Elle ne vole pas dans le monde réel mais semble bien avoir pris vie dans la réalité virtuelle. En 2024, avec son projet Flyware, l’entreprise américaine EON était parvenue à mettre au point une copie numérique du cerveau d’une mouche du vinaigre (Drosophila melanogaster), après avoir patiemment cartographié les plus de 100 000 neurones du petit insecte, ainsi que les connexions (synapses) entre ces neurones. Elle avait alors produit un « connectome » – l’équivalent d’un cerveau mais dématérialisé. Voilà qu’il y a peu, ce cerveau numérique a été implémenté dans un corps virtuel (NeuroMechFly), lui-même placé dans un environnement simulant certains aspects du monde réel, comme la gravité ou l’interaction entre les objets.
Création d’un esprit artificiel ou simple image 3D ?
Surprise – ou miracle ? La mouche numérique réagit aux stimuli de cet environnement à 91% comme une mouche réelle. Elle nettoie ses antennes, se dirige vers les sources de nourriture… Aurait-on créé un esprit artificiel ? Certains voient déjà dans cet accomplissement un argument probant en faveur de l’hypothèse de la simulation selon laquelle nous ne sommes que des programmes informatiques dans un monde simulé.
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