Les Dokimos



Quand Dieu vous passe au fil de son épée

épée.jpg

Un chrétien qui n’a jamais été tenté ni soumis à des épreuves n’est pas un enfant de Dieu authentique. Je ne dis pas ces choses pour pointer du doigt qui que ce soit. Si certains d’entre vous vivent une vie parfaite, sans nuages, ni tempête, ni aucune espèce de turbulence, tant mieux pour vous. Je dis cela parce que c’est ce que les Ecritures nous enseignent et c’est ce que l’expérience de la vie chrétienne nous apprend.

Quand j’ai donné ma vie à Jésus il y a quinze ans en arrière, j’étais déjà pas mal cabossée par la vie. J’avais vécu des choses difficiles et je pensais que puisque j’avais fait la paix avec Dieu, je n’allais plus avoir de problèmes. Touchée par son amour, dans un premier temps j’ai eu une impression de flottaison, une sensation de planner dans un cocon de paix et de douceur. Cela n’a duré que quelques jours. Très vite, j’ai dû faire face à un déchainement de violence : moqueries de la part de mes amis de l’époque, attaques spirituelles dignes d’un film d’horreur et j’en passe. Paradoxalement, c’est ce qui m’a poussée à m’accrocher au Seigneur. En effet, quand vos yeux spirituels s’ouvrent et qu’on se rend compte que le monde entier est gouverné par les puissances des ténèbres, que Satan et ses démons ne sont pas des personnages de fiction mais une réalité, et bien on se dit que l’on a tout intérêt à se réfugier auprès de Jésus et à ne plus jamais le lâcher. Depuis ma conversion, je peux vous dire que ma vie est semblable à des montagnes russes : il y a des hauts et beaucoup de bas. J’ai eu des bas tellement rudes que plusieurs fois je me suis vue en danger de mort. De mort physique mais aussi de mort spirituelle. Pendant longtemps, je n’ai pas compris le sens de tous les combats que j’ai eus, et j’en ai parfois tenu rigueur au Seigneur. Ce n’est que récemment que j’ai compris que les épreuves et les tentations étaient inévitables et même salutaires pour le chrétien.

La Parole de Dieu ne nous a pas été donnée pour que nous nous bornions simplement à l’écouter mais pour que nous la mettions en pratique.

« Car la Parole de Dieu est vivante et efficace, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et perçant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, et des jointures des moelles ; et elle juge les pensées et les intentions du cœur. » Hébreux 4 :12.

Pour beaucoup, mettre en pratique la Parole de Dieu équivaut à s’imposer des rituels, or ce que Jésus nous demande c’est de vivre les Ecritures, il veut que nous expérimentions chaque iota. La Parole est une épée, Dieu s’en sert pour transpercer notre cœur, pour le disséquer en mille morceaux afin de mettre à nu et extraire tout ce qu’il a y a de mauvais…(Matthieu 15 :19).

La Parole sépare la moelle des jointures, elle tranche les liens entre l’âme et l’esprit. C’est dire de quelle manière Dieu nous sonde et jusqu’où il veut nous sanctifier…

« Le cœur est trompeur plus que tout, et il est incurable. Qui peut le connaître ? Je suis Yahweh, qui sonde le cœur, qui éprouve les reins… » Jérémie 17 :9-10.

Nul ne demeure indemne lorsqu’il est transpercé par une épée, encore moins quand c’est celle du Seigneur. A son contact, vous aurez forcément mal un jour, tôt ou tard. Ceci est une vérité, une certitude. Pour éviter cela, il faudrait rejeter la Parole de Dieu et donc n’être chrétien que de nom.

Tentations, épreuves…

« Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : ‘Je suis tenté par Dieu’. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et aussi ne tente-il personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et attrapé avec un appât par sa propre convoitise. » Jacques 1 :13-14.

J’ai remarqué que de nombreux chrétiens avaient du mal à admettre qu’ils pouvaient être tentés. Et quand ils l’admettent, beaucoup font comme si ce n’était qu’un petit détail, une formalité, un micro-obstacle qu’ils ont franchi la fleur au fusil. C’est si hypocrite…

Par définition, la tentation n’est pas synonyme d’indifférence, c’est tout le contraire. On est tenté par ce que notre chair aime naturellement et non par ce qu’elle hait. On est tenté par notre propre convoitise et non celle du voisin. Bien entendu, il y a des niveaux de tentation : être tenté par le pot de nutella qui vous fait de l’œil alors que vous êtes en jeûne n’est pas exactement du même niveau que de devoir résister aux avances d’une personne qui a tout pour vous plaire alors que vous n’avez pas le droit d’y toucher. Vous pourrez toujours vous jeter sur le pot de nutella un peu plus tard, chose que vous ne pourrez pas faire avec l’homme ou la femme qui ne vous appartient pas. Tout du moins si vous voulez garder l’amitié de Dieu et tout ce qui va avec.

Ce n’est pas parce que l’on aime Dieu sincèrement et que l’on veut lui plaire que l’on devient du jour au lendemain imperméable aux tentations. Tant que nous serons dans cette chair, nous serons vulnérables. Avec le temps, à force de brisement, d’autodiscipline, et aussi grâce à la maturité que l’on acquiert au fil des années, certaines choses auront moins d’emprise sur nous, mais pour d’autres cela ne changera jamais. Voilà pourquoi même l’apôtre Paul, malgré la grande onction qui était sur sa vie, avait besoin de mortifier son corps, de le tenir assujetti, de peur que sa chair ne lui joue un mauvais tour (1 Corinthiens 9 :27). Paul n’était pas masochiste, il ne s’infligeait pas des coups de fouet mais il s’imposait des restrictions et des privations car il préférait écouter la Parole de Dieu plutôt que sa chair. Mais qui est Paul en comparaison de Jésus ?

L’auteur de l’épître aux Hébreux dit que Jésus lui-même (on parle tout de même de Dieu qui s’est fait homme) « a été tenté comme nous en toutes choses, mais sans pécher » (Hébreux 4 :15). Donc il n’a pas eu à subir que la fameuse tentation dans le désert, le diable est revenu à la charge à plusieurs reprises, à chaque fois qu’une occasion favorable se présentait (Luc 4 :1-13 ; Matthieu 16 :23 ; Luc 22 :3).

Jésus a été tenté comme nous en toutes choses…En toutes choses. Retenez bien ceci. En sachant que plus l’appel d’une personne est grand, plus l’ennemi s’acharne contre elle, imaginez ce que Jésus a dû vivre… Car bien qu’il fût Dieu depuis toujours, il s’est imposé les contraintes terrestres et charnelles propres à tout homme, non seulement parce qu’il est juste mais sans doute aussi parce qu’il a voulu expérimenter lui-même la condition de l’être humain.

Comment a-t-il fait pour tenir bon ? A-t-il affronté les pièges tendus par l’ennemi comme si de rien n’était ? Non, la Bible nous dit « qu’il a souffert lui-même lorsqu’il a été tenté » (Hébreux 2 :18). Cela veut dire qu’il est passé au fil de sa propre épée. Il ne s’est donc rien épargné par amour pour nous. Tout cela pour vous dire que c’est normal d’être tenté et Jésus sait ce par quoi nous pouvons passer. Toutefois, face à la tentation, il ne nous a pas laissés démunis, il nous a donné le même Esprit qui était en lui. Or l’Esprit de Dieu est la Parole de Dieu, c’est-à-dire son épée (Ephésiens 6 :17). Quand on se soumet à cette Parole, elle devient une arme redoutable contre l’adversaire.

S’il est vrai que le diable nous tente en nous poussant à satisfaire notre chair, Dieu lui nous éprouve de diverses façons en permettant que nous souffrions, parfois beaucoup et longtemps.

« Mes frères, regardez comme un sujet d’une parfaite joie quand vous êtes exposés à diverses épreuves, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, en sorte qu’il ne vous manque rien. » Jacques 1 :2-4.

« En cela vous vous réjouissez, quoique vous soyez maintenant affligés pour un peu de temps par diverses épreuves, vu que cela est convenable, afin que votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or périssable, qui toutefois est éprouvée par le feu, ait pour résultat la louange, l’honneur et la gloire, lors de la révélation de Jésus-Christ » 1 Pierre 6-7.

Dieu ne nous éprouve pas pour le plaisir de nous faire souffrir ou pour nous faire payer nos fautes passées, d’avant notre conversion. Car les péchés d’avant sont réellement tous effacés, Dieu ne s’en souvient plus (Jérémie 31 :31-34 ; Colossiens 2 :13-14). Dieu nous fait traverser des épreuves pour nous sanctifier, pour nous rendre parfaits. L’or et les pierres précieuses gagnent en éclat, en beauté et en valeur après avoir été soumis au feu et la taille. Dieu utilise le même processus avec nous. Le Seigneur est un feu dévorant (Hébreux 12 :29), plus on s’approche de lui, plus on sent les effets du feu et le tranchant de son épée sur notre chair. On cessera d’en souffrir que lorsque nous serons complètement morts à nous-mêmes.

Les épreuves servent à nous perfectionner, afin que nous portions de nombreux fruits pour la gloire de son nom.

« … et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit » Jean 15 :2.

Ainsi, l’émondage est pour ceux qui portent déjà du fruit afin qu’ils en portent encore d’avantage.

L’un des fruits que le Seigneur veut perfectionner en nous est la foi. La foi sans laquelle il est impossible de lui être agréable (Hébreux 11 :6), avec laquelle on fait des exploits (Hébreux 11), par laquelle on voit les choses espérées devenir réalité (Hébreux 11 :1), et grâce à laquelle se développent d’autres fruits de l’Esprit comme la tempérance et la patience.

Les épreuves sont le fouet que Dieu utilise pour nous corriger, nous y serons confrontés tout au long de notre vie terrestre. Bien que cela soit difficilement compréhensible d’un point de vue humain, la correction du Seigneur est une preuve d’amour de sa part et la confirmation que nous sommes bel et bien ses enfants légitimes.

« … car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il châtie avec un fouet tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Si vous endurez le châtiment auquel, Dieu se comporte envers vous comme envers ses fils ; car quel est le fils que le père ne châtie pas ? Mais si vous êtes sans châtiment auquel tous participent, vous êtes donc enfants illégitimes, et non des fils. » Hébreux 12 :6-8.

Vous voyez, c’est bien ce que je vous disais : ceux qui ne sont ni tentés ni éprouvés ne sont pas des enfants de Dieu authentiques.

Si nous aimons le Seigneur plus que tout, il nous donnera la force nécessaire pour que nous sortions victorieux des épreuves et des tentations. Ainsi, par l’épée du Seigneur nous sommes mis à mort quant à la chair mais rendus vivants par l’Esprit.

Que Dieu nous aide tous à tenir ferme.

Adèle.

aucun commentaire
aucun commentaire

Laisse un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié

  Avertissez-moi des commentaires suivants