seigneur lui dit : Méchant esclave ! Je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié. Ne te fallait-il pas aussi avoir pitié de ton compagnon de service, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? Et son seigneur étant fâché, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il lui ait payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que vous fera mon Père céleste, si vous ne pardonnez de tout votre cœur, chacun à son frère, ses fautes. » Matthieu 18 :23-35.

Nous pensons à tort que nous sommes meilleurs et plus spirituels parce que nous réclamons la justice, mais en réalité cela revient à réclamer la vengeance. N’oublions pas que nous péchons tous les jours et que de ce fait nous avons besoin de la grâce du Seigneur tous les jours. Vouloir que justice soit rendue sans miséricorde, c’est endosser le rôle d’Elohim. Or ce rôle ne nous sied absolument pas.

« C'est pourquoi, ô humain, qui que tu sois, toi qui juges, tu es inexcusable. Car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu commets les mêmes choses. » Romains 2 :1.

« Frères, ne vous diffamez pas les uns les autres. Celui qui diffame son frère et qui juge son frère, diffame la torah et juge la torah. Or si tu juges la torah, tu n'es pas un exécutant de la torah, mais un juge. Un seul est le législateur, celui qui peut sauver et perdre. Qui es-tu, toi qui juges les autres ? » Jacques 4 :11-12.

Soyons honnêtes avec nous-mêmes, la question du pardon nous tourmente tous. Celui qui osera se lever pour déclarer qu’il a le pardon facile est un menteur. Beaucoup parmi nous luttent pour pardonner et n’y parviennent pas. L’apôtre Jacques nous explique pourquoi : « Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de tout gaspiller pour vos plaisirs. » (Jacques 4 :3).

En effet, quand nous disons au Seigneur « aide-moi à pardonner » nous le demandons dans notre intérêt afin d’éviter la condamnation. De même, lorsque nous disons : « Seigneur, rends-moi justice face à mon ennemi », nous cherchons à satisfaire notre envie de vengeance. Voilà pourquoi nous ne sommes pas exaucés, parce que nous ne prions pas comme le Seigneur nous l’a enseigné.

« Et voyant cela, les disciples Yaacov et Yohanan dirent : Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume comme l'a fait aussi Éliyah ? Mais se tournant, il les réprimanda d'une manière tranchante, et disant : Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ! Car le Fils d'humain n'est pas venu pour perdre les âmes des humains, mais pour les sauver. » Luc 9 :54-56.

Combien de fois n’avons-nous pas fait des prières méchantes et insensées à l’instar de Jacques et Jean dans cet épisode ?

L’amour du Seigneur doit nous pousser à le supplier pour le salut des âmes et non pour leur perte. Commençons par nous préoccuper sincèrement du salut de notre ennemi — et le pardon nous en sera plus aisé. Qu’il se repente ou non, cela ne nous regarde pas. Ne nous revendiquons-nous pas chrétiens, c’est-à-dire disciples de Christ ? Alors prions avec compassion pour le salut de notre ennemi, le Seigneur sait ce qu’il a à faire.

Avant de mourir, Étienne a imploré Élohim de pardonner à ceux qui le lapidaient — une mort par lapidation, mes amis. Que le Seigneur nous aide à en saisir toute la portée. Et quel en fut le fruit ? La conversion de l’apôtre Paul qui, selon les Écritures, respirait la menace et le meurtre, avait approuvé son exécution et gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Étienne, tout en assistant à la scène avec satisfaction (Actes 7 et 8).

Nous disions au début de cet article que quoiqu’il en soit, malgré toute notre prudence, nous finirons par croiser la route de nos ennemis, car le Seigneur l’a permis.

Mais pourquoi le permet-il ? La réponse se trouve dans notre passage de base : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez en faveur de ceux qui vous accusent faussement et vous persécutent, afin que vous deveniez fils de votre Père qui est dans les cieux… » (Matthieu 5 :44-45).

Et Yehoshoua poursuit : « Car si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, quelle récompense en avez-vous ? » (Matthieu 5 :46).

Nous sommes des enfants d’Elohim en devenir, sauvés en espérance (Romains 8 :24).

Pour finir, j’aimerais vous partager cette pensée que le Seigneur a soufflé il y a quelques jours dans mon cœur : « Oui, je rendrai à chacun selon ses œuvres. Mais seras-tu plus heureuse si je te rends justice et que tes ennemis se retrouvent en enfer ? Pour moi, un méchant qui se tourne vers moi me procure plus de joie que l000 justes qui n’ont pas besoin de repentance. »

Je lui ai répondu : « Non, Seigneur. »

A méditer…

Adèle.

aucun commentaire
aucun commentaire

Laisse un commentaire

Your email address will not be visible.

  Avertissez-moi des commentaires suivants